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CHAPITRE VII

Aujourd'hui, le Jardin Botanique est la propriété de l'Etat, c'est-à-dire de tout le monde. L'Observatoire, qui va prochainement disparaître, remonte à la même époque et dut son principal renom au savant illustre (A. Quetelet) qui en fut le premier directeur. Enfin, dans ces parages, il y a lieu de citer encore la place des Barricades qui s'appelait, avant la révolution, la place d'Orange. Avant que la reconnaissance publique y eût érigé la statue de Vésale, on y tenait, en mai, la foire aux chevaux et aux voitures qui s'étendait jusqu'à la porte de Louvain, reconstruite en 1823 sous forme de deux pavillons circulaires reliés par une grille.

Si nous descendons le boulevard en nous dirigeant vers la porte de Laeken nous trouvons sur notre gauche, au delà de l'hôpital Saint-Jean, la rue du Marais qui, sur le plan de 1572 publié à la page 56 du premier volume de ce livre, s'appelle de Waermocsbroeck, marais des herbes potagères. La dénomination de cette rue de l'ancien Broeksele est suffisamment justifiée par cette vaste étendue marécageuse. Au xvie siècle, cette grande voie était bordée des deux côtés, jusqu'à la rue des Boiteux, de véritables maisons de campagne ayant d'immenses jardins, qui eux-mêmes avaient remplacé des prairies. Le nom de Mcyboom que prend la rue au carrefour de la rue des Sables a défrayé sans grande nécessité l'imagination des conteurs. Mcyboom signifie tout simplement arbre de mai. Or, en Brabant, dans presque toutes les communes on a eu de temps immémorial l'habitude de planter le mai sur une place publique, devant les chapelles et les images de la Vierge, aux carrefours, devant la cure ou devant la porte des personnes notables. Ces mais étaient de grands arbres décorés de petits gonfalons en couleur, de couronnes de fleurs, de rubans et d'oripeaux, auxquels on ajoutait parfois des écriteaux ornés de vers de circonstance. Chaque quartier pourvoyait à la décoration de son arbre, dont la plantation se faisait à minuit sonnant au milieu des cris de joie des assistants, des coups de fusil et des accords d'une musique d'occasion.

On dansait en rond autour de l'arbre en chantant de ces chansons qu'à Liège on appelle des cramignons.

Voilà l'origine de la rue du Mcyboom où l'on plantait l'arbre de mai en l'honneur de saint Laurent, patron du quartier.

La rue du Persil nous conduit à la place des Martyrs. C'était autrefois une impasse qui fut percée en 1775, lorsqu'on transforma une vaste blanchisserie appartenant à la famille Madoets en une place publique qui reçut le nom de Saint-Michel et qu'un

L'abbé Mann.

Fac-similé d'une pravure de H. Jones.

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