‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 7 sur 192 · SÉANCE D'OUVERTURE DES ÉTATS GÉNÉRAUX A BRUXELLES · texte numérisé non relu

SÉANCE D'OUVERTURE DES ÉTATS GÉNÉRAUX A BRUXELLES

{Fac-similé d'une gravure commu

RÉCEPTION DE GUILLAUME Ier A SAINTE-GUDULE,

(D'après une estampe appart

i8i5, par M. Mille, archiprêtre et plbban de la collégiale

t à M. Ticlcmans, de Lcefdael.)

L archiduc Mathias, gouverneur général des Pays-Bas. — Fac-similé d'une ancienne estampe.

le comte Duchastel, le comte de Borchgrave, MM. Obert de Quévy, Warin, le marquis d'Assche, le comte Florent de Berlaimont, le comte de Renesse, le comte de Harchies de Vlamertinghe, le baron de Blochausen, le baron Stockem de Heers, MM. Bouvier et Boers.

A la seconde chambre (Brabant) MM. le commandeur de Nieuport, d'Onyn de Chastre, Dotrenge, Baesen d'Houtain, de la Vielleuse fils, le comte Cornet de Grez, de Spoelberg d'Eynhoutc, F.-J. Meeus. — (Limbourg) le baron de Keverberg, Van Panhuys, de Surlet de Chokier, Membrede. — (Liège) le baron Ph. de Goer, de Pitteurs Budingen, Ivan Simonis, le baron Ernest Woot de Tinlot, de Grady de Bellaire, de Schiervel d'Altembrouck. — (Flandre orientale) le comte Délia Faille d'Huysse, le comte Vilain XIIII, C. Vaernewyck, Norbert Van Aken, Pycke, Baut de Rasmond, Verstraten, Tack, Huyttens, Kerremans, L. de Potter. — (Flandre occidentale) Van Zuylen Van Nyveldt, Wykersloot, de Schietere de Lophem, Van de Maie de Nys, J.-B. Serruys, Holvoet, de Codt, Reyphins, du Bus de Gisignies. — (Hainaut) le comte de Thiennes de Fontaine, Gendebien, le baron de Sécus, de la Motte Baraffe, de Lebidart, Troye, de Rasse, le vicomte de Ham. — (Namur) Wasseige, Paul Maibe. — (Anvers) de Vinck de Westwezel, de Wargny, Wautier Van Genechten, de Borr, A. Cogels. — (Luxembourg) J.-A. d'Olimart, Em. d'Hoffschmidt, J.-B. de Gerlache, de Biourge, le baron de Tornaco de Berlo. — Etaient nommés greniers, pour la première chambre, un Hollandais, le chevalier Van Pabst tôt Bingerden; pour la seconde chambre, un Belge, Ch. Van Hulthem.

Enfin, pour la session extraordinaire qui allait s'ouvrir à Bruxelles, le roi nommait président de la première chambre le comte de Thiennes de Lombyze, et de la seconde M. Van Lynden de Hoevelaken.

Sur la première liste dressée par le roi figuraient les comtes de Mérode et de Robiano, et M. Raepsaet. Mais tous les trois avaient refusé, le dernier à cause de son grand âge, les deux autres à cause de leurs scrupules religieux.

Avec les illustres personnages que nous venons d'indiquer, figuraient à la cérémonie d'inauguration, dans la grande salle de l'hôtel de ville, M. Falck, secrétaire d'État, M. Van Maanen, ministre de la justice, le duc d'Ursel, ministre des travaux publics, et le baron Goubau d'Hooghvorst, chargé des affaires relatives au culte catholique.

Pour compléter la description de l'aile orientale de l'hôtel de ville, il y a lieu de signaler la galerie du rez-de-chaussée, d'où partaient jadis les veilleurs de nuit pour se rendre dans les divers quartiers de la ville, puis la petite chapelle qui précédait la grande salle du conseil, et où tous les matins un religieux disait la messe. L'escalier dit des lions, placé à l'extérieur, n'a été construit qu'en 1770. Mais il y en avait précédemment un autre, protégé par une balustrade en fer qui formait avant-corps sur la place (1). M. Wauters, dans son intéressante notice de 1840, parle des guichets

(1) Voir la gravure qui se trouve dans le Grand Théâtre profane du duché de Brabant. par Jacques Leroy, baron du Saint-Empire. La Haye, Chrétien Van Lom, 1730.

ouverts anciennement du côté de la rue de l'Étoile et par où le public se mettait en rapport avec le changeur communal. Une ancienne gravure nous montre un guichet grillé et une petite porte sous la tour de l'horloge. C'était la loge du concierge.

L'aile occidentale de l'hôtel de ville, plus riche et plus ornée que la première, dut être achevée vers 1480. On ne connaît pas le nom de l'architecte qui dirigea les travaux, ni ceux des sculpteurs qui furent chargés des quatre statues de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire, de Marie de Bourgogne et de Maximilien d'Autriche, placées aux angles de la tourelle de l'ouest. Dans cette partie du monument se succédaient des salles de diverses grandeurs. Le bourgmestre y avait son cabinet; le premier membre y tenait ses réunions; M. Wauters y place une grande salle aux larges escaliers, destinée à des réceptions solennelles. Breughel avait été chargé peu d'années avant sa mort d'y peindre une série de tableaux représentant les ponts du canal de Willebroeck. Ce travail ne fut jamais exécuté. Michel Coxie avait orné la salle du conseil d'un Jugement de Salomon. Sous les archiducs, Rubens y peignit un Jugement de Cambyse, et Van Dyck une Assemblée du Magistrat qui passait pour son chef-d'œuvre. Plusieurs écrivains mentionnent d'autres compositions grandioses qui attestent la munificence éclairée de nos anciens édiles (1). Toutes ces richesses et beacoup d'autres dont l'histoire n'a pas retrouvé la trace ont disparu dans le funeste bombardement de i6g5. L'hôtel de ville fut à peu près détruit et le Magistrat, oblige de se mettre en quête d'un local pour y tenir ses séances, siégea pendant plusieurs années à l'hôtel d'Ursel, au Marché-au-Bois. Ce n'est qu'en 1706, à la fin de la domination espagnole, qu'on entreprit la restauration et la reconstruction du palais communal. On ne ménagea point la dépense (2). « Le corps de logis qui fait face à l'ancien édifice, c'est-à-dire celui qui longe la rue de l'Amigo, contient, disait Fricx en 1745, plusieurs chambres en enfilade très richement meublées, surtout celle où s'assemblent les États. (C'est la salle actuelle du conseil.) Elle est tendue des plus rares tapisseries en or, en argent et en soie. Le dessin en est historié et exécuté avec tant d'art qu'on a de la peine à distinguer s'il est peint ou tissu. La boiserie sur laquelle tombent les tapisseries est dorée ; son éclat peut aller de pair avec l'or massif. Une large corniche dorée où la tapisserie est attachée règne autour de la chambre soutenant un lambris peint qui représente le Triomphe de l'Église. Il est de la main d'un des plus habiles maîtres du dernier siècle. La cheminée est d'un jaspe précieux. Il y a deux tables curieuses de la même matière, où les cartes topographiques du Brabant sont gravées avec beaucoup de délicatesse. Deux trumeaux de très fines

(1) D'après Guichardin, il y avait une masse de tableaux : le Jugement de Salomon, peint par Rubens, une Vue de Mariemont, séjour d'été de l'archiduc. — Gramaye ajoute qu'on voyait à l'hôtel de ville des jardins contenant de 7,000 à 8,000 fleurs.

(2) Le 19 mars 1706, Charles Van den Berghe, comte de Limminghe, ancien bourgmestre, posa la première pierre et donna à cette occasion aux ouvriers dix pistoles pour drinkgeld. Les travaux, dirigés par Corneille Van Nerven, architecte et sculpteur, furent achevés en 1717, comme l'indique une inscription placée dans la cour, et coûtèrent 148,300 florins, ce qui équivaudrait aujourd'hui à un million de francs. (Wauters, Recherches sur l'hôtel de ville. 1840, p. 42.)

Guillaume I'r, roi des Pays-Bas.

Dessin de Heins, d'après la photographie d'un portrait fait en Angleterre pendant l'exil du prince au temps de l'Empi

glaces et de la hauteur de la chambre sont posés du côté du trône du souverain. C'est ce qu'on peut voir de plus rare en ce genre. La table d'environ douze pieds de largeur sur quarante de longueur, placée au milieu, est couverte d'un velours orné d'une haute crépine d'or qui tombe sur le parquetage. Les chaises et les fauteuils sont parés de même. Les chambres qu'on traverse pour y entrer répondent à celle-ci en grandeur et en magnificence. Les deux corps de logis collatéraux sont d'une même architecture, mais ils ne sont pas si richement meublés. On voit dans une des salles du rez-de-chaussée deux ou trois beaux tableaux, et surtout un qui représente la figure équestre de feu l'empereur Charles VI. »

L'abbé Mann complète cette description au temps de Joseph IL - La grande salle est, dit-il, accompagnée de plusieurs autres, d'un greffe et de plusieurs pièces de médiocre grandeur. On y arrive par une galerie dans laquelle on voit six portraits de ducs de Brabant, peints par C. Grangé; dans les trois premières pièces sont des tapisseries dont les sujets sont tirés de l'histoire de Clovis et ont été tissues d'après les dessins de Le Brun; le plafond de la seconde pièce, peint par V.-H. Janssens, représente allégoriquement les trois membres qui composent les États du Brabant, savoir : le clergé, la noblesse et le tiers état. Sur la cheminée est un tableau qui représente un enfant dans son berceau qui est suspendu à un arbre au milieu d'une armée : la vue de ce berceau, dit-on, anima tellement les Brabançons qu'après trois jours de combats ils remportèrent une victoire complète sur les seigneurs de Grimberghe et de Malines réunis. Sur la cheminée de la troisième salle est le portrait de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne. La quatrième salle qui est celle où s'assemblent les Etats et que pour ce motif on nomme la chambre des Etats est très ornée. Sur la cheminée est le portrait de feu le prince Charles de Lorraine, peint par Lens. Avant qu'il y fût placé, on y voyait un tableau qui représentait la pucelle de Brabant faisant hommage à Charles VI. Ce tableau se trouve aujourd'hui dans la salle du greffe ainsi que le portrait de feu l'impératrice-reine, peint par Doffy, qui était posé sous le dais. Ce dais et ses accompagnements sont de velours cramoisi orné de galons et de crépines d'or. Sous ce dais est aujourd'hui le portrait en pied de S. M. impériale et royale Joseph II, peint par le sieur Herreyns. La composition en est belle, mais le dessin n'en est pas correct. Le fond du tableau est en architecture; à droite on voit S. M. tenant de la main gauche un bâton de commandement, appuyé sur une table couverte d'un tapis de velours; sur cette table sont posées les couronnes de Bohême et de Hongrie, la couronne impériale et un sceptre. De la main droite S. M. montre un génie assis à ses pieds sur un canon entouré d'un drapeau ou étendard ; ce génie tient de la main droite un caducée, symbole du commerce ; et de la main gauche une corne d'abondance d'où sortent des fruits et autres productions de toutes espèces. Le plafond de cette salle, peint par Janssens, représente Y Assemblée des dieux; toute la corniche est ornée de sculptures dorées; entre les fenêtres sont peintes les trois chefs-villes. Toute la partie du mur

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