‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 62 sur 192 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

signée par l'archevêque de Malines, mais rédigée par Duvivier, les sociétés vonckistes furent dissoutes. On ne parlait de rien de moins que d'en avoir raison par la violence.

Sur ces entrefaites, Joseph II vint à mourir, disant au prince de Ligne que les Belges l'avaient tué. Son frère Léopold, grand-duc de Toscane, fut appelé à lui succéder. Depuis quelque temps déjà, dans la prévision d'un dénouement fatal de la maladie qui conduisait Joseph à une fin prématurée, il s'était occupé de la Belgique, laissant entendre qu'il ne serait pas absolument hostile à des concessions. Les vonckistes ajoutèrent à l'irritation des États en faisant à ces propositions un accueil favorable. On savait qu'un des leurs, l'avocat Torfs, s'était rendu à Paris, qu'il y avait vu des membres influents de la Constituante et que ceux-ci lui avaient conseillé de fonder une nouvelle monarchie représentative sous un prince de la maison d'Autriche ou quelque membre de la haute aristocratie. Les statistes crièrent à la trahison et dénoncèrent le duc d'Ursel comme un ambitieux qui voulait s'emparer du pouvoir. Le duc voulait, en effet, d'accord avec Yonck et Walckiers, renverser les États, convoquer une assemblée élue et déjouer les projets de ce qu'on appelait la cabale sacrée. Un mouvement fut tenté le 25 février. Dans une proclamation on invita le peuple à réclamer la liberté comme en France et la représentation du plat pays aux États de Brabant. Mais ceux-ci avaient pour eux la populace. Les tentatives de Walckiers échouèrent; le duc d'Ursel, qui avait sauvé la ville en 1787, faillit être massacré. Des deux côtés on résolut d'attendre, mais Van der Noot ne perdit pas de temps; il fit écrire à Schœnfeld pour qu'il amenât des troupes; il persuada à la population que Yonck et ses amis travaillaient à la restauration de l'Autriche; d'odieux pamphlets excitaient la canaille à piller les maisons des démocrates.

Van der Noot avait dans Le chanoine Yan Eupen un conseiller habile et sans scrupules. Les compagnies de volontaires étaient réunies sur la Grand'Place, le g mars, toutes prêtes à monter à l'assaut de l'hôtel de ville et à jeter les membres des États par les fenêtres, quand Van der Noot, poussé par le chanoine, se montra au balcon, y entraina le duc d'Ursel qui venait d'être nommé commandant général de la garde -bôurgeoise, et se précipita dans ses bras. Ce baiser, qui précéda celui de Lamourctte, fut un trait de génie. Le duc d'Ursel se laissa faire. La multitude crut à une réconciliation en voyant ces deux ennemis étroitement embrassés, et ce jour-là encore les États furent sauvés. Les vonckistes par contre étaient perdus.

La prudence leur fit absolument défaut. Le 14 mars, Yonck en sortant de l'église de Finistère fut menacé par la populace. On conçoit avec quels sentiments les États reçurent le lendemain une adresse de la Société patriotique demandant une représentation légale du peuple à l'assemblée.

Cette adresse fut le tocsin qui donna le signal de la proscription. La cabale fit venir Linguet et le chargea de faire une réponse publique à l'adresse.

Les signataires, au nombre de 41, se dénonçaient eux-mêmes à la fureur populaire.

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On afficha immédiatement dans les lieux publics et aux portes des églises un placard conçu en ces termes :

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