‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 79 sur 192 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de la poussière de tabac que les courants d'air soulevaient sur les corniches. L'église s'embellit promptement grâce à la munificence de la famille de Mérode qui fit ériger à ses frais un superbe tabernacle, et de la famille d'Arenberg qui donna à la fabrique deux beaux tableaux représentant Saint Jean l'Èvangéliste et le Martyre de saint Etienne.

* Pour bien apprécier le quartier des Marolles, il fallait le voir à l'époque de la kermesse. Il y a trois quarts de siècle, aucun bourgeois de Bruxelles n'aurait osé en temps ordinaire s'aventurer dans ces parages, au delà de la rue de Notre-Dame de Grâce, que les sans-culottes avaient baptisée nie des Piques. Vis-à-vis de cette rue, il y avait une chapelle adossée au mur du jardin des Minimes et au bas de laquelle coulait une fontaine dont l'eau, qui venait de Saint-Gilles, passait pour avoir une vertu spéciale. Les mères allaient y baigner leurs enfants.

" Par exception, le jour de la kermesse, La bonne bourgeoisie se rendait en famille aux Marolles. On y voyait tous les paroissiens endimanchés, les femmes portant ce jour-là des bas blancs et des jaquettes neuves.

- On circulait alors difficilement dans le quartier envahi par La foule et imprégné d'une forte odeur de produits chimiques provenant d'une fabrique de vitriol établie dans la rue de l'Artifice. Les naturels de l'endroit prétendaient que cette odeur était un excellent préservatif contre certains insectes incommodes. Le quartier était une vraie république ; l'épicier, le boulanger, le débitant de liqueurs vendaient à crédit, comptant avec raison sur la probité vraiment remarquable de l'acheteur. Les faillites étaient fort rares.

- Le quartier des Marolles formait une ville à part dans Bruxelles par ses mœurs et ses allures grossières. Cependant, au milieu de ce monde vivait un homme des plus remarquables par sa charité et ses vertus. C'était un négociant en bois, nommé Anneessens, petit-fils du martyr de 1719, marguillier et maitre des pauvres de la paroisse. On y remarquait aussi un estimable notaire de la rue des Minimes, connu

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