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CHAPITRE VII

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De l'autre côté de la place de la Nation, sur l'emplacement actuel du ministère de l'instruction publique et de l'hôtel du ministre des finances, s'élevait la chambre des comptes. Les commissaires de la république française y déposèrent les archives de nos provinces; sous le Consulat on y installa des tribunaux; sous le roi Guillaume la secrétairerie d'Etat. A côté se trouvait l'hôtel de M. de Walckiers, où résida et mourut (le 16 mars 1843) M. Falck, ambassadeur de Hollande. Enfin l'hôtel actuel

La Porte de Schaerbeek, sous le roi Guillaume. — D'après une ancienne estampe.

du ministre de la justice a remplacé l'hôtel Englcr, qu'habitait le prince de Ligne lors des pillages de 1834 et que le ministre des affaires étrangères occupa sous le règne du roi Guillaume.

Le ministère de l'intérieur, tel qu'on le connaît aujourd'hui, ne date que de i833. L'édifice primitif avait été incendié par les patriotes en i83o. Il s'appelait alors l'hôtel Torrington, du nom du ministre britannique près la cour des Pays-Bas qui l'occupait sous le régime néerlandais. Il avait été, sous le régime français, l'hôtel des contributions directes. Enfin le ministère de la guerre fut bâti au temps de Joseph II par le sieur de l'Escaille, et servit aux réunions des représentants provisoires de Bruxelles en 1792.

Revenons à la rue Royale, que les républicains appelèrent la rue de la Liberté. 11. 14

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Après les grands travaux accomplis sous le régime autrichien, la rue Royale s'arrêtait au carrefour du Treurenberg, de la rue de Louvain et du vieux chemin de Schaerbeek, qui devint la rue Notre-Dame-aux-Neiges. La place s'appelait le Vieux-Marché-aux-Bêtes et prenait dans sa partie inférieure le nom de Montagne de l'Oratoire. Pour se rendre à la porte de Schaerbeek il fallait prendre la Montagne de Sion et la rue de Pachéco, ou bien la rue de la Caille et le Chemin de Terre, situés un peu plus bas que le couvent des Oratoriens. Déjà au xvie siècle le marché au bétail avait été transféré aux abords du couvent de Jéricho, mais la place garda son nom jusqu'en i823, époque à laquelle on décréta la grande artère qui se dirige aujourd'hui en ligne droite vers la porte de Schaerbeek. On avait eu d'abord l'idée de percer une large voie de la rue de l'Orangerie à travers les anciens couvents des Annonciades et des Dominicains (rue des Epingles) jusqu'à l'endroit où devait s'élever plus tard le Jardin Botanique. On doit à un géomètre-arpenteur nommé Godfurneau l'idée du tracé qui prévalut et qui permit de ménager la vue du splendide panorama que l'on admire de la place du Congrès. Le projet de cette époque comprenait déjà la construction d'une place publique et d'un marché dans les bas-fonds. Pendant un quart de siècle, la réalisation en fut entravée par des difficultés financières. Aujourd'hui même la place qui se trouve au pied de la colonne n'est pas digne de son opulent voisinage. Mais la rue Royale Neuve, comme on l'appelait au début, ne formait qu'un tout avec l'ancienne, et se prolongeant au delà du boulevard jusqu'à l'église de Saintè-Marie, forme un ensemble dont on retrouve l'équivalent dans peu de capitales. Il y a quarante ans, les bureaux du ministère de la guerre qui, sous le roi Guillaume, se trouvaient dans la rue de la Régence, occupaient à l'angle de la rue Royale et de la Montagne du Parc, vis-à-vis de Y hôtel de France, les anciens bâtiments du Petit-Béguinage (i). C'était le seul bâtiment historique de ce côté du Parc, depuis la rue de la Loi jusqu'à la place Royale. On a vu, dans un précédent chapitre, dans quelles conditions cette place fut édifiée de 1774 à 1785 sur le modèle de la place Stanislas à Nancy. C'est là qu'eurent lieu les inaugurations solennelles de Joseph II comme duc de Brabant le 17 juillet 1781, et de Léopold II le 3o juin 1791 (2).

Le 21 mai 1796 fut célébrée sur la place de la Liberté (place Royale) devant le Temple de la Loi (de Saint-Jacques sur Coudenberg) la fête de la Victoire et de la Renaissance. Deux pyramides s'élevaient à côté de l'autel; sur l'une étaient inscrits les noms des douze armées de la république, des généraux qui s'étaient distingués en Italie et des citoyens de Bruxelles qui avaient répandu leur sang pour la république.

La place Royale servait de place d'armes. On y vit parader dans l'espace de

(1) Esquisses historiques des rues de Bruxelles. Le Petit-Béguinage, situé primitivement au coin de la rue d'Isabelle, fut transféré à cet endroit lors de la construction du quartier du Parc.

(2) Les deux empereurs furent représentés par le duc de Saxe-Teschen.

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