LES QUARTIERS DE L"EST
Le Musée Wiertz. — Le Parc Léc^pold. — Le Musée royal d'Histoire naturelle.
Parc du Cinquantenaire.
Le
Traversant le grand. Sablon, le tramway gagne la place Ro^^ale, longe et contourne le palais du Roi et. par la place du Trône, se dirige vers la gare du Luxembourg, ou du Quartier Léopold. Sur la place, se dresse une statue de John Cockerill. industriel d'origine anglaise, mort en 1840, créateur de la grande usine de Seraing, portant son nom. Ce bronze est l'œuvre d'Armand Cattier, y 1892.
Tout à proximité de la gare du Luxembourg, est situé le musée Wiertz, vaste, mais peu monumentale construction, érigée par l'Ktat pour servir d'atelier et de demeure au peintre dont elle abrite les œuvres.
D'oîi cette faveur exceptionnelle, dans les fastes de l'art?
Ant. Wiertz, naquit à Dinant-sur-3Ieuse en 1806, de très modeste famille. Ayant, de bonne heure, donné les gages d'une vocation artis-
li((U{'. rinlcrvciUion de <|U('l(|U('s amis o-rnéreux attira sur lui rattcntion (lii roi lies Pa\s-Bas. dràcc à un subside sur la cassette du monarque, il ]Hit fréquenter l'Académie (TAnvers. alors diriiJ-ée par llerreyns. De ])remi(M-s succès \-inrent conlîrmer les espérances de ses protec^teurs et, en iS^j. le jeune artiste sortait vainciueur de l'épreuve du concours de Rome.
A son amour ])our la ])atrie, c[ue la l\é\'olution xcnait d'affranchir, s'alliait, dans le cœur de ce AN'allon. un ("ulte exclusii jjour Rubens. dont le séjour à An\'ers lui avait réxélé la L;'randeur. L'ambition du débutant était de j)ou\'oir recommencer le maître et, tout entier, son œuvre o'arde î'emjjreinte tle la ferveur tle son attachement aux ])rinci])es puisés dans l'étude du ])uissant artiste Rêve audacieux et qui ne devait se réaliser que trc-s imjjarfaitement, on le dexine.
I)ans un mémoire^ (Mivoyé à l'.Kciulémie d'Anxers en 1840, et couronné ])ar cett(» institution, le jeune W'iertz donnait un corps à son idéal, sous la forme littéraire. Sur 1(> t(^rrain artisti([ue, il avait é])rouvé déjà de cruelles tléceptions.
l'ne i^-rande page envoyée de Rome, et qu'on ])eut voir aujourd'hui au musée de Liège : Ia's Grecs c: les Trovciis se lUspiitaiit le eo/'ps (le l\ilroele ', n'obtint qu'un succès d'estime à Paris et à 1 >ruxelles où elle fut successivement exposée. Le peintre en conçut un amer dépit 11 a\ait concentré toutes ses espérances sur ce début et l'on peut dire que sa vie tout entière se ressentit de l'influence d'un jugement qu'il ne voulut a(M'e})ter c[ue comme une ])retive de l'ignorance de la critic^ue. Ceci d'autant plus qu'il avait, à Rome, recueilli d'enthousiastes louanges de Thorwaldsen, son grand admira.teur, et que, nonobstant sa jeun(^sse. il s'était vu conférer le titre envié de membre de rAcadémie de Saint-Luc.
Sans doute, en P)elgi([ue, il eut des partisans et des a.dmirateurs ; il resta néanmoins jusepi'à la ^n un isolé, se confinant dans le rêve d'une imagination ossianique.
N'admettant pas qu'un ])eintre ventlît ses peintures, donnant à ses toiles des ))roportions ])eu en rap])ort avec les possibilités du milieu où elles voyaient le jour, il se heurtait fatalement à des oljstacles en quelque sorte insurmontal:)les, sans compter que sa tecdinique servait insuffisamment sa volonté.
L'aisant pour vivre des portraits, non tou'ours dénués de mérite, mais (pi'il jugeait indignes de l'intéresser, il se plaisait à faire a])pel au suffrage
* Ce sujet fut plus tard repris par l'artiste et fi;iurc dans son musée.