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CHAPITRE VII

par instinct. Il n'oubliait pas les services rendus, mais un certain égoïsme l'empêchait de les récompenser selon leur mérite » (i).

Après cette digression que justifiait le palais d'Orange, devenu successivement le palais du duc de Brabant, le Musée moderne et le palais des Académies, passons au palais de la Nation, où siégea jadis le conseil de Brabant.

Scènes de la vie du roi Guillaume. — Non mes amis ; j'ai des chevaux pour tramer ma voiture, et mes compatriotes ne sont pas des bètes de somme.

(Réponse du Roi aux capons du rivage.) Fac-similé d'une lithographie de H. Van Hemelryck (1829).

Aujourd'hui que Bruxelles est la capitale d'un royaume indépendant et la résidence du souverain, tous les grands corps de l'Etat y sont réunis, formant une population officielle très nombreuse et toujours croissante. Mais il ne faut pas croire que nous fussions dépourvus jadis de cet imposant appareil. Au temps où le prince Charles de

(1) Histoire politique et parlementaire de la Belgique de 1814 à i83o, par Louis Hymans. Bruxelles, 1869, I, p. 34 et suiv. Les premières années de Guillaume-Frédéric d'Orange ont été racontées dans une brochure intitulée Guillaume-Frédéric d'Orange-Nassau avant son avènement au trône des Pays-Bas, par un Belge. Bruxelles, Tarlier, 1816. D'après M. de Gerlache (Histoire du royaume des Pays-Bas. Bruxelles, i83g, t. I, p. 255), ce Belge était M. Lucien Jottrand.

Lorraine gouvernait les Pays-Bas, nous avions dans nos murs, outre sa très pompeuse maison, celle du premier ministre, puis une foule de consaux (on appelait ainsi les conseils), le conseil d'Etat, le conseil privé, le conseil des finances, le conseil de Brabant, la chambre des comptes, la cour féodale, les chambres d'appel, le tribunal de la Foresterie, le consistoire de la Trompe, dont le chef était le grand veneur, la chambre de tonlieu, l'audience militaire, Yalcadie dont la juridiction s'étendait sur les domestiques de la cour, la chambre ducale qui avait juridiction sur la banlieue, puis les sept tribunaux de l'hôtel de ville, présidés par les chefs des sept lignages, sans compter le tribunal de commerce, le tribunal de pacification et l'administration des quarante sections ou wyken.

Pour se faire une idée exacte de la constitution interne des anciens Pays-Bas, il n'y a pas de meilleur guide à suivre que le président Nény (i). La forme de gouvernement subit différentes variations jusqu'au règne de Charles-Quint. Les affaires d'État, celles de la justice et de la police supérieure, les grâces, les finances, furent tantôt séparées par département, tantôt réunies sous la même direction. La plus grande somme de pouvoirs était concentrée aux mains du chancelier de Bourgogne. Le gouvernement reçut une forme nouvelle en iSij lorsque Charles-Quint alla prendre possession de ses royaumes d'Espagne. Par lettres patentes du 23 juillet de cette année, il établit un conseil privé, à la tête duquel était sa tante, Marguerite d'Autriche, duchesse douairière de Savoie. Ce conseil était un vrai conseil de régence, mais il y avait encore un conseil particulier pour les finances. Par lettres patentes du 19 octobre i520, l'empereur institua un autre conseil privé lorsqu'il alla prendre possession de ses États d'Allemagne.

Enfin, quand il fit son second voyage en Espagne en i522, il établit un nouveau conseil privé de régence qui subsista jusqu'en i53i. A cette époque, ayant reconnu qu'un seul conseil ne pouvait suffire à la décision de toutes les affaires de l'État, il établit les trois conseils, d'État, privé et des finances, qui furent nommés collatéraux parce qu'ils étaient ad lotus principis, faisant partie de la cour et de la maison du souverain.

Avant l'incendie du Palais en 1731, les conseils collatéraux y tenaient leurs séances. Ils y avaient leur salle et leurs archives. Après la catastrophe, ils se réunirent à l'ancien hôtel Granvelle.

La reine Marie de Hongrie, sœur de l'empereur, régente et gouvernante des Pays-Bas, fut placée à la tête du conseil d'État, dont faisaient partie les chevaliers de la Toison d'or et quelques membres des autres conseils, tous gentilshommes de la plus haute noblesse. L'archevêque de Malines y avait aussi ses entrées. L'empereur Charles VI, en 1718, apporta quelques changements à cette organisation. Il introduisit au conseil d'État quelques gentilshommes de second ordre avec le titre de conseillers

(1) Mémoires historiques et politiques, 2 vol. in-8°. Amsterdam et Bruxelles, 1785.

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