‹ Bucarest en 1906Chapitre 62 sur 75 · têtes de chèvres 1.709.205 têtes de porcs · texte numérisé non relu

têtes de chèvres 1.709.205 têtes de porcs

7.700 têtes d'ânes et de mulets 11.047.724 têtes d'animaux domestiques

Il faut y ajouter 310.180 ruches d'abeilles.

La valeur des animaux domestiques de Roumanie peut être estimée approximativement à 463.000.000 francs.

Une autre richesse agricole de la Roumanie est représentée par les forêts, quemalheureusementonn'a commencé à exploiter rationnellement que depuis ces dernières années, ce qui a produit un déboisement regrettable et qui ne pourra être reconstitué qu'en faible partie, à grands frais et à grand' peine.

D'après la dernière statistique, dressée par le service forestier de l'Etat, la surface boisée du royaume est de 2.755.800 hectares, y compris les clairières, cette surface représente la 5-e partie environ de la surface territoriale totale de la Roumanie.

Sur ces 2.755.800 hectares, l'Etat possède 1.065.528 hectares c'est-à-dire 38.8%, les établissements publics de bienfaisance 125.985 hectares c'est-à-dire 4.5%, le domaine

de la couronne 71.400 hectares soit 2.5% et le reste de 1.498.400 hectares, ou le 54.2% appartient aux particuliers.

L'exploitation des forêts est soumise au code fores, qui prévoit leur division en trois catégories: les forêts situées sur les sommets et les flancs des montagnes, dans les vallons des régions montagneuses, ainsi que les forêts qui pourraient servir de remblai au chemins de fer et aux chaussées; toutes ces forêts ne peuvent être exploitées ciu'aprês un aménagement préalable.

De même on ne peut défricher les forêts, de quelque côté que ce soit, dans le cas où elles servent de protection aux digues et aux rives ou à la défense du territoire sur certaines frontières.

Les forêts de l'Etat sont toutes soumises au code forestier et ne peuvent être exploitées qu'à la suite d'un aménagement.

Les forêts se répartissent d'après leur essence dans la proportion suivante:

Hêtre 242.032 ht. Charme et varitétés . 118.772 ht.

Chêne et variétés . . 281.220 „ Erable 39 605 „

Sapin „ . . 148.379 „ Tilleul 24.036 „

Bouleau . 2 i.315 hect. Aune . . . . 9.996 hect. Frêne . . . 14.604 „ Acacia . . . 6.013 „ Orme. . 14.351 „ Châtaignier . 42

Pour remédier à l'exploitation irrationnelle des forêts dont les conséquences ont été si fâcheuses pour le climat du pays, on a voté en 1886 le code forestier, pris en partie d'après le code forestier français de 1827.

Sont soumises au régime forestier:

Les forêts, propriétés de l'Etat et des communes;

Les forêts dos établissements publics;

Los forêts que l'Etat possède en indivision avec dos particuliers, pondant la durée de l'indivision;

Los forêts soumises au régime forestier ne peuvent être exploitées que d'après un aménagement fait pas une commission spéciale et approuvée par décret royal. Ces

aménagements doivent toujours avoir en vue la conservation des forêts.

En vertu de la loi du 17 mai 1892 on préleva sur les revenus bruts de toutes les ventes de bois des forêts de l'Etat, une somme de 2" o, que l'on consigne à la Caisse des dépôts pour former un fonds spécial appelé. „Fonds pour la mise en valeur des forêts de l'Etat". Ce fonds est mis à la disposition du ministère des Domaines pour créer

Le lac à l'exposition.

un personnel forestier capable et pour prendre des mesures ayant pour but de faciliter l'exploitation des forêts.

Le revenu des forêts de l'Etat s'est élevé, dans les 6 dernières années budgétaires, au-delà de 30.000.000 fr. pour l'année 1005-1906 il a été de 6.500.000 fr.

Le commerce du bois a pris de même un grand développement. En 1005 la statistique du commerce extérieur a enregistré l'exportation de 236.000 mètres cubes

de troncs de sapin, 262.00 ) tonnes de différents bois, madriers, planches pour parquets et autres; le total de l'exportation du bois et des industries dérivées s'élève au chiffre de 27.000.000 de francs.

Une source nouvelle de richesses pour la Roumanie, mais qui n'a été mise en valeur que dans ces derniers temps et dont les résultats satisfaisants sont la meilleure récompense pour les efforts et les sacrifices que l'Etat s'impose, est le service des pêcheries du ministère des Domaine^. Placé sous l'intelligente et active direction de M. Antipa, ce service a exposé dans un pavillon spécial, pitloresquement situé sur le bord du lac, ses intéressants travaux.

Le Roumanie a une surface de 807.000 hectares recouverte d'eau et comprenant les étangs, les marais et les différents cours d'eau. De cette surface 450.000 hectares forment le domaine des pêcheries de l'Etat, dont 387.000 hectares sont exploités en régie et le reste sont des étangs, affermés à des particuliers.

Il y a 6 ans, c'est-à-dire en 1899—1900, la pêche dans les étangs de l'Etat, qui était affermée, produisait tout au plus 1.000.000 de fr. ; aujourd'hui à la suite d'une exploitation raisonnée et en régie, l'Etat retire de la pêche un revenu de 2.600.000.

Les principales espèces qui se pèchent dans nos étangs sont: la carpe, l'esturgeon, le husso, le silure, le brochet, la sandre, les harengs, et comme poissons de mer: le turbot, le mulet, les anchois etc. Comme produits: le caviar frais, le frai de brochet, de carpe, la boutargue, etc.

Le commerce extérieur du poisson a pris de même à la suite de ces améliorations une grande extension: tandis qu'autrefois l'importation était considérable et dépassait de beaucoup l'importation, en 1005 la Roumanie a exporté pour 2.790.000 fr. de poissons.

On peut donc apprécier les progrés réalisés par le

pays dans la voie du développement économique, résultat favorable qui ressort encore de l'examen de la marche du commerce extérieur; la valeur totale de l'importation pour 1905 est de 337.527.985 fr. et de l'exportation 457.101.394 fr. ; l'année d'avant, l'importation avait été de 311.371.613 fr. et l'exportation seulement de 261.872.339 fr. il est vrai qu'en 1904, la récolte avait été mauvaise et en 1905 excellente.

Les pays d'où la Roumanie importe principalement sont : Autriche-Hongr. qui en 1905 a participé dans la proport, de 28.5%

l'Allemagne „ „ „ „ „ „ 27 %

l'Angleterre „ „ „ „ „ , 15 %

la France „ „ „ „ 5 °/o

l'Italie „ „ „ „ „ 4 %

la Turquie „ „ „ „ „ „ 4 °/°

la Belgique „ „ „ „ 2 %

la Hollande » „ „ „ „ „ 1.5 %

Divers „ „ „ „ r „ 13 °/°

L'exportation est surtout dirigée vers les pays suivants, et dans la proportion indiquée:

Belgique, en proportion de 32 %

Hollande 28 °/o

Italie 5 °/o

Autriche-Hongrie 3 %

Allemagne . 3%

Angleterre 3 %

France 2 %

Divers 24 %

Les articles importés sont:

Textiles et dérivés: dans la proportion de 34% du total des valeurs importées.

Métaux et leurs fabrications: 28% du total des valeurs importées.

Farineux et leurs dérivés (riz surtout): 5% du total des valeurs importées.

Peaux, courrelerie, cordonnerie: 3°/" <lu total des valeurs importées.

Huiles, graisse, cire: 3% du total des valeurs importées.

Coloniales et fruits méridionaux: 3% du total des valeurs importées.

Produits alimentaires: 2% du total des valeurs importées.

Les principaux articles d'exportation sont:

Les céréales et les farineux: 75% du total des valeurs exportées.

Les fruits: 10% du total des valeurs exportées. Les bois et les industries dérivées: 6% du total des valeurs exportées.

Le combustible minéral (pétrole): 2% du total des valeurs

exportées.

Donc, en résumé la situation économique du pays a beaucoup gagné, tant par le développement de l'industrie

que par celle de l'agriculture; l'activité des moyens de transport a augmenté en conséquence et l'épargne nationale suit une progression satisfaisante.

Ainsiquelqueschiffres éloquents prouveront cette marche progressive mieux que toutes autres paroles.

La production du pétrole a passé en 6 ans de 269.000 tonnes à 888.000 tonnes en 1906.

La surface des terres ensemencées a passé de 4.008.500 hectares cultivés en 1886 à 5.420.700 hectares cultivés en 1905.

La production des céréales a passé pour la même période de 18.103.6000 hectolitres à 86.412.747 hectolitres.

Le transport des marchandises par chemin de fer a été en 1886 de 2.067.000 tonnes et en 1905 de 6.I5O.0O0 tonnes.

Le trafic des voyageurs et marchandises a passé en 20 ans de la somme de 22.884.000 à 57.490.498 fr. et l'excédent de 10.082.051 à 23.678.163 francs.

La correspondance intérieure de 1894 à 1904 en 10 ans a passé de 8.007.174 lettres à 13.217.332 et de 8.720.797 journaux à 27.450.153; de même la corespondance internationale a passé de 2.484.272 lettres à 4.711.250 et de 6 1 7.000 journaux à 1.454.206; la progression est encore plus forte pour les mandats et les correspondances télégraphiques et téléphoniques.

Les dépôts à la caisse d'épargne ont été en 1896 de 14.294.392 fr. et en 1906 ils étaient de 25.486.395 fr.

En même temps que les différentes institutions, que le ministère des Domaines, de l'Industrie et de l'Agriculture créait en vue d'augmenter la richesse du pays, par des

Chars paysans.

applications rationnelles des données scientifiques, toute une législation intervenait pour assurer le développement de ces industries naissantes, de ces efforts déployés, et assurer la protection du travail.

Après la loi de 1887 sur l'encouragement de l'industrie, on promulgua en janvier 1906 une loi sur les brevets d'invention. Toujours en 1906, par lois spéciales, on accorda la concession de lots de 5.000 hectares sur les terrains de l'Etat, pour l'élevage du gros et du petit bétail; de même pour l'exploitation des joncs et roseaux qui poussent dans les marécages du Danube.

Les métiers ont été organisés par la loi du 5 mars 1902.

La protection des femmes et des mineurs employés dans les établissements industriels, fut réglementée par la loi du 22 février 1906.

Enfin une loi élaborée en 1904, mais qui n'est entrée en vigueur qu'en mars 1906, établit un nouveau tarif douanier, très protectionniste et qui tend à favoriser encore plus l'industrie nationale.

Organisation du ministère.

Le budget de ce ministère est de 4.977.875 fr.

Le ministère occupe sur le Boulevard Caroi un local propre construit récemment dans le style renaissance, et d'un bel effet décoratif.

Ministère de l'Agriculture, de l'Industrie, du Commerce et des Domaines.

La direction de l'agriculture comprend le service agronomique et la station agronomique qui se trouve à la chaussée Kisselef, en face de l'école d'agriculture dl [erastrau, toujours dépendante de ce même ministère; cette école est destinée à former: le personnel des lermes-modèles de l'Etat, de bons administrateurs de terres pour les particuliers et le personnel nécessaire aux services du ministère. La durée des études théoriques et pratiques est de 4 ans.

dont 2V2 à l'école et 18 mois à l'une des fermes modèles ou pépinières de l'Etat. Les élèves sont internes et boursiers; on y reçoit encore, s'il y a des places disponibles, des particuliers et un nombre restreint d'externes.

A cette direction appartient également le service de l'entretien des jardins publics de Mogoshoïe, Cotrocéni, du palais royal, de l'Université, de la Chaussée et du Cismegiu.

La direction de l'industrie et des brevets d'invention comprend un musée industriel, une école et un atelier de

L'institut Météorologique.

sériciculture, situé dans la rue Vamei, le service des brevets d'invention, le service du commerce et le service des métiers. Cette direction dispose d'un fonds annuel de 9.700 fr., pour l'envoi à l'étranger, de jeunes gens, dans le but de s'y perfectionner en technologie industrielle et autres.

Le service des mines a pris une plus grande importance, à la suite du développement de l'industrie du pétrole. . Ce service entretient une école de maîtres sondeurs et ex-

ploite lui-même les puits et les terrains de l'Etat déjà forés.

Le service des stations balnéaires, pour l'entretien et l'exploitation desquelles l'Etat dépense environ 100.000 fr. par an, mais qui, depuis ces dérnières années surtout, lui rapportent d'avantage.

La direction des domaines, chargée de l'entretien des palais royaux et de Cotrocéni, de l'entretien et de l'exploitation en régie des terres de l'Etat restées non affermées, ainsi que de l'entretien en général de tous les biens faisant partie du domaine de l'Etat.

11 faut ajouter les services spéciaux des pêcheries et des forêts.

Le service des pêcheries a entrepris récemment de

de mûriers et les magnaneries, les troupeaux de vaches suisses et la laiterie coopérative, la destruction des sauterelles et autres insectes nuisibles, etc.

Le service des poids et l'institut météorologique situé

grands travaux en cours d'exécution et presque achevés, grâce auxquels de grandes étendues de terres aujourd'hui insalubres et inondées, seront assainies et reudues à la culture, en même temps que les étangs deviendront propices à la culture des poissons et que des chenaux rendent accessibles d'une manière convenable toutes les parties du bas Danube.

Prêtre roumain.

Le service zootechnique dont dépendent les dépôtsde chevaux et de monte, les bergeries, les pépinières

sur le plateau de Filaret; ce service a la surveillance de tous les bureaux de vérification des poids et mesures, ainsi que de toutes les stations météorologiques du pays.

Le ministère dirige encore une école de sylviculture et subventionne deux boursiers à l'étranger pour la microbie zootechnique et la sériciculture, la société géographique, la société pour l'enseignement du peuple roumain et la société pour l'amélioration de la race chevaline.

Le Ministère des Finances et ses annexes. - Le budget de la Roumanie qui, pour l'année 1906, prévoyait 236.989.238 fr. aux revenus et autant aux dépenses, mais que le développement florissant du pays a permis de solder par un excédent de 60.000.000 s'alimente pour 47.650.000 fr. des contributions directes, dont nous allons en peu de mots indiquer l'organisation etl'historique. L'impôt foncier et des propriétés bâties a été introduit en Moldavie en 1859 et en Valachie en 1860.

Chaque année, le Parlement, suivant les besoins du Trésor, fixait lui-même le taux de cet impôt.

Après l'union des principautés, l'unification des contributions fut réalisée par la loi du 31 mars 1 862, qui fixa le taux à 3%» du revenu. Celle-là fut modifiée en 1866 et 1870 et on introduisit plusieurs distinctions parmi les terres. En 1871 l'impôt fut élevé à 6%; en 1886 on fixa l'impôt sur le revenu foncier rural à 5°/o pour les propriétaires cultivant eux-mêmes, à 6°/o pour ceux qui les afferment et à 12%> pour ceux qui tout en les affermant vivent à l'étranger — c'est-à-dire y passent plus de 6 mois de l'année. La loi de 1901 a majoré l'impôt poulies propriétaires de la 1-ère catégorie possédant plus de

10 hectares, de 5 à 5 72%, pour ceux de la 2-e de 6 à 6 7-2 % et pour ceux de la 3-e de 12 à 13°/o. Les propriétés de moins de 10 hectares sont restées imposées à 5°/0.

Les propriétés bâties ont été augmentées de 6 à 6 72%, avec dégrèvement partiel pour celles qui restent non louées. Les maisons nouvellement construites sont exemptes d'impôt durant 3 ans, à partir du jour où elles deviennent habitables; mais il n'existe pas encore de dispositions interdisant de louer une maison nouvelle avant un certain délai nécessaire au séchage des murs. Le revenu des propriétés est établi d'après les contrats de fermage ou de location et, à leur défaut, d'après les évaluations des agents du fisc.

L'impôt des voies de communication date du XV-e siècle et portait alors le nom de bir — taille, — modifié en 1749 par C. Mavrocordato et en 1832 par le Règlement Organique; il fut réorganisé après l'union des principautés, sous la dénomination de contribution personnelle. La contribution personnelle et l'impôt pour les chemins étaient confondus ensemble, et les étrangers s'en trouvaient dispensés. L'impôt frappait tous les habitants du pays, qui avaient 25 ans accomplis — la majorité, d'après le code Caragéa, n'ayant lieu qu'à 25 ans — ou qui administraient seuls leurs biens. L'impôt était de 36 francs ou plutôt lei. La ioi de 1877 changea le nom de capitation en celui d'impôt pour voies de communication et de la sorte atteignit également les étrangers. Le taux fut réduit à 18 lei et plus tard en 1882 à 6 lei par tète. La contribution des patentes prévoit trois catégories, dans lesquelles entrent toutes les industries et tous les commerces du pays; la loi des patentes (ut reformée en 1832 par le Règlement Organique, puis établie sur des principes modernes en 1863 et modifiée en 1877, 1882 et 1899.

Jusqu'en 1877 l'impôt consistait en un droit fixe; depuis, on y a ajouté un droit proportionnel, d'après la valeur locative de l'établissement, droit qui varia (Mitre

2—10%; par la loi de 1899 les banques sont soumises à une taxe de 5 % du revenu constaté d'après leur bilan.

Les patentes sont comprises dans trois tableaux A B et C. Le tableau B comprend les banques et les fabriques, le tableau C, les professions libérales et le tableau A tous les autres commerces et industries.

Le droit fixe de la contribution des patentes varie suivant le nombre d'habitants de la localité, l'importance du commerce ou de l'industrie, divisés d'ailleurs en plusieurs classes.

Le droit fixe auquel sont soumis les commerçants et les industriels du tableau A est au maximum de 300 fr. et au minimum de 2 fr. Pour le classement des différentes catégories de commerce et d'industrie, il n'y a guère de critérium ; mais il n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage d'examiner la question et d'en faire la critique.

Les commerçants en boissons spiritueuses paient en plus la licence, impôt qui fut établi par la loi du 1-er avril 1873, pour équilibrer le budget. Réduit de moitié en 1876, il fut de nouveau modifié en 1886 et 1904.

La loi de 1886 fit une distinction entre les détaillants et les marchands en gros. Ceux-ci payaient un droit fixe de 12.000 fr. par an— droit qui en 1873 était de 1.600 fr. et de 1.000 fr. en 1875 — et les marchands qui ne vendaient que du vin 500 fr. par an.

Les marchands en détail payaient un droit fixe variant de 10 à 200 fr. selon la population de l'endroit où ils exerçaient leur commerce et 20% de la valeur locative du débit; ils étaient soumis en outre à un droit fixe de patente.

D'après la loi de 1904 les commerçants en gros ayant un dépôt de plus de 30.000 décalitres, payent 2.000 fr. pour 15—30.000 décalitres 1.500 fr. pour 5—15.000 décalitres, 1.200 fr., et pour moins de 5.000 décalitres, 900 fr.

Les droits dus par les détaillants ont été réduits et ceux dus par les sociétés coopératives fixés à 400 fr. par an.

En dehors de l'impôt de licence, les marchands de boissons spiritueuses sont encore frappés d'un impôt de consommation sur les boissons spiritueuses, institué par la loi de 1867. Le taux de cet impôt variait de 1 à 4 lei, d'après le degré alcoolique de la boisson, mesurée à l'alcoomètre Wagner. La bière était imposée à 2 lei par vedro, — le „védro" était l'ancienne mesure roumaine et correspondait à peu de chose près au décalitre. En 1874 la taxe sur l'alcool a été fixée à 6 bani par degré alcoolique. La perception de cet impôt s'effectuait par des particuliers auxquels l'Etat affermait l'impôt par voie d'adjudication publique.

En 1879 cette taxe fut abaissée à 4 72% bani par degré et par décalitre, et à 0,80 bani pour la bière. En I882, l'alcool de pommes de terre, de céréales, de betteraves etc., est frappé d'un droit de 2V2 bani, par degré centigrade, la bière de 1 ,50 lei par décalitre, la tzuica — eau de vie de prunes — de 2 lei par pogon — le pogon représente à peu près un demi hectare — de verger de pruniers, les vignobles de 1 leu par pogone. En 1885 et 1886 nouveaux changements et suppression des primes d'exportation. En 1889 la taxe de l'alcool est élevée à 5 bani par degré et par décalitre et celle de la bière à 3 lei par décalitre; l'hectare de verger de pruniers est imposé à 10 fr. et celui de vignoble à 3 lei.

La loi de 1896 élève encore cette taxe à 8 bani par degré et décalitre d'alcool et la réduit à 1,50 par décalitre de bière; celle de 1899 la porte à 12 bani par degré et par décalitre d'alcool, tandis que celle de 1900 l'abaisse à 10 bani. En môme temps, un impôt de 5 bani par degré et par décalitre remplace la taxe par hectare de verger de pruniers, mais de nouveau en 1901 la taxe par hectare est remise en vigueur, au taux de 20 lei par hectare on compte en moyenne; 600 pruniers à l'hectare. Le degré alcoolique se mesure à l'alcoomètre Gange, réglé pour un litre à 12 degrés Réaumur.

En 1877, pour subvenir aux nécessités de la Guerre de l'Indépendance, on institua un impôt de 5°/o sur les traitements des fonctionnaires publics; mais cet impôt, qui en principe n'était que temporaire et devait disparaître avec les hostilités, continua à subsister jusqu'en 1 891 , époque où on le supprima, et ce avec d'autant plus de raison, qu'il ne frappait que les fonctionnaires publics. La crise de 1899—1900 força le gouvernement à rétablir l'impôt, mais en l'étendant cette fois plus équitablement à tous les fonctionnaires aussi bien privés que publics; seuls les traitements de moins de I20 fr. par mois en furent exempts. En 1900 on voulut modifier cette loi en imposant à 5% ceux qui occupent une seule fonction, à 1 5 °/o ceux qui en occupent deux, et à 25°/o ceux qui en occupent plus de trois; malheureusement le gouvernement étant tombé du pouvoir, la loi ne fut pas votée.

Les droits de timbre et d'enregistrement, auxquels sont soumis toutes les con- Décrotteur.

ventions en général, ont été

créés par la loi 1872, mais ont été succesivement modifiés par les lois du 1873, 1874, 1881, 1884, 1886, 1900, 1901, 1903 et 1904, 30 mai 1905, 14 juin 1905 et 24 février 1906.

La loi du timbre prévoit deux sortes de droits: les droits de timbre et les droits d'enregistrement, qui se distinguent autant par leur assiette que par leur mode de perception.

Les droits de timbre se composent d'un droit proportionnel.

Le timbre fixe se divise, selon la loi de 1900, en 10 classes de 10 bani à 25 lei.

Le timbre proportionnel varie d'après la nature et la valeur de l'acte et se divise en 7 classes de 5 bani à 3 lei %.

Les droits d'enregistrement varient d'après la nature des actes, et, selon leur valeur. Ils se divisent en 8 classes de 50 bani à 12 lei.

L'impôt sur les successions a été complètement modifié par la loi de 1900, qui a imposé les héritages dévolus aux héritiers directs — jusqu'alors exempts — ainsi que les legs faits aux institutions de bienfaisance.

Conformément à cette loi, les taxes de succession varient comme suit: 2% — la loi de 1900 prévoyait 1 %, mais en 1901 on y ajouta encore I % — pour les héritages en ligne directe; 2% pour les legs faits aux institutions de bienfaisance; 3% pour les héritages dévolus aux époux et aux ascendants en ligne directe; 4°/o pour les héritages dévolus aux frères, sœurs, et à leurs enfants; 6% pour les héritages dévolus aux collatéraux jusqu'aux 12e degré, 12% pour les héritages dévolus aux collatéraux éloignés de plus de 12 degrés, ou aux personnes étrangères. Les biens meubles acquis par voie de succession ont été imposés à une surtaxe de 5%, pour le motif que ces biens ne payent pas de contributions directes.

L'impôt sur les sucres a été établi en Roumanie par la loi de 1898, bien que les fabriques de sucre eussent été encouragées depuis 1882 par des primes d'exportation. L'impôt fut au début de 15 bani par kilogramme, puis en 1900 porté à 30 bani; les primes d'exportation étant aussi onéreuses pour le fisc que pour les consommateurs, on les a compensées en instituant en 1901 une taxe d'exportation de 30 bani par kilogramme.

L'impôt sur le pétrole et sur ses dérivés a été établi en I900; il est de 7 bani par kilogramme.

Tous ces impôts sont perçus au moment où les pro-

duits sont livrés à la consommation. La benzine destinée à l'industrie et le pétrole destiné à l'exportation en sont exonérés.

L'impôt militaire, qui existait déjà sous le Règlement Organique — 1832 — et qui avait été supprimé par la suite, fut rétabli en 1900. Il se compose d'un droit fixe et d'un droit proportionnel. Le droit fixe est de 6 lei par personne dispensée; le droit proportionnel ou supplémentaire est de 4 dixièmes des contributions directes: impôt foncier, patente, licence. Pour les fonctionnaires il est de 2% de leur traitement; mais en aucun cas il ne peut excéder 2.000 lei par contribuable.

Le taux de l'impôt est évalué en tenant compte aussi bien du revenu et de la fortune de la personne dispensée, que de celle de ses parents, tenus également de payer cet impôt. Lorsqu'il y a plusieurs enfants, on divise la fortune des parents en autant de parts qu'il y a d'enfants, l'impôt n'étant perçu que sur la part de l'enfant dispensé.

L'organisation du Ministère. — Le ministère comprend cinq directorats: l'administration centrale qui se subdivise en service des contributions directes, service des contributions indirectes, service de la comptabilité générale, service du timbre et de l'enregistrement, service de la dette publique, service des pensions, service du contentieux et service de la statistique; le directorat extérieur des finances, le directorat extérieur des douanes, la régie des monopoles de l'Etat et la Cour des comptes. Le budget total du ministère est de 27.540.357 fr. pour l'exercice 1906—1907.

La Cour des comptes occupe son hôtel propre, récemment bâti et qui est attenant aux nouvelles constructions du ministère. Cette Cour se compose d'un président, 6 conseillers, 1 procureur, I substitut, 6 référendaires de 1ère classe, 8 de 2-ème et 10 de 3-ême classe.

La régie des monopoles comprend dans les produits monopolisés : les tabacs, les allumettes, les cartes à jouer, le sel et le papier à cigarettes. A cause des explo-

sions fréquentes, le contrat passé entre le ministère de la Guerre et les concessionnaires pour la fourniture des poudres à feu, pendant 15 ans a été résilié. La fabrication et la vente de ces poudres a passé à l'Etat, mais c'est le ministère de la Guerre qui fabrique à Dudeshti la poudre de guerre, et la régie à Lâculets les poudres et explosifs qui sont dans le commerce. Le monopole du sel existe en Roumanie depuis 1881, époque à laquelle l'administration des monopoles a passé du ministère des Finances à la régie des monopoles de l'Etat; la vente en gros se fait ordinairement à cette dernière. Les dépôts n'ont été créés que là où la nécessité s'en est fait sentir. Le sel est extrait de 4 mines de sel: Tîrgul- Ocna, Slanic, Doftana et Ocnele- Mari. L'exploitation des mines de Doftana et Ocnele-Mari, suspendue en 1900, a été reprise en 1901.

Le monopole des tabacs a été institué en 1872. Son exploitation fut [d'abord confiée à une société m. Th. Raduiesco. anglaise, pour une durée de 15 ans;

puis le contrat ayant été résilié, elle passa à l'Etat en 1879. Ce monopole s'étend aussi bien à la fabrication qu'à la vente des tabacs; les débits ne peuvent exister sans une concession de l'Etat. Le service de culture de la Régie est chargé de la surveillance et de la direction de la culture du tabac, qui se fait au compte de la Régie, jusqu'à ce que la récolte soit livrée aux dépôts de l'Etat. Le tabac étranger est importé principalement de Macédoine, de Smyrne, de Grèce et d'Egypte; il faut constater que, grâce aux efforts déployés par la Régie, la culture du tabac en Roumanie s'est extrêmement améliorée et se cultive sur une échelle de jour en jour plus importante.

Le monopole du papier à cigarettes a été institue en

1900. Ce monopole setend à la fabrication et à la vente, qui s'effectue par les débitants de tabacs. Le papier qui pourrait être employé comme papier à cigarettes, ne peutêtre importé que coloré.

Pour déterminer les dédommagemants à accorder aux fabriques particulières, à l'occasion de l'introduction de ce monopole, on a pris pour base le prix de revient de la fabrication, les taxes de transport, les droits de douane et un bénéfice de 50%.

Un Pavillon à l'exposition.

Les encaissements de la Régie des monopoles de l'Etat constituent aujourd'hui près du quart des revenns de l'Etat.

En 1886 le budget de l'Etat était de 49.000.000 de fr. sur lesquels le revenu du monopole du sel figurait pour 4.000.000 de fr.

En 1905 — 1906 les encaissements de l'Etat sont 273.000.000 de fr., sur lesquels les îecettes de la Régie des monopoles figurent pour 57.000.000 de fr.

Les revenus bruts de la Régie ont augmenté au fur et à mesure de la création de nouveaux monopoles. On pourra juger de l'accroissement successif des recettes d'après le tableau suivant:

En 1872 9.237.000 fr.

Le tableau suivant indique les différences — au profit du Trésor — entre les dépenses de fabrication ou d'achat des produits qui ont été nécessaires à la Régie, et les encaissements enregistrés par le Trésor pour l'exercice 1904-1905:

Monopoles

Revenus

Dépenses

Différences

Tabacs

Sel

Allumettes. . . .

Cartes à jouer Explosifs ....

Papier à cigarettes

Totaux . .

En ce qui concerne l'année 1905—1906, les revenus des monopoles ont été les suivants, pour ce qui est des dépenses; mais comme l'exercice n'est pas encore clos, nous ne pouvons les donner avec précision:

Nature des revenus

Evaluations

Encaissements

Tabacs

Sel (consommation intérieure)

Allumettes

Cartes à jouer

Explosifs

Papier à cigarettes

Amendes et revenus extraordinaires

Revenus directs

Totaux . . .

36.500.000 6.000.01 »o 1.201 M M H> 2.850.01 10 450.01 >0 500.01 in 4.0 >o.oi in

Le caisse des pensions a été organisée sur des bases nouvelles par la loi de 1902. Avant cette date, les conditions requises par les lois antérieures, pour être pensionnaire, étaient très faciles à remplir et le nombre des pensionnaires s'accrut rapidement. Les militaires, le clergé,

Pavillon Geiser à l'exposition.

les fonctionnaires civils, ceux des chemins de fer, ceux des départements ou des communes, avaient des lois spéciales et des conditions différentes pour faire valoir leurs droits à la pension.

Les fonctionnaires civils pouvaient devenir pensionnaires après 10 ans de service et les militaires après 18 ans. La pension différait d'après l'administration dans laquelle le pensionnaire avait servi.

La loi de 1902 unifie toutes ces dispositions. En vertu

de cette dernière loi, le droit de pension s'acquiert pour les fonctionnaires civils, après 60 ans accomplis et pour les ecclésiastiques après 70 ans. A cet âge, le fonctionnaire reçoit pour 20 ans de service une pension égale à la moitié de la moyenne de son traitement pendant les 5 dernières années de ses fonctions; pour 25 ans de service, il reçoit 65% et pour 35 ans le 100%. Les fonctionnaires qui remplissent des services difficiles et nuisibles à leur santé, peuvent faire valoir leurs droits à 55 ans. Le temps servi avant l'âge de 21 ans n'entre pas en ligne de compte.

La veuve d'un fonctionnaire reçoit 15% du salaire de son mari, s'il a servi 15 ans; 15% en plus, si la veuve a aussi un enfant, 20% si elle en a 2 et 35% si elle en a 3 où au-delà. La veuve d'un pensionnaire touche la moitié de la pension de son mari.

Le budget de la caisse des pensions est de 19.206.360 fr. pour l'exercice 1906 — 1907. Ce budget est alimenté en majeure partie par les retenues faites sur les appointements des fonctionnaires, retenues produisant 7.340.000 fr. et par la subvention de 7.300.000, fr. que l'Etat accorde à la caisse.

Pour venir en aide aux petits agriculteurs et occasionnellement aux grands, l'Etat a créé le Crédit agricole, qui, plus tard, au lieu d'institutions séparées et propres à chaque département, à formé une seule administration centrale, sous la direction de l'Etat, et avec succursales dans le pays.

Le Crédit agricole date de 1882; chaque chef-lieu de département devait avoir son crédit, au capital variant de 15.000 à 450.000 fr., selon l'importance du département. Les emprunts s'effectuaient sur gages et étaient restreints primitivement à 5.000 fr. et plus tard à 1.000 fr. Le Crédit agricole constituait une personne morale; son capital était représenté par des actions nominatives, que pouvaient seuls acquérir 1rs agriculteurs et les industriels agriculteurs. L'Etat versait deux parts du capital et le département

une, recevant en échange des dividendes proportionels à leur apport.

En 1892 les Crédits agricoles départementaux passèrent sous l'administration de l'Etat, qui les concentra en une administration centrale au capital de 20.000.000 de fr., les anciens crédits agricoles départementaux continuant à fonctionner comme succursales de la centrale de Bucarest. Ce crédit ainsi centralisé a deux sections, dont les fonds ne se confondent pas. La 1 -ère a les 20.000.000 de fr. que l'Etat a versés et la 2-e, dont le capital n'est pas fixé, se fournit par voie d'emprunts, qu'elle peut contracter jusqu'à concurrence de 3 millions.

A la suite de la grande crise agricole et financière de 1899 on remarqua en 1900 dans les villages un grand courant d'idées d'association. Peu à peu, encouragées par le gouvernement, les banques populaires commencèrent à se créer et leur développement fut si rapide que, deux années plus tard, en 1902, il y avait 700 banques, comptant 59.844 membres et un capital de 4.250.600 fr. Aujourd'hui, en 1906, il y a 2.021 banques, possédant 239.002 membres et 27.275.474 fr. 15 comme capital. Ce qui causa la vogue et l'heureux développement de cette institution, ce fut principalement l'avantage qu'y trouvait le paysan d'emprunter à petits intérêts et d'échapper ainsi à l'usure, qui était un véritable fléau pour le petit agriculteur.

Pour éviter les abus dans l'administration des fonds de ces banques, la loi de 1904 les a mises sous le contrôle de la surveillance de l'Etat et a rattaché la caisse centrale des banques populaires au Crédit agricole.

Les banques populaires sont personnes morales, et, lors de la liquidation, 50% des fonds de reserve ainsi que les donations qui leur seraient faites ne se partagent pas entre les sociétaires, mais sont employés dans un but d'utilité publique. L'administration, sauf celle du comptable, est gratuite. La caisse centrale est administrée par un conseil de 7 membres, nommés: 3 par le ministre des Finances,

1 par le ministre l'Instruction publique, 1 par le Crédit foncier rural, 1 par la Banque Agricole et 1 par la Banque Nationale : mais cette dernière, appelée à escompter le portefeuille de la caisse centrale des banques populaires, ne voulut pas nommer de représentant, et il fut désigné toujours par le ministre des Finances. Ce fut grâce à ces banques et au concours de la Banque Nationale qu'en 1904, à la suite du manque total de maïs, nourriture exclusive du paysan, on put acheter pour 20.000.000 de fr. de maïs et faire face à la pénurie.

En 1894 fut fondée la Banque Agricole. Cette banque était destinée à aider les grands agriculteurs, en opérant des emprunts sur gages agricoles. La banque est à l'instar d'une société anonyme par actions. Le capital de la banque est de 12.212.500 fr. répartis en 24.425 actionde 500 fr. ; ce capital peut, avec l'autorisation du gouvernement, être porté jusqu'à 20.000.000 de fr. Un commissaire du gouvernement est chargé de la surveillance de la banque, surtout en ce qui concerne l'émission des bons de caisse.

Toutes les opérations de la Banque Agricole sont exemptes des droits de timbre, sauf les droits proportionnels.

La Caisse des dépôts, consignations et épargne.

— La loi du 3 août 1876, modifiée par celle de 1895, institue une caisse des dépôts et consignations, destinée à recevoir, sous les auspices du ministère des Finances: les dépôts volontaires, judiciaires et administratifs; les consignations données ou autorisées par des lois spéciales; les successions vacantes; les fonds provenant de biens séquestrés; les fonds communaux et départementaux ; les cautionnements des agents comptables publics; les cautionnements que, dans différents cas, doivent déposer les contribuables.

Pour les dépôts en numéraire, on paie un intérêt de 5%; pour les dépôts de joaillerie, d'effets, etc. on perçoit une taxe <le 5 "/n de leur valeur; les intérêts non réclamés

pendant 3 ans se prescrivent en faveur de la caisse. La caisse peut consentir des emprunts à l'Etat, aux départements et aux communes; aux particuliers elle n'en peut consentir que pour 3 mois et sur titres de l'Etat roumain.

Elle est administrée par un conseil composé de 12 membres et un directeur nommé pour 5 ans par le ministre des Finances.

En janvier 1880, on institua une caisse d'épargne, qui fut rattachée à la caisse des dépôts. La caisse reçoit des

Caisse des dépôts, consignations et épargne.

dépôts d'au moins 1 leu et de 300 lei au plus. Une seule personne ne peut avoir en numéraire un dépôt de plus de 3.000 fr. ; passée cette somme, la caisse achète des effets pour le compte du déposant; les intérêts sont de 5% par an et sont capitalisés.

Les revenus de la caisse des dépôts, consignations et épargne sont versés au Trésor.

La situation de la caisse des dépôts, consignations et

épargne pour 1906 est: Solde de la caisse des dépôts 332.652.818 fr. 30 de la caisse d'épargne; 77.987.548 fr. 65 et du crédit départemental 19.670.275 fr. 17 ce qui représente un total de 430.310.742 fr. 22 dont 4.091.128 fr. 35 en numéraire et 426.219.613 fr. 87 en effets.

Halles de la Caisse de dépôts.

Le Banque nationale. — Le premier projet de loi pour la création d'une banque d'escompte et de circulation date de 1859 et il a été proposé par le ministre de Finances d'alors, C. Stériady. En 1860, I. C. Bratiano, alors ministre des Finances, proposa également de créer une pareille banque dont l'administration centrale serait à Bucarest et la succursale à lassy. Ces deux projets n'aboutirent pas.

En octobre 1865 le gouvernement/ accorda à un consortium étranger, représenté par MM. Adolphe de lier/, demeurant à Vienne, et Jacques Lobel, banquier à Buca-

rest, la concession d'une banque d'escompte et de circulation, sous la dénomination de Banque de Roumanie. Cette concession a été résiliée par la loi du 14 juin 1869, moyennant une somme de 750.000 fr. que l'Etat paya à titre de dédommagement.

En 1868 le comte Zamoyski, et en 1873, un groupe de banquiers de Bucarest firent des propositions au gouvernement pour fonder une banque qui devait s'appeler la Banque de Roumanie limitée.

Façade de la Banque Nation aie.

En 1874 ce fut le ministre des Finances P. Mavroghény, qui déposa un projet de loi pour la création d'une banque d'escompte et de circulation. Puis ce fut l'initiative parlementaire qui, durant les années 1897 et suivantes, tenta sans succès de faire passer différents projets dans le même but.

Enfin, en 1880, sous le ministère I. C. Bratiano, le ministre des Finances J. Câmpinéano fit admettre et sanc-

tionner la loi constitutive de la Banque Nationale actuelle de Roumanie.

La loi et les statuts sont, sauf quelques modifications, pris de la loi et des statuts de la Banque Nationale belge.

La modification la plus importante, rendue nécessaire par le peu de confiance avec laquelle la nouvelle institution fut accueillie par le public, était la participation de l'Etat connue actionnaire à la souscription du capital initial. Comme à l'époque, le crédit de l'Etat était très solide, la participation de l'Etat à la souscription assura le succès de l'émission. L'Etat y participait pour un tiers, mais tout en conservant le rôle d'un simple actionnaire, il ne pouvait se défaire de ses actions; il n'avait pas droit, dans les délibérations, à plus de 10 voix, et nommait 2 directeurs sur 6; et 3 censeurs sur 7.

Les statuts de la banque ont été modifiés sensiblement à diverses reprises et le terme de la concession a été prolongé.

En 1881 la Roumanie créa les docks, et il fut nécessaire de modifier les statuts de la banque pour lui permettre d'escompter les warrants émis en conformité de la loi sur les docks. Toujours à cette occasion, on permit à la banque d'acheter des effets publics et des lettres de gage jusqu'à concurrence du capital social versé, mais non plus de la moitié de ce capital, ainsi que le prévoyaient les premiers statuts.

En 1877, contraint par les nécessités de la guerre, le gouvernement fut obligé d'émettre de papier monnaie. Le déficit laissé par l'exercice 1876 était de 179.000.000 de fr. et le pays en guerre. On vota donc une loi qui autorisa le gouvernement à hypothéquer les biens de l'Etat, libres de charges, jusqu'à concurrence de 60.000.000 de fr. et mettre pour 30.000.000 de fr. de bons, c'est-à-dire pour d'émoitié de la valeur de l'hypothèque, ce qui lit donner à ces billets le nom de billets hypothécaires.

Ces billets étaient au porteur, ils portaient un intérêt

de 5% payable au 1-er janvier de chaque année et circulaient comme monnaie légale libératoire. Ils devaient être remboursés par années sur le produit de la vente des biens de FEtat, mais ils ont été maintenus jusqu'en 1888, lorsqu'à l'occasion de l'adoption du système monométallique or, le gouvernement fut autorisé à contracter un emprunt pour les retirer de la circulation. Lémission avait été de 26,260.000 fr. et l'Etat s'obligeait à payer aux détenteurs une prime de 10%, lors du retrait des billets. Une entente intervint entre l'Etat et la Banque Nationale, par laquelle celle-ci prit sur elle, moyennant une commission de 1 % et en renonçant à la prime d'effectuer le retrait de ces billets. Cette convention, avantageuse pour l'Etat, lui permit d'éviter la vente des terres hypothéquées, qui n'eût pu s'effectuer qu'avec une perte énorme, par suite de la dépréciation amenée par la vente forcée et soudaine de terres; pour une valeur de 80.000.000 de fr. Aussi l'Etat accepta-t-il de prolonger jusqu'en 1912 la date du retrait des billets hypothécaires, de lui en rembourser la valeur à raison de 1.000.000 par an, de lui payer 1 % de commission par an et de lui prolonger jusqu'à 1912 la durée de son privilège, qui eût dû expirer en 1900.

Lors de la discussion de la loi pour la création de la Banque Nationale, on avait discuté au Parlement la base du système financier de la Roumanie et de nombreux partisans avaient soutenu le système du monométallisme or. Malheureusement, à cette époque — 1880 — l'or était rare; la production des mines de l'Afrique du sud, de l'Australie et de l'Amérique du Nord était encore faible ; le gouvernement fit ressortir la situation difficile qui serait créée à la banque naissante, par l'adoption de ce système, et elle ajourna la solution de la question à des temps meilleurs.

En 1888, les partisans du système monométalliste or firent parti du gouvernement et mirent leur système en application. En conséquence, le gouvernement, par la loi de juin 1890, contracta un emprunt pour payer à la banque

les billets hypothécaires retirés par elle, introduisit le monométallisme or, transforma en or Je stock métallique de la banque qui était en argent et réglementa l'émission des billets de 20 fr., qui ne pouvait avoir lieu que pour 20 % de l'émission totale, limita le nombre des directeurs à 3 nommés pour 5 ans et la durée des censeurs à 2 ans ; en même temps la réserve métallique lut portée à 40 % de la valeur des billets émis; 30% de ce stock peut être constitué par des traites sur les places de Londres et de Berlin et depuis 1901 seulement, aussi sur les places de Bruxelles et de Paris.

Le monnaie nationale avait été créée par la loi du 22 avril 1867. Aujord'hui, d'après la loi de 1890, l'unité monétaire de la Roumanie est le leu or, c'est-à-dire qu'un kilogramme d'or à 9 dixièmes vaut 3.100 lei. Le pièce d'or sont de 20 et de 10 lei. Celles de 20 lei pèsent 9 grammes et 452 milligrammes. La tolérance du titre est de tôVo et ceUe du poids de To2oir en plus ou moins.

Les monnaies d'argent de 5 lei sont au titre de 900 d'argent fin, pour 100 d'alliage, celles de 1 et 2 lei et celles de 0.50 bani, au titre de 835 d'argent fin, pour 165 d'alliage. Le poids d'une pièce de 5 lei est de 25 grammes. Le pouvoir libératoire des monnaies d'argent est limité à 50 lei, celui des monnaies de bronze à 5 lei.

Le capital de la Banque avait été fixé à 30.000.000 de lei, dont 10.000.000 de lei, soit un tiers, devaient être souscrits par l'Etat et le reste par les particuliers. Le premier versement fut de 12.000.000 de lei seulement, et jusqu'à présent il n'y a pas eu besoin d'augmenter ce capital.

l'Etat a souscrit 8.000 actions à 500 fr., en valeur de 4.000.000 de lei.

Les opérations de la banque prospérèrent et le cours de s< îs actions atteignit bientôt 400 %; aussi, à la suite de la désastreuse année agricole et budgétaire 1899 l'Etat, empêché de contracter avant 1902 un nouvel emprunt par les stipulations de l'emprunt de 175.000.000 de fr.

vendit-il sa part dans le capital de la banque, et pour ses 8.000 actions, pour lesquelles il avait versé 4.000.000 de fr.. il réalisa 14.800.000 fr. Les nouvelles actions furent émises au cours de 1860 fr. En même temps, le privilège de la Banque fut prolongé jusqu'en 1920, mais l'Etat, à partir du I janvier 1913, recevra, au lieu des 20%, le 30% des bénéfices de la Banque ; c'est à cette occasion qu'on admit aussi comme stock métallique, les traites sur les places de Paris et de Bruxelles.

l'Etat ayant eu un déficit de 35.404.909 lei pour l'année 1899, avait encore besoin d'argent, et ce fut toujours la Banque Nationale qui lui avança 15.000.000 de fr., sans intérêts ni commission; l'Etat devait rembourser la somme sur le surplus de 622.000 Ir. encaissés en 1900, sur sa part de 20 % dans les bénéfices annuels de la banque et qu'on respectait pour ne pas déséquilibrer le budget. Le privilège de la banque fut de nouveau prolongé de 10 ans, ce qui le fait durer jusqu'au 31 décembre 1930. Par cette dernière convention il fut permis à la banque d'émettre des billets de 20 fr., dans la proportion de 30% de son émission totale.

La Banque Nationale est la première institution financière de la Roumanie. Grâce à son concours, l'Etat a pu traverser sans secousses profondes les grandes crises financières qui résultèrent des mauvaises récoltes agricoles de 1884, 1894, 1899 et 1904; elle lui fut également utile dans les émissions d'emprunts et pour acquitter à l'Etranger les coupons de la dette publique. La banque sut également venir en aide au commerce dans les moments critiques, et notamment, lors de la liquidation de l'ancienne grande maison de banque Chr. Zerlenty, en 1893, ainsi qu'en 1889, qui fut l'année la plus pénible pour le commerce roumain.

Grâce aux récoltes des années 1902 et 1903, et surtout 1905, la situation financière du pays entier et particuilèrement de la Banque Nationale, est pour longtemps assurée de la plus satisfaisante façon.

La banque a actuellement des succursales dans tout le pays; mais nous indiquerons la situation de cette institution par son bilan de 1906:

Le banque a actuellement en circulation pour 260.442.550 fr. de billets et une réserve métallique de 113.864.003 fr. Son bilan accuse comme moyenne de billets en circulation 239.002.801 fr. Elle possède comme capital 12.000.000 de fr.; un fonds de réserve de 22.697.129 fr. 63, et un fonds d'amortissement de 3.343.012 fr. 05.

Elle a réalisé un bénéfice brut de 7.921.811 fr. et net de 5.661.204 fr., dont 790.592 fr. constituent la part de l'Etat.

L'escompte, bien que la banque ait refusé pour 13.000.000 d'effets, lui a rapporté 2.047.185 fr.

Maison macédonienne à l'Exposition.

Le ministère des Affaires étrangères et le corps diplomatique et consulaire étranger de Bucarest. — Ce

ministère occupait auparavant des immeubles pris en location. Cette année, le gouvernement a fait l'acquisition du palais Stourdza, situé à l'entrée de la chaussée Kisselef,

et c'est là désormais que logera ce ministère. Le palais est tout récent, orné à l'extérieur avec des marbres de différentes nuances et contenant à l'intérieur de magnifiques salons; mais comme cette construction n'a pas été bâtie en vue d'un ministère, la disposition des salles pour les services qu'on y a distribués, laisse quelque peu à désirer.

La Roumanieentretient à l'étranger onze légations; ce sont celles d'Athènes, Belgrade, Berlin, Bruxelles, Constantinople, La Haye, Londres, Paris, St. Pétersbourg, Rome et Vienne ; deux agences diplomatiques et consulats généraux, à Sophia et au Caire ; trois consulats généraux, à Budapesth, Constantinople et Odessa ; puis 6 consulats: à Bitolia, Cernâutsi, lanina, Ismaïl, Roustchouk etSalonique.

Les représentants de la Roumanie ont le titre et le rang de ministres plénipotentiaires de

I -ère Classe, là OÙ la ROU- La maison de M. l'Inginieur inspecteur général s 1 C Mironesco. (Bd. Coltzei).

manie possède une légation, sauf Athènes et Belgrade; où ils n'ont que le titre de ministres plénipotentiaires de 2-e classe. Les agents diplomatiques de Sophia et du Caire ont le même rang qu'un ministre de 2-e classe.

A Bucarest, le ministère des Affaires étrangères se compose: du cabinet du ministre, de la division du personnel, protocole et chanchellerie des ordres royaux; de

la division des affaires politiques et du contentieux; delà direction de affaires commerciales et consulaires; de la division des fonds et de la comptabilité, du bureau des travaux spéciaux et de frontière, et des services des archives, de l'enregistrement et de l'expédition.

Allemagne <

Le corps diplomatique et consulaire était réprésenté à Bucarest, en 1906, par MM.:

S. Exc. M. de Kinderlen Waechter (Alfred), envoyé

extraordinaire et ministre plénipotentiaire M. de Verdy du Vernois, secrétaire de légation Le lieutenant Trierenberg, attaché Le lieutenant Krause (Max), attaché Le commandant d'état-major baron de Hammerstein

(Gesmond), attaché militaire M. Fiendel Karl, consul général

S. A. S. le prince de Schonburg-Hartenstein, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire M. le comte Szapâry (Laurent), conseiller de légation M. le baron Seidler (Frédéric- Jean), attaché de

Autriche- Hongrie

Belgique

Bolivie

Etats-Unis de

l'Amérique du Nord

M. le comte Khuen-Hedervary (Alexandre), attaché de légation

M. le lt.-colonel d'état-major Jordan Rozwadowski de Gross-Rozwadow, attaché militaire

Wodianer de Maglov, consul général

M. le Dr. Marsch (Eugène), délégué du ministère royal hongrois du Commerce

M. Riedel von Riedenstein, délégué

S. Exc. M. le baron Beyens (Eugène), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire M. Everts (Robert), 1-er secrétaire de légation M. Jaumotte (Oscar), consul

M. Pétréano (Saché), consul

S. Exc. M. Riddle (John-Walace), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire

M. Montgbmery Schnyler, 1-er secrétaire de légation

M. Bonshall (William Georges), vice-consul général

Espagne

M. Carysy Rivera (Joachim), consul

France

S. Exc. M. Bourgarel (Ernest-René- Joseph-Adrien) envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire

M: le vicomte de la Tour (Ernest- Jules-Henry ) secrétaire d'ambassade de 1-ère classe

M. Servin (Edmond), attaché d'ambassade

M. le capitaine d'artillerie de Thomasson, breveté d'état-major, attaché militaire

M. Chonat, vice-consul, chargé de la chancellerie

Grande- Bretagne

Italie

^ S. Exc. Sir Conyngham Greene (William), envoyé ; extraordinaire et ministre plénipotentiaire

\ S. A. S. le lt -colonel Duc de Teck, attaché militaire

v M. Schuler (Montgomery), consul général

S. Exc. M. le marquis de Beccaria-Incisa (Charles- Emmanuel), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire

M. le comte Arrivabene Valenti Gonzago (Carlo),

secrétaire de légation M. le capitaine d'état-major chevalier Zampolli (Isidore), attaché militaire

{S. Exc. M. le baron de Welderen (Guillaume-Bernard- Rénier), ministre résident M. Wolff (Erhardt). consul général

Perse

S. Exc. Mirza Ibrahim Khan de Gaffari (Moabened-Dovlé), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire

M. le comte de Monteforte (Antoine), secrétaire de légation

M. Gaffari Moussa Khan (Etebaes Saltaneh), 2-ème

secrétaire de légation M. Hassan Ali Khan de Gaffari, attaché de légation

( S. Exc. M. de Giers (Michel), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire Russie < ^* Solovieff (Georges), 1-er secrétaire de légation j M. de Demitrow (J.). 2-ème „ » »

I M. le lt. -colonel d'état-major de Zankiéwitch, agent { militaire

{S. Exc. M. Ristitsch (Michel), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire M. Stilokossitsch (Dobrisoï), secrétaire de légation

Suisse M. Staub (Jean), consul général

' S. Exc. Hussein Kiazim Be}^, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire Galib Kémaly Bey, premier secrétaire de légation Nefy Bey Aydinoglon, second „ » »

Turquie J Le colonel Hafiz Chebket Bey, premier attaché militaire

Le chef d'escadron Riza Bey, deuxième attaché militaire , Kiamil Bey, consul général

M. le colonel Hessapthchieff (Cristophore), agent

diplomatique M. Hamadjef (Ivan), 1-ère secrétaire Bulgarie <J M. Poulieff (Georges), 2-ème secrétaire M. Ghéorghefï (Michel)

Le commandant d'état-major Stancioff (Constantin), attaché militaire

Le ministère de la Justice. — Le ministère de la Justice occupe la maison qui fut anciennement la maison de M. Etinne Bellio. Plus tard on y installa la Régie des monopoles, puis le ministère. C'est une vieille maison, répondant mal aux exigences d'un ministère.

La loi pour l'organisation judiciaire date de 1865; elle a été complètement abrogée par la loi du 1-er septembre I890 et modifiée en 1891, 1892 et 1896. La justice du pays est confiée aux justices communales et de paix, aux tribunaux, cours d'appel, d'assises et de cassation. Cette année, on a introduit le contentieux administratif. Le code civil roumain est pris du code Napoléon; quant au code commercial il a été pris du code italien.

A Bucarest il y à 7 justices de paix, situées dans des quartiers différents, afin de répondreaux exigences des justiciables, sans qu'ils aient à se déplacer à de trop grandes dsi-

M. Al. Bàdàràu.

stances. Ces justices de paix ont leurs locaux propres — à part les justices du 6-e et 7-e arrondissements — entretenues par la commune.

Les autres instances sont toutes logées au palais de justice. Le palais de justice a été élevé en 1895. d'après les plans de l'architecte Balu, les travaux étant dirigés par M. l'architecte Miresco. Il a coûté 7.500.000 fr.

et si la façade principale, par suite de l'étroitessedu quai, manque un peu de perspective, et les façades latérales de décoration artistique la distribution de la lumière à l'intérieur et l'aménagement des salles sont des plus réussis.

Le palais a quatre façades; la façade principale est sur le quai et l'on prénètre dans le palais par trois vastes portes, auxquelles on accède par

un escalier de près de 50 mètres de largeur.

En pénétrant par la façade principale, on se truve dans la grande salle, d'où deux grandes escaliers en marbre gris conduisent à l'étage supérieur où sont les cours d'appel et de cassation. La décoration intérieure des salles de séances est fort luxueuse. Tout le palais est éclairé à l'électricité et pourvu de calorifères.

Les façades latérales ouvrent sur de larges corridors, conduisant aux diffé-

M. Atanasovici, avocat.

rents cabinets ou bureaux et d'où partent de nombreux escaliers qui mettent les trois étages ainsi que les sous-sols, en communication les uns avec les autres.

C'est par la façade de derrière, qui n'offre qu'une porte voûtée et grillée en contre-bas, que l'on introduit les détenus qui de là sont conduits, par des corridors souterrains, aux différentes chambres appelées à les juger.

Autrefois, c'est- à-dire avant la construction du palais de justice, les tribunaux de première instance, le notariat excepté, et les cabinets des juges d'instruction, étaient

Le Palais de Justice.

logés dans la vieille maison du colonel Maïcan, sur la place Valter Maracinéano.

Qui n'a vu de ses propres yeux ce misérable local, peut difficilement se faire une idée de l'état de vétusté et de saleté de l'ancien tribunal. La construction d'un palais spécial était une nécessité, qui avait déjà trop tardé à être remplie.

Sur cette même place, mais de l'autre côté, dans la

maison qu'occupe aujourd'hui le ministère de la Guerre, étaient la cour d'appel à droite, et la cour de cassation à gauche. La partie qui forme l'angle de la rue Brézoïano était occupée par le tribunal de notariat.

Quant à la cour d'assises, elle jugeait dans une construction, bâtie expressément à cet effet, située sur l'emplacement où s'élève maintenant la Caisse des dépôts. La façade toutefois était sur la rue Mihaï-Vodâ.

Le tribunal comprend 4 chambres civiles-correctionelles, 1 de notariat et 1 commerciale; la cour d'appel a trois sections, de même que la cour de cassation. La cour d'assises ne fonctionne que deux fois par an et chaque session dure environ quinze jours.

Les juges des cours de cassation et d'appel ainsi que les présidents de tribunaux sont inamovibles.

Toujours au palais se trouve le service anthropométrique, le bureau de l'architecte du palais, et un bureau de poste, télégraphe et téléphone; Un restaurant, et un bureau pour les machines à écrire, enfin les bureaux du corps des avocats.

Le barreau de Bucarest est certes un de ceux qui compte le plus d'avocats, par rapport aux habitants de la ville et la principale raison tient au fait que chacun faisant de la politique c'est le chemin le plus aisé pour se faire distinguer C'est pourquoi le barreau a fourni, en dehors de jurisconsultes éminents, tels que Bosiano, V. Boëresco, Costaforo, Vernesco, M. Cornéa, aujourd'hui dis. parus, et qui ont illustré d'une façon brillante le corps des

M. Atanasovici en robe

avocats, et parmi les vivants MM. G. Danielopol, B. Missir, V. Lascar, A. Antonesco, bâtonnier de l'ordre, etc., toute une série d'hommes politiques marquants, qui ont été tour à tour ministres ou chefs de parti, et qui se sont montrés remarquable, tant comme jurisconsultes que comme oratours et hommes politiques. C'est du barreau qu'ont fait ou font partie MM. M. Eugène Statesco, Titus Maïoresco, Take Ionesco, C. Dissesco, M. Pherekyde, et combien d'autres. En 1904, à la suite de longues discussions dans les corps législatifs, une loi a imposé aux avocats le port de la robe.

La justice militaire s'administre par le conseil de guerre, qui constitue la première instance, et le conseil de révision permanent, leurs jugements sont soumis à la censure de la cour de cassation.

Les instances religieuses sont constituées par le consistoire paroissial et le consistoire d'appel.

Les membres de l'enseignement sont jugés par une commission de trois professeurs universitaires ou deux professeurs universitaires et un conseiller à la cour d'appel.

Les fonctionnaires de la préfecture de police sont jugés, pour infraction à leurs devoirs, par une commission formée par le secrétaire général du ministère de l'Intérieur, un procureur général près la cour d'appel de Bucarest, et un membre de la haute Cour des comptes.

La juridiction des consulats n'existe plus depuis Tindépendance de la Roumanie et la loi ne reconnaît d'autres instances que celles de l'Etat.

L'institut médico-légal ne date que de 1892; il a été créé par le ministère de la Justice, qui a participé pour 50.000 IV., et la mairie qui a contribué pour 87.000 fr. aux frais de construction et d'installation. C'est au maire d'alors, M. Protopopesco Pake, qui a tant fait pour la capitale, ét à M. Alexandre Marghiloman, ministre de la Justice, à l'époque, qu'est due l'institution de cet établissement, moderne entre tous, par le lait surtout qu'il

fut le premier à réunir l'enseignement à l'exposition et à la conservation des cadavres. Le morgue est située sur le quai et elle est pourvule d'appareils frigorifères, de salles de conservation, salles d'autopsie, de photographie, laboratoire de microscopie, de chimie, de physiologie etc. ainsi que d'un vaste amphithéâtre où se fait la clinique médico-légale. L'institut possède encore un musée très instructif pour les élèves.

Le Ministère de la Guerre. — C'est incontestablement le plus important de tous les ministères, par son budget qui est de 44.549.399 fr. alors que le budget général de la Roumanie est de 236.989.238 fr. 80 c. — pour l'année 1906—1907.

L'armée a été organisée par la loi du 17 juin 1868, modifiée par les lois de 1872, 1874, 1876, 1877, 1882 et

Elle comprend quatre éléments distincts: l'armée permanente avec ses réserves, l'armée territoriale avec ses réserves, les milices et les masses.

Chaque habitant du pays de sexe masculin arrivé à l'âge de 21 ans est soumis au service militaire.

En aucun cas le service effectif sous les armes ne peut dépasser trois années pour h s troupes permanentes, quatre années pour la cavalerie territoriale, cinq années pou/ l'infanterie territoriale. La service territorial a été introduit comme une facilité pour les paysans, occupés et nécessaires aux travaux des champs, et qui, par cela même, préfèrent servir quatre et cinq ans dans les troupes territoriales plutôt que de faire trois années de service permanent.

Dans les milices sont compris les hommes de 40 à 46 ans révolus et dans les masses ceux de 37 à 46 ans.

M. le Général G. Manu.

Afin d'expérimenter si l'on peut réduire le terme de trois ans à deux ans, on a créé en 1904 un bataillon de chasseurs où le service n'est que de deux ans en permanence.

L'armée active permanente en temps de paix comprend un effectif de 66.120 hommes, dont 36.950 d'infanterie, 9.570 de cavallerie, 11.111 d'artillerie, 2846 du génie, 1932 de marine et 15.305 chevaux, divisée en quatre corps d'armée.

Le corps des officiers est de 5119 officiers. L'armée territoriale est de 90.000 hommes.

L'Etat-major du 2-me corps d'armée aux manœuvres.

La résidence des quatre corps d'armée est à Craïova, Bucarest, Galats et lassy.

Bucarest compte comme garnison 718 officiers et 11.877 hommes, auxquels il faut ajouter 3306 chevaux. Le local occupé par le ministère de la Guerre est situé sur la place Valter Mârâcinéano — nom d'un officier mort héroïquement pendant la guerre de 1877 — et fut pendant bien des années la demeure de la Justice, qui y avait ses

cours d'appel et de cassation; puis, une fois le palais de Justice achevé, on y transporta toutes les instances judiciaires de Bucarest — les justices de paix exceptées — el le ministère de la Guerre s'installa à la place de la Justice.

En dehors de l'administration centrale, le ministère de la Guerre compte à Bucarest parmi ses dépendances de nombreuses institutions qui occupent des locaux à part et qu'il importe de noter. Ce sont:

Le palais du commandement du Il-e corps d'armée, palais situé rue Stirbey-Vodà, et qui fut autrefois l'hôpital militaire. Après l'incendie qui le détruisit en 1887, on commença la construction du grand hôpital militaire Elisabeth,

Nouveaux conons à tir repide

et plus tard après avoir fait subir d'importantes réparations à l'ancien hôpital on en fit le siège du commandement du 2-e corps.

Un des plus vastes et des plus systématiques hôpitaux que possède Bucarest est V hôpital militaire, dénommé „Regina Elisabeta", comprenant six grands pavillons séparés pour malades, l'institut médico-militaire, le pavillon de l'administration, le pavillon de l'économat, celui des bains, celui de la compagnie sanitaire, la chapelle et le poste des pompiers, à côté de l'hôpital se trouvent la

remise et les écuries pour les ambulances du 2-e corps d'armée.

La surface occupée par l'hôpital est de 82.808 m. c. dont 9.317 m. par les constructions, le reste par les jardins; tous les corps de bâtiments sont éclairés à l'électricité, possèdent des installations de chauffage à la vapeur d'eau, des latrines systématiques à fosses mobiles et des ascenseurs. La ventilation se fait par appel forcé et aspiration simple.

L'hôpital est situé derrière la gare du Nord, à côté

Exercices d'infanterie.

de l'institut vétérinaire de l'armée et à côté des nouvelles casernes. Il a coûté plus de trois millions et est un des plus beaux d'Europe.

On n'y soigne que les malades militaires et de la garnison de Bucarest ; par exception et dans des cas graves on y admet parfois les militaires envoyés par les corps de troupes des autres garnisons. Actuellement on peut y interner 324 malades, mais ce nombre sera prochainement augmenté par la construction de nouveaux pavillons déjà projetés.

L'hôpital est placé sous la direction du médecin colonel Grégoire Petresco, qui est ('gaiement le directeur supérieur de l'institut médico-militaire et ne relève que du ministre de la Guerre.

Les six pavillons se classent en:

Pavillon des opérations chirurgicales du lieutenantcolonel Grozéano, avec les capitaines médecins Véréano et Butoïano pour seconds.

Pavillon des maladies internes du colonel Gh. Mihail, avec le médecin Manéa pour second.

Pavillon des maladies du nez, des yeux et des oreilles, du col. Gr. Petresco.

Les dorobantzi en tenue de campagne.

Pavillon des maladies vénériennes, du colonel Catopol, avec le lieutenant Constantinesco pour second.

Pavillon des officiers du colonel Mihaïl.

Pavillon des maladies contagieuses du lt.-col. Butzâ, avec le lieutenant Goresco pour second.

L'institut médico-militaire compte 35 élèves, qui sont recrutés parmi les étudiants de la Faculté de médecine, ayant au moins quatre inscriptions. Les élèves doivent contracter un engagement formel qui les oblige, après avoir obtenu le diplôme de docteurs en médecine et avoir été promus au grade de lieutenant médecin, à servir dans

l'armée pendant six ans. Jusqu'à l'obtention du diplôme ils habitent les chambres du second de l'institut et portent un uniforme spécial. Ils sont tenus de suivre tous les cours universitaires théoriques et pratiques, ainsi que ceux de médecine militaire professés à l'internat par des conférenciers. Les laboratoires de l'institut comprennent trois sections: une pour la vérification de tous les produits alimentaires ou vestimentaux fournis à l'armée; une biologique, occupant également deux salles, pour les différentes analyses et expertises médico-légales; la troisième enfin, occupant également deux salles, pour la bactériologie.

Le pavillon de la compagnie sanitaire renferme les dépôts pharmaceutiques, les logements et les salles de cours de la compagnie, le corps de garde et les locaux disciplinaires.

Les dortoirs occupent 4 vastes salles de 24 lits chaque. Les soldats sanitaires suivent des cours théoriques et pratiques enseignés par le médecin en chef du corps d'armée et les médecins de la compagnie4. Après un stage déterminé, ils passent au service de l'hôpital.

L'école d'officiers est située rue Tsvor. C'est là que les fils de militaires sont reçus de préférence aux fils de ceux qui

Exercices de gymnastique militaire

ne le sont pas, qui en outre payent une pension annuelle de 700 fr, tandis que les premiers en sont dispensés ; les cours y sont de trois ans et les élèves en sortent avec le grade de sous-lieutenant. Il y a 169 élèves, 15 professeurs militaires et 7 civils. L'école comprend deux sections, l'une de cavalerie et l'autre d'infanterie.

L'Ecole d'application pour officiers, située rue Grivitsa.

L'Ecole de guerre située rue I. Bratiano et occupant le local où logeait autrefois le corps des gendarmes à cheval ; elle compte 28 professeurs militaires, 3 professeurs civils et 38 officiers élèves.

Puis les casernes du génie — chaussée Bolintin — ;

Fantassins au repos.

des calarashi — chaussée Pandurilor — ; caserne St. Georges — rue Plevnei — ; caserne Alexandre Couza — rue du 13 Septembre; l'Arsenal rue 13 Septembre l): la prison Militaire rue 13 Septembre — ; caserne des chasseurs à pied — impasse Graurului — ; caserne des gendarmes à pied — rue Belvédère — le corps des gendarmes à pied est spécialement employé au service de l'ordre dans la capitale; à côté de cette caserne se trouve le poste central des pompiers, qui sont organisés militairement et font

!) A l'arsenal fonctionne une école pour former des mécaniciens militaires comptant 30 élèves.

partie de l'armée; du reste chaque commune verse au ministère de la Guerre une somme annuelle proportionnée à son importance pour l'entretien des pompiers. Bucarest verse 187.000 francs, il y a encore trois postes secondaires dont nous avons parlé à propos des pompiers.

La caserne des Dorobants— rue des Francs-maçons— ; l'escadron du train — chaussée Pandourilor — le dépôt de fourrage, l'atelier de confections et la pyrotechnie de l'armée, tous trois chaussée Bolintin — ; la caserne des gendarmes à cheval, rue Plevnei; sur la même rue se trouve la manutention de l'armée. . .

Le cimetière militaire, situé à côté du grand cimetière Bellio, chaussée Sherban-Vodâ.

La Roumanie possède aussi une marine de guerre,

Hôpital militaire.

très modeste il est vrai, mais toute jeune et qui n'a pas encore eu le temps de grandir et de se fortifier; du reste la Roumanie; ne possède la Dobroudja et n'a directement accès à la mer que depuis 1878 et sa marine est plutôt fluviale.

La marine de guerre comprend deux divisions; la division de mer composée d'un croiseur, un brick, une ca-

nonnière et 2 torpilleurs. La division du Danube compte 2 bâtiments, 2 canonnières, un torpilleur et une chaloupe. De nouveaux bâtiments sont en construction.

Le ministère de la Guerre a, de même que les puissances étrangères, son parc aérostatique, mais sans ballon dirigeable.

Il y a quelques 75 ans l'armée roumaine prenait naissance à la suite du traité d'Adrianople. Elle était placée sous les ordres du grand „spatar" et se composait de trois régiments d'infanterie et de six escadrons de cavalerie. Il fallut au comte Kisselef, organisateur et administrateur admirable, auquel la Roumanie doit une profonde reconnaissance, quatre années d'efforts pour discipliner l'armée et lui permettre de prendre rang parmi les armées régu-

Soldats d'infanterie bicyclistes

Hères. Le premier but de cette armée était la garde des frontières, le service des garnisons, de la police, du cordon sanitaire, mais de nouvelles lois vinrent peu à peu lui donner une mission plus grande. Les premiers drapeaux furent distribués en 1834 par le prince Alexandre Ghica qui se constitua un état major réglé par la loi de 1839 Le budget annuel de la suite militaire du prince était de 171.360 lei anciens, soit environ 60.000 francs.

En 1856 le prince Bibesco arma 3 chaloupes canon-

nières auquelles il ajouta un garde-côtes en 1850; ce fut l'embryon de notre flotille; le budget de la marine (fluviale) était à l'époque de 30.000 francs.

En 1847 le même prince fonda l'école des cadets, qui comptait 16 élèves, mais qui, après les événements de 1848, devint l'Ecole militaire, qui subsiste encore aujourd'hui. Le nombre des élèves fut d'abord de 30, porté ensuite en 1851 à 45; les études y duraient 4 ans et le budget de l'école était de 45.000 fr. L'armée comptait en tout 12.7.13 hommes, officiers y compris. Quels progrès réalisés en ces 75 ans et que de gloire acquise!

Le ministère des Travaux publics. — Ce ministère est situé dans la rue Amzei; il est installé dans une maison particulière, répondant fort peu aux nécessités des différents services; aussi la construction d'un local propre a-t-elle été décidée, et les travaux pour ce nouvel édifice* bâti d'après les plans de l'architecte Mincou dans le style roumain, ont commencé cet automne ; l'emplacement a été choisi sur le boulevard Elisabeth, en face du beau jardin du Cismegiu.

Le budget du ministère des Travaux publics est de 7.210.000 fr. dans lequel n'entre pas le budget séparé des Chemins de fer, du Service maritime et du service fluvial bien que ces directorats dépendent de ce ministère.

L'école des ponts et chaussées relève toujours à ce ministère, ainsi que l'école de Bistritsa, institutions dont nous parlerons plus loin.

En dehors de l'école, la surveillance, l'entretien et la construction des voies de communication de l'Etat et des accessoires de ces voies, tels que ponts, digues, cantons, etc., le ministère a également la direction des docks de Constantsa, Galats et Braïla, des différents ports du pays, et l'exploitation de l'alimentation de la ville de Soulina en eau potable.

Un conseil technique supérieur attaché au ministère se prononce sur les travaux d'utilité générale que veulent

entreprendre les administrations publiques et qui ne peuvent être exécutés sans son approbation.

Le ministère subventionne aussi les communes urbaines qui, en échange, sont obligées d'entretenir les parties des routes nationales traversant leur territoire.

Les Chemins de fer roumains. — La première ligne construite en Roumanie fut celle de Bucarest-Giurgiu — 69 klm. 822 mètres — dont une société anglaise entreprit l'exécution pour le compte de l'Etat. La ligne fut livrée à la circulation en 1869 et coûta 14.306.488 fr.

La ligne partait de la gare Filaret.

Une gare minuscule presque hors la ville à cette époque, juchée au faite d'une petite colline sur la rive droite. C'était la tête de la ligne Bucarest-Giurgévo, la seule ligne de Roumanie en 1869, mais qui mettait Bucarest en relations directes avec l'Europe occidentale.

Quand nous disons „en relations directes" nous exagérons un peu, car il fallait d'abord faire le voyage du centre jusqu'à la gare à travers des rues cahoteuses, poussiéreuses en été. boueuses en hiver, misérables, de la rivière jusqu'à la métropole, désertes au de là, puis on devait grimper e chemin raide qui se détache de la ( haussée, en face de l'usine à gaz pour réjoindre la gare. On montait dans le train et cahin-caha, en deux heures et demie, on faisait sans se presser le trajet jusqu'à Giurgévo.

Là, on montait en voiture, et, par une route impossible', sous le vent, sous la pluie, dans la boue ou dans d'épais nuages de poussière, selon la saison, on se ren-

«m. nnÉir

M Miclescu Emil S.

Directeur général de C. F.

dait à Smârda où attendait le bateau à vapeur qui remontait le Danube à petites journées et en deux jours et demi vous déposait à Baziash, où Ton trouvait — si l'on n'avait pas trop tardé en route — le train pour Budapesth et Vienne.

Beaucoup de contemporains se rappellent encore les heureuses journées, les belles soirées passées sur Y Orien t, où toute l'élite de la société roumaine se retrouvait, et ils n'ont pas oublié non plus l'affreuse hôtellerie de Baziash où l'on devait passer deux jours lorsque le bateau avait perdu la coïncidence avec le train.

On mettait alors cinq jours pour aller à Paris.

La Roumanie crut ensuite plus avantageux de laisser les entreprises particulières affecter les capitaux nécessaires à la construction de voies ferrées et elle leur garantit simplement un minimum de bénéfices. Ce fut dans ces conditions qu'une société autrichienne, sous la direction d'Oppenheim, exécuta les lignes de Roman-Bourdoujéni, Pashcani- Iassy et Vereshti-Botoshani, livrées à la circulation en 1870 et 1871. L'Etat servait à la société un intérêt de 7 72% à raison de 230.000 fr. le kilomètre; il y avait en tout 222 klm. 311 mètres.

En 1872, la gare du Nord fut terminée et une autre voie fut ouverte aux habitants de Bucarest qui se rendaient à Vienne ou à Paris. Cette voie n'était pas plus courte que la première, mais présentait moins d'inconvénients, e'ctait la voie par la Moldavie, Roman-Pashcani-Cracovie- Lcmberg- Vienne.

Enfin, en 1875, fut livrée à la circulation la ligne Bucarest-Craïova-Verciorova-Budapesth- Vienne. Notre capitale n'était plus qu'à 26 heures de Vienne et à 52 heures de Paris.

Une autre société exécuta encore une autre partie du réseau, mais ce système étant très onéreux pour le pays, le gouvernement se convainquit de la nécessité qu'il y avait a racheter les chemins de fer. Les Opérations du

rachat, la plus importante opération financière qu'ait faite la Roumanie, commença en 1880, par l'émission d'obligations 6°/o qui remplacèrent les actions de la société.

La société en retira un bénéfice de 26.482.000 fr. En 1888 la commission de contrôle constata que la société d'Oppenheim administrait d'une manière insuffisante et elle séquestra les lignes. Une convention votée par le Parlement en 1899 a fait p>asser ces lignes sous l'administration du directorat des Chemins de fer de l'Etat, en échange d'une somme de 3.865.000 fr. par an, que l'Etat s'oblige à payer à la société jusqu'à la fin de la concession.

Depuis, toutes les lignes construites ont été exécutées par l'Etat.

Il y a actuellement en exploitation une longueur de 3.180 kilomètres appartenant à l'Etat et 100 kilomètres de lignes d'intérêt particulier.

Les Chemins de fer disposent de 338 stations, 537 locomotives, 1.019 vagons de voyageurs, 106 de postes et 12.281 à marchandises. Le personnel employé dans cette vaste administration est de 21.000 personnes, fonctionnaires techniques, administratifs, et ouvriers, auxquels on alloue annuellement plus de 23.000.000 de fr. Les lignes de l'Etat représentent un capital nominal de 888.500.000 fr.

Le réseau des chemins de fer roumains est aujourd'hui de 3.179 kilomètres, donnant un revenu brut de 55.634.509 fr. Comme les frais d'exploitation s'élèvent à 34.485.894 fr., l'excédent d'exploitation est de 21 .168.615 fr., ce qui, pour un revenu brut de 17.624 fr. par kilomètre, donne un excédent de 6.697 fr. par km.

La statistique du trafic nous fournit les chiffres suivants pour 1905/1906:

Voyageurs: 1"cre classe 235.422

Total . . . 6.590.824

À la gare du Nord le nombre des voyageurs a été de 699.621, dont 14.622 voyageant directement et 38.928 militaires. A la gare de Filaret, il a été de 54.646, dont 2.524 voyageant directement et 2.197 militaires. A la gare de Dealu-Spirei il a été de 4.221, dont 301 militaires.

C'est donc un mouvement annuel de 742.770 voyageurs pour les gares de Bucarest, ce qui nous donne un peu moins de 62.000 par mois et à peu près 2.060 par jour.

C'est à la gare du Nord que sont réunis tous les ser vices des chemins de fer de l'Etat Roumain:

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