‹ Bruxelles à travers les âgesChapitre 96 sur 192 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et du Mercure; le Vrai Libéra/, journal philosophique, politique et littéraire, qui eut pour rédacteurs entre autres MM. Orts et de Reiffenberg; le Courrier des Pays-Bas, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent; dcr Sclimetterling, journal allemand qui n'eut que vingt-quatre numéros; le Flambeau, rédigé en grande partie par l'avocat Tarte cadet; Y Écho, rédacteur principal Michel de Brialmont; Y Impartial, propriétaire-éditeur J. Picard; Y Ami du roi et de la patrie, fondé par M. Ferdinand Van der Straeten (\e Gand, devenu le Belge; il comptait parmi ses rédacteurs MM. Ad. Levae, Ad. Bosch et le D1 Coremans; le Constitutionnel, rédigé par deux Français, MM. Tissot et J.-J. Ader, et imprimé chez Weissenbruch ; le Mercuriale ; le News from home; le British and Continental Herald ; la Feuille générale d'avis et d'annonces, de Bols-Wittouck ; la Gazette des Tribunaux belges et étrangers, publiée en 1828 chez Mme veuve Stapleaux; le Pallas (182g), et enfin le National, dirigé par Libri Bagnano et rédigé par H. -G. Moke, mort professeur à l'université de Gand. Ce journal disparut au milieu de la tempête de i83o, après avoir été le dernier défenseur du gouvernement déchu.

Le moment est venu de retourner sur nos pas, à l'effet d'entretenir le lecteur de quelques industries qui ont fait à Bruxelles une renommée à travers les âges. Au premier rang figurent les dentelles, les draps et les tapisseries.

Les dentelles de Bruxelles, dont on a pu voir de si beaux spécimens à l'Exposition de l'art ancien en 1880, ont fait l'objet d'intéressantes notices de M. le chanoine Rcusens (1), de M. Alphonse Wauters (2), de M. Joseph Séguin (3) et de M. Van der Dussen (4). Les érudits ont échangé force arguments a l'effet d'établir si l'industrie dentellière eut son origine en Belgique ou en France. Le procès nous parait résolu en faveur de la Belgique et spécialement des Flandres. Comme le dit M. Wauters, le nom de merletti di Fiandra, que l'on donne en Italie aux dentelles, indique quelle est leur véritable patrie. Le point de Bruxelles jouissait d'une célébrité européenne dès le XVIIe siècle. Une confrérie de Spellrwerckers ou Cantiers est mentionnée dans des actes fort anciens, et l'on prétend qu'à une certaine époque leur industrie donna du travail à 80,000 dentelleuscs. Ces ouvrières portent différents noms, cités par M. Van dcr Dussen, selon le travail spécial qu'elles exécutent. - La brocheteuse (drochcles) est celle qui fabrique le réseau; la dentellière (kanheerkes) celle qui fait l'engrèlurc formant la lisière (kant) de la dentelle; la faiseuse de point à l'aiguille (nacldcivcrkcs) celle qui confectionne les fleurs en plat; la jointeuse (hcschiccrkcs) celle qui fait les jours dans les fleurs en plat et qui rattache les unes aux autres les différentes bandes du réseau; la platteusc (piatwerkes) celle qui

(1) L'Art ancien. Bruxelles, Rosez, et Paris, Didot, 1882.

(2) Catalogue de l'Exposition nationale, 1880.

(3) La Dentelle. Paris. Rothschild, 1875.

(41 L'Industrie dentellière belge, par Van der Dussen. Bruxelles, 1860.

confectionne les fleurs en plat (aux fuseaux) et le point appelé duytschëslag ; la striqueuse ou appliqueuse (strikes) celle qui attache ou coud les fleurs sur le réseau et sur le tulle. Des facteurs ou factoresses servent d'ordinaire d'intermédiaires entre le fabricant et les ouvrières, sur le salaire desquelles ils prélèvent un tantième qui s'élève de 8 à 11 pour cent. Quant aux dessins des dentelles, ils sont confectionnés par des artistes spéciaux que l'on appelle à Bruxelles patroontreckers.

Dans toutes les grandes circonstances, lors d'un mariage auguste ou d'une visite royale, la ville de Bruxelles offrit aux princesses qu'elle voulait honorer de magnifiques spécimens de sa plus belle industrie.

A côté des dentelles, avec une renommée au moins égale, viennent se placer les anciennes tapisseries historiées que, dans les musées et les collections des amateurs, on confond avec leurs rivales d'Arras et d'Audenarde sous le nom commun d'Arrazzi qui leur fut donné par les Italiens. C'est à M. Alph. Wauters que revient l'honneur d'avoir reconstitué l'histoire des anciens legwcrckers ou tapitsiers bruxellois qui formaient dès le xve siècle une section du grand métier des tisserands. A David Teniers il diverses époques, des ordonnances

1610-1690. des magistrats exigèrent que les

D'après une héliotypie de Tos. Maes. . . . ,

tapisseries d une certaine valeur fussent revêtues de la marque du fabricant et d'un petit écusson' placé entre deux B, qui veulent dire Bruxelles, Bradant. Le peintre qui à l'origine exerça la plus grande influence sur le développement de la tapisserie bruxelloise fut le célèbre Roger Van der Weyden, l'élève de Van Eyck, et l'auteur de la grande composition de l'hôtel de ville, Y Histoire d' Hcrkcnbald. Cette série de tableaux fut reproduite sur une tapisserie que les Suisses recueillirent, après la défaite de Charles le Téméraire, sur le champ de bataille de Granson, et qui figure aujourd'hui au musée de Berne, Les galeries de Madrid et de l'Escurial, les collections Erlanger, Spitzcr et de Rothschild à Paris possèdent

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