L'HOTEL DE VILLE
Phulo NcuiMeiu.
L'Hôtel de Ville dont la flèche élég-ante émerge, triomphalement, en vingt endroits, des lointaines perspectives, se détache en puissant relief de son prestigieux entourage. Les siècles ne nous Tout pas transmis intact et si. dans sa ligne générale, l'on voit revivre son aspect d'antan, ses détails, ainsi que sa distribution intérieure sont de date relativement récente. Nous avons dit ce qu"il eut à souffrir du bombardement de
Sans autrement la connaître que par les estampes ou les photographies, on sait que la façade se divise en deux parties inégales : que la tour n'en occupe pas le centre, et qu'inégaux, aussi, dans leur développement, les deux côtés le sont de même dans leur disjjosition architecturale et décorative.
La partie la plus développée, la partie est, celle qui, de la rue Charles- Buis, se prolonge jusqu'à la tour, serait, dit-on, la plus ancienne. On en
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fixe le comnienrcinent aux premières années du X\" siècle, exactement à l'année 1402. Tandis que. de ce côté, les arcades du porticjue inférieur, comme les fenêtres du second étage sont ogivales, les baies du premier étage sont rectangulaires, chose peu fréquente dans les constructions de l'époque.
Kntre le premier et le second étage, toute cette ])artie de la façade est
t^liuto Kfurclein.
La Grand'Place un matin de jour de fête.
décorée d'une ligne ininterrompue de statuettes, occupant des niches pourvues de ])inacles à crochets, l.es intervalles des fenêtres sont, en outre, à cliaque étage, occu])és par des statues isolées ou conjuguées. Cette décoration sculpturale s'étend aux étages inférieurs de la tour, laquelle se trouve ainsi faire corps avec l'aile droite.
Que telle ait été originairement la physionomie de l'édifice, il est permis d'en douter. Sa plus ancienne représentation, à notre connaissance, une gravure de 1565. signée Melchizédecli von Hooren. en diffère sensiblement. On n'y voit pas les niches à baldaquins, et les fenêtres des deux moitiés de la façade sont identiquement cintrées et de hauteur égale, à
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ceci près que, dans laile droite, le tympan des fenêtres, ogivales au premier étap'e. est aveuode.
L'Hôtel de Ville.
De ce côté comme de l'autre, l'intervalle entre les étages se trouve réduit à tout l'espace aujourd'hui occupé par les statuettes. La gravure prérappelée est des plus rares. Elle ne se révéla que bien des années après
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la reslauralion de l'Ilôlcl cU' X'illc ].e toit y est ])()urvu d'iiii crètage trèfle ].e cadran occupe sa i)lace actuelle dans la tcnirelle est. 11 }' figura dès Tanné 1441 .
Outre l'inéo-alité des deux parties de la façade, une seconde anomalie se constate : le jiortail n'est ])as dans Taxe de la tour. On a cru devoir attrilnier cette bizarrerie au désir d'accroître la force de résistance delà construction. Il ne nous ai)])artient pas de résoudre le problème. Bornons-nou.s à constater c{ue le i:)ortail est ])ar lui-même fort remarquable. J.es statues qui le décorent, supportées par des consoles intéressantes, représentent les saints patrons des gildes bruxelloises : saint Christophe, saint Micliel, saint (leorges et saint J^loi. Ces statues sont modernes; elles ont pour auteur l'aul P>ouré (1823-1848).
Plus sobrement ])our\-ue de sculptures c[ue l'aile droite, l'aile gauche en diffère par le noml)re et la forme des fenêtres, indistinctement ogivales et cjui, ])lus élevées, nesont^ioint surmontées de statuettes. Seules, cellesci encadrent les fenêtres et décorent la lourcdle d'angle ouest, vers la rue de la Tête-d'()r. Intéressants sont les chapiteaux des colonnes de la galerie inférieure. On y voit se dérouler de petits éjoisodes dont la drôlerie confine à la caricature 11 y a. là. par exemple, un homme amoncelant des sièges à cou])s de balai, allusion nullement improliable, on l'a fait ol)server, à quelcjue élection municipale.
Faut-il s'expliquer par une erreur de calcul de l'architecte l'existence à cliacune des extrémités de l'étage, à l'aile gauche, d'une demi-fenêtre, constatée déjà dans l'ancienne estamj^e mentionnée plus haut? Imjiossible de résoudre ce problème.
Pe toit, d'élévation anormale, est pourvu de quatre étages de lucarnes, chose c[ui en réduit la disproportion apparente.
Pa tour de l'Hôtel de Ville, avec la statue de l'archange saint 31ichel (|ui la couronne, atteint, dans son ensem1)le, une hauteur de 114 mètres, lien est d'infiniment plus hautes; on en citerait malaisément déplus gracieuses, d'une élégance c^ui, jointe à l'heureux raccordement de ses parties, en fait l'ensemlîle le plus parfait du genre. Elle a d'ailleurs servi de type à diverses constructions similaires : tour de Sainte-Gertrude, à Louvain: monument de Walter Scott, à Ediml)ourg; Hôtel de Ville à Vienne; monument de Léopold I" à Laeken, etc.
Ea première pierre en fut posée le 5 mars 1449 par le jeune comte de Charolais, plus tard duc de Bourgogne, sous le nom de Charles le Téméraire.
Rectangulaire jusqu'au niveau de la crête du toit, la tour, est pour-
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vue, à sa base, tle quatre fenêtres superposées, que surmonte une o-alerie à jour. Octoo-one ensuite, la construction, forme tnjis étages délimités ])ar tles balcons, pour s'achever en une ])\ramirle ajourée ([ue termine un fleuron portant la fig-ure de saint Michel. L'archang-e armé de toutes pièces, foule aux pieds le démon, et élève au ciel sa triomphante épée. Cette statue, luiute de 5 mètres, est t(nit entière en plaques de cuivre dorées. Elle fut ])larée en 1455 et serait l'œuvre d'un certain van Rode, batteur de cuivre bruxellois.
Les étages de la tour sont pourvus de clochetons, pinacles octogones raccordés au corps central par des arcs-boutants du meilleur effet. L'ensemble apparaît comme un prodige de construction; toute la partie ociogone repose à faux !
L'ascension, par un escalier de 408 marches, éclairé à la lumière électrique, chaque marche bordée de cuivre cannelé, est facile et vaut d'être faite. (.)utre que le panorama est splendide, rien n'est impressionnant comme l'aspect du faisceau de piliers. sui)p(jrtés par leur seul poids, formant la pyramide finale. 11 }' a là un tour de fijrce de statique et l'on frémit en songeant que non seulement le bombardement mais aussi que la foudre faillit détruire ce merveilleux ensemble.
Le nom de l'architecte de l'Hôtel de Ville n'est point connu On attribue le plan général à Jacques Laureys. dit van Thienen, oudeTirlemont. sans doute originaire de cette ville. Il était, en 1405. directeur des travaux de Bruxelles. Jean van Ruysbroeck -p 1485: est l'auteur de la flèche. La légende populaire le montre se pendant de désespoir i)our n'avoir su mettre la tour dans l'axe de sa constructicm.
En franchissant le porche de l'Hôtel de Ville, on se voit malheureusement amené à déplorer l'absence de souvenirs lointain> évoqués par l'aspect extérieur de l'imposant édifice. La cour a la physionomie correcte et froide de quelque hôtel de préfecture. Flanquant la sortie, vers la rue de l'Amigo, deux figures de fleuves, fontaines sculptées en 1717. celle de droite par D. Plumier, celle de gauche par Hekinder.
Dans le vestibule d'entrée, précédé d'un perron, un beau carton de tapisserie attribué à Bernard van Orley, dit Bernard de Bruxelles : la DécollafioiriTc^iiînt Paul, dû à la libéralité de 3L C. L. Cardon. Au palier du premier étage, un ensemble de portraits assez intéressants d'anciens souverains et gouverneurs généraux : Charles II d'Espagne. rem])ereur Cluirles VI, Marie-Thérèse, Joseph II, François II, Charles, duc de Lorraine et de Bar; Marie-Christine et son époux Albert de Saxe Teschen, Bonaparte,