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Service des ponts

11. Exploitation des docks et entrepôts de Galats et de Braïla.

La gare du Nord, située au bout de l'ancienne calea Târgoviçte, véritable route nationale jusqu'en 1873, donne à cette voie, devenue la calea Grivitsa, une grande animation. C'est de là que partent aujourd'hui tous les voyageurs de Bucarest pour Piteshti-Craïova-Verciorova, pour Ploeshti-Sinaïa-Prédéal, pour Calarashi-Constantsa, pour Buzeu-Braïla-Galatsi, pour Focshani-Bêrlad-Iassy, pour Focshani-Bacau-Roman-Burdoujéni, et même pour Giurgévo- Sophia, car la gare de Filaret est reliée aujourd'hui à la gare du Nord et dessert Cotrocéni et Dealu-Spirei.

C'est également à la gare du Nord que se trouvent l'école pour la préparation du service d'exploitation; l'école frœbélienne, le magasin coopératif de consommation pour les employés et les agents des chemins de fer, l'imprimerie, les moteurs pour l'éclairage électrique de la gare ainsi que le chargement des accumulateurs employés dans les

trains, ainsi que pour l'éclairage des wagons et les ateliers de construction et de réparation.

Ces ateliers, dont un partie vient d'être installée dans des bâtiments neufs construits en dehors de la gare vers Bucuresti-Xoui, occupent 11700 ouvries (parmi lesquels 641 étrangers) dont les salaires s'élèvent à 6.705.000 fr.

Voici la liste des directeurs généraux des chemins de fer de l'Etat roumain depuis 1883

M. G. C. Cantacuzène, directeur général de 1883 à 1888; M. E. Miclesco, sous-directeur.

M. G. Douca, directeur général de 1888 à 1895; M. E. Miclesco, sous-directeur.

M. A. Saligny, directeur général de 1895 à 1899; M. E. Miclesco, sous- directeur.

M. E. Miclesco, directeur général depuis 1899; M. Romnicéano, sous- directeur.

En 1905, le personnel supérieur des chemins de fer est ainsi composé:

M. Th. Dragou, chef des ateliers et de la traction.

„ E. Balaban, chef du service commercial.

„ Al. Maresh, chef de l'exploitation.

„ Se. Ottolesco, chef du service des travaux neufs.

„ H. Marin, chef de Véconomat.

„ O. Catargi, chef du secrétariat et du personnel.

„ N. Brézéano, chef du contentieux.

„ P. Zahariady, chef du service D.

„ St. Ionesco, chef de la comptabilité.

Près le directorat général des Chemins de fer roumains fonctionnent les docks de Braïla et de Galats, vastes établissements pourvus de silos, pour l'emmagasi-

l) Les chemins de fer de Roumanie n'ont été rachetés par l'Etat qu'en 1883. Avant cette époque, c'est-à-dire de 1876 à 1883, il y avait des directeurs royaux: MM. Gerber, Manéga et Guillaume, de 1876 à 77; MM. Charlier, Oftermann et Bolenius en 1878 ; MM. Seebold et Manéga en 1879; MM. St. Falcoyano et Eug. Statesco, avec M. C. Olânesco, comme sous-directeur, en 1880; MM. St. Falcoyano, E. Statesco et J. Kalindéro, en 1881 et 1882, également avec M. C. Olânesco comme sous-directeur.

nement et la manipulation des céréales déstinées à l'exportation, ainsi que des magasins pour l'entrepôt des marchandises d'importation.

Une autre série de docks se trouvent en voie de construction, dans le nouveau port de Constantsa, où fonctionnent déjà de grands réservoirs à pétrole, toujours déstinés à l'exportation et dont on est déjà obligé d'augmenter le nombre, par suite de la grande extension prise par l'industrie du pétrole.

Les docks de Galats et Braïla disposent, dans leurs magasins à silos, d'une capacité de 25.000 tonnes chacun; ils sont desservis par des élévateurs mobiles, se mouvant le long du quai et à l'aide desquels on charge les céréales dans les bateaux et les chalands dans les silos. Les magasins d'entrepôt pour les marchandises ont des grues fixes et à vapeur.

A Galats il y a encore deux docks flottants pour radouber les bateaux, d'une force de 2.400 tonnes. La construction et l'installation des docks de Galats et de Braïla ont coûté 23.000.000 francs.

Bucarest dans son rayon comprend trois gares et une halte:

La gare du Nord est le point de départ de toutes les lignes du pays, et elle est reliée aux trois autres stations ; c'est a la gare principale que se trouvent également l'administration centrale et les ateliers; la construction est vieille et incommode; elle ne répond plus aux nécessités actuelles, malgré les ailes qu'on y a ajoutées. Chaque année on y fait des travaux d'agrandissements et un jour viendra où l'on sera bien forc é de construire la gare centrale, dont les plans sont dressés et l'emplacement réservé — on a même effectué les expropriations nécessaires — mais que des considérations de dépenses ont empêché jusqu'à présent de réaliser, ce qui lait qu'une grande partie des services occupe des maisons particulières où la distribution est incommode et dont les loyers sont fort ehers.

A cette gare partent et arrivent quotidiennement 52 trains de voyageurs, deux toutefois — l'Orient-express ne circule que deux fois par semaine.

La gare de Filaret, la première gare qui fut construite en Roumanie et qui ne dessert que la ligne Bucarest- GiurgiiL est reliée à la gare du Nord et les trains de voyageurs suivent la ligne de raccordement.

La gare de l'Obor vient à peine detre achevée; elle est située à l'extrémité de la calea Moshilor et répond aux besoins du commerce très actif qui s'exerce sur ce point, en même temps qu'elle doit être le point de départ de la ligne déjà décidée: Bucarest-Oltenitsa.

La halte de Cotrocéni est située en face du palais de Cotrocéni, sur la ligne de raccordement qui joint la gare du Nord à la gare de Filaret et ne sert plutôt qu'à la famille royale.

En 1906 il y a eu un trafic de 653.403 passagers. Le budget des Chemins de fer prévoyait pour l'exercice financier 1906—1907:

Dépenses Revenus

Eploitation des Chemins de fer 37.585.316,75 58.688.931

„ de l'usine pour le créosotnge

des traverses 615.937,25 —

Exploitation des docks 870.7»8 1.470.000

Excédent .... 21.086.889 Déduction de 1 °/b pour le fonds de réserves . . 586.889

Déduction du crédit pour la continuation des travaux de la ligne Galats-Berlad 1.000.000

Revenu net peur le Trésor 19.500.000

Ces prévisions budgétaires ont été de beaucoup surpassées par les encaissements, ainsi qu'il en a été pour la plupart des revenus de l'Etat et d'une manière continue et progressive durant ces derniers exercices financiers, ce qui tendrait à prouver une plus grande consommation de la part des masses, ainsi qu'une participation plus active

de sa part à la vie sociale, d'où excédents de revenus et revendications sociales.

Le Service Maritime. — Il faut encore mentionner, parmi les importants moyens de communication appartenant à l'Etat roumain, le Service Maritime roumain, qui dispose aujourd'hui de 9 grands bateaux d'une force de 30.000 chevaux-vapeur, dont 5 bateaux de marchandises, 4 de voyageurs et marchandises et deux autres bateaux

servent de bâtiments de servitude. Le coût des bateaux de ce service s'élève à 16.000.000 de francs.

La ligne orientale Constantsa- Constantinople a transporté en 1905-1906, 32.000 personnes et 20.000 tonnes de marchandises; la ligne occidentale, Braïla-Rotterdam, destinée exclusivement au transport des marchandises, a transporté, la même année, dans les deux directions, une quantité de 153.000 tonnes.

Le Service Maritime roumain est installé dans une coquette maison de style roumain, située rue Sculpturei.

Ce service a été créé en 1895 et il était alors rattaché au directorat général de la Kégie des monopoles de l'Etat. La loi du 3 mai 1896 le fît passer sous l'administration du directorat général des Chemins de fer de l'Etat. M. ( )ottescou fut alors nommé directeur général du Service Maritime, et M. le capitaine de frégate Coanda sous-directeur. Ce dernier fut nommé directeur général en I897.

En \906, le Service Maritime cessa de dépendre du au directorat général des Chemins de fer et il fut rat-

M. Coanda loan.

Directeui du Service Maritime

taché au ministère des Travaux publics dont il constitue une direction absolument indépendante sous le contrôle direct du ministre.

En 10 ans, le Service Maritime roumain a pris un grand développement.

Il dessert régulièrement, une fois par semaine, Smyrne, avec escale à Mitylène, et Alexandrie (Egypte) et, une fois par semaine, Le Pirée (depuis le conflit avec la Grèce, ce service a été suspendu). Deux fois par semaine, ses vapeurs font le service entre le port de Constantsa et Constantinople.

En dehors de ces lignes, le Service Maritime roumain possède encore une autre ligne, dite Ligne Occidentale, qui dessert les ports du Danube et ceux de Constantsa, Liverpool, Rotterdam, etc.

Le trafic des voyageurs, insignifiant au début, est aujourd'hui de 15.000 par an, et la quantité annuelle de marchandises transportées s'élève à 13.800 tonnes.

Les vapeurs express de la ligne Constantsa-Constantinople-Smyrne- Alexandrie, — qui est en relation avec TOrient-express sont: le Principesa Maria, le Regele Carol, le Roumania, le IJacia et le Imperatorul Traian.

Tous ces bâtiments sont très luxueusement aménagés et présentent tout le confort moderne. Ils sont éclairés à la lumière électrique et pourvus d'appareils de télégraphie sans fil.

De Bucarest à Constantsa le trajet, par le pont sur le Danube, est de 6 heures; de Constantsa à Constanti-

nople les bateaux du Service Maritime roumain ne mettent que 12 heures. Comme les voyageurs de Londres, de Paris, de Berlin et de Viene sont conduits à Constantsa directement jusqu'au port où ils s'embarquent aussitôt, la ligne roumaine est la plus rapide, la plus confortable et, en même temps la moins coûteuse pour les voyageurs

occidentaux qui veulent aller à Constantinople ou en Egypte.

Les cargoboats de la ligne occidentale sont le Bucuresti, le Dobrogea, le lassi, le Constantsa et le TurnuSeverin.

Sur le Danube, Le Dobrogea. l'Etat entretient, poul-

ies courses des personnes et le transports des marchandises, un servicespécial de navigation fluviale, comptant 23 bateaux, d'une force de 9.000 chevaux-vapeur.

L'École des Ponts et Chaussées. — Cette école est située dans la calea Grivitza, un peu avant d'arriver à la gare du Nord, au coin de la rue Polyso, à main droite, où se trouve l'Ecole des Arts et Métiers, construite dans le même style mais de proportions plus vastes. Ce sont des constructions récentes, en briques apparentes, avec ornements en majolique, d'un style sobre et sévère.

L'école comprend deux années de coin s préparatoires, où l'on n'est admis que par concours et où Ton ne reçoit qu'un nombre déterminé d'élèves.

Les cours proprement dits durent M- Mironesco c. Nicoiae. quatre ans <it vous confèrent le même titre que les écoles

similaires de l'étranger. Du reste, le programme est le même et les études très sérieuses. Chaque année, pendant 4 mois, les élèves font de îa pratique sur le terrain. l'Etat entretient 69 boursiers qui, à leur sortie de l'école, servent dans l'administration, en qualité d'ingénieurs, pendant un temps équivalent et ils remboursent à l'Etat les frais de leur entretien à l'école. En dehors des boursiers, il y a également un certain nombre d'élèves externes; tous ces élèves reçoivent une instruction militaire et passent à leur sortie, comme sous-lieutenant du génie, dans les cadres de la réserve.

Le directeur actuel de l'école est M. l'ingénieur C. Mironesco qui la dirige depuis 1902 et y professe en même temps un cours.

Le Ministère des Cultes et de l'Instruction publique et ses annexes. — Le local actuel du ministère est de construction récente, il a été bâti en 1891 d'après les plans de l'achitecte E. Blanc, dans le style roumain et a coûté 500.000 fr. La façade et l'entrée sont sur la rue des Diaconesses. Bien que le bâtiment soit grand, une partie des services n'a pu y trouver place et occupe des maisons particulières, louées, à cet effet, par le ministère.

Les principaux services sont ceux: de l'enseignement primaire et normal primaire, public et privé; de l'enseignement profesionnel et normal profesionnel public et privé ; m. Mkhaii viâdesco. de l'enseignement secondaire public

et privé, des séminaires, de l'enseignement supérieur et des institutions de culture. En dehors de ses écoles et institutions de culture, le ministère subventionne la caisse des écoles (784.000 fr.). la caisse des arts (1.140.000 fr.), la caisse -des églises (5.500.00U fr.), l'école supérieure des sciences d'Etat

(10.000 fr.), l'Académie roumaine (65.000 fr.), les écoles et institutions de culture particulières (36.000 fr.) ; les églises et séminaires roumains à l'étranger (780.000 fr.) ; l'institution des sœurs de charité (200.000 fr.).

Le budget du ministère pour l'année 1906 est de 27.771.108 fr.

Le corps profesoral compte 12.180 professeurs, instituteurs et maîtres; Bucarest possède 84 instituteurs, 161 institutrices et 116 professeurs.

Les écoles primaires sont au nombre de 31 pour garçons. 28 pour filles, 8 mixtes et 2 rurales.

Le local des écoles primaires et leur entretien re-

Les écoles secondaires comptent, pour les garçons: 4 lycées, 2 gymnases, 2 séminaires, 2 écoles de commerce, 1 école d'arts et métiers, fréquentées par 4.172 élèves; il faut y ajouter l'école pour l'éducation du peuple roumain qui a 164 élèves.

Pour les filles: 4 écoles professionnelles, 3 secondaires, 1 normale et 2 de ménage avec I.793 élèves.

garde la commune, qui prévoit annuellement dans son budget une somme de 112.390 fr. à cet effet.

Elle sont fréquentées par 22. 1 98 élèves, qui se repartissent ainsi:

9.139 garçons et 7.676 filles de nationalité roumaine, 2.857 garçons et 2.523 filles de nationalité étrangère.

L'enseignement privé compte 23 écoles primaires de garçons, 23 de filles et 2 écoles mixtes, ayant toutes ensemble 3.709 élèves.

M. C. Dissesco.

Il y a entre 12 écoles-jardins — système frœbélien — avec 405 enfants et deux asiles congréganistes avec 35 enfants.

L'enseignement supérieur est donné à 2.774 étudiants et 341 étudiantes roumains, 310 étudiants étrangers.

Il y a 28 écoles secondaires privées, 4 écoles militaires, une école des ponts et chaussées, avec 69 élèves et un conservatoire de musique et déclamation fréquenté par 978 filles dont 633 roumains et 137 étrangers.

L'enseignement est à peu près gratuit, les taxes étant très minimes et les dispenses s'accordant très aisément, le principe constitutionnel est la gratuité de l'enseignement.

Une statistique intéressante fait ressortir la proportion des élèves en rapport avec la profession des parents:

Profession des parents

Garçons

Filles

Fonctionnaires . .

Commerçants . .

Ecclésiastiques .

Propriétaires . .

Militaires ...

Industriels ....

Ouvriers ....

Orphelins ....

En dehors de l'enseignement public dirigé par l'état et que les exigences du budget empêchent de prendre le déve- BT loppement nécessaire, aussi rapidement que l'intérêt général le réclame, l'initiative privée, par ses nombreuses institutions de culture, sous le contrôle de l'Etat, s'efforce de répondre aux besoins de l'instruction et les fondations de culture intellectuelle instituées par de généreux donateurs viennent offrir gratuitement à la jeunesse studieuse les moyens de s'instruire. La plus belle de toutes ces fondations est sans contredit la fondation „Carol I" dont S. M. le roi de Rou-

manie, pour commémorer en 1891 ses 25 années de règne, fit don à l'Etat. Le but de cette institution est de créer et entretenir une bibliothèque avec ses salles de lecture, à l'usage des étudiants de toutes les Facultés du pays; de venir en aide aux étudiants qui veulent imprimer des ouvrages spéciaux et des thèses de licence ; d'accorder des subventions aux étudiants pauvres et méritants. Sa Ma-

Le ministère des Cultes et de l'Instruction publique.

jesté le Roi a '.''doté son institution d'un capital de 200.000 IV., et de nombreuses donations particulières ont par la suite augmenté ce capital et assuré le plus bel avenir à cette noble institution. Aujourd'hui elle possède un avoir propre de 799.913 IV. et un revenu de 51.100 que ses dépenses absorbent. Elle compte 15.240 volumes, et 66.679 lecteurs l'ont fréquentée en L906.

Notons encore la bibliothèque scolaire [. Y. Socec,

fondée en 1906 par les fils Socec, à l'occasion des letes du jubilé et en mémoire de leur père V. Socec, un des principaux commerçants de son époque et dont les fils Jean et Emile continuent aujourd'hui de diriger la très importante maison de librairie et d'arts graphiques. Cette bibliothèque est installée rue Biserica Enei.

Bien que l'instruction ait fait de notables progrès,

Les petits „Dorobantsi"

le nombre de ceux qui savent lire et écrire est très restreint; la Roumanie sous ce rapport occupe un rang très inférieur à celui des autres nations de l'Europe et la cause principale vient du petit nombre d'enfants, garçons et filles, qui fréquentent l'école, surtout dans les campagnes. En 1901 — 1902 le nombre des enfants en âge d'aller à l'école était de 728.093 dont 389.777 garçons et 338.316 filles. Sur ce nombre n'ont suivi l'école que 162.229 garçons soit 417.» et 34.232 filles soit 10%», aussi au recensement de la population en 1896 trouva-t-on 82.67%) qui ne savaient ni lire ni écrire. En 1897 seulement 32.4%» des hommes qui se marièrent savaient signer et 6.4% des lem-

mes. Aux recensements de 1900—1904 on obtint une moyenne de 31 % qui savaient lire et écrire. Les principales raisons de ce peu d'élèves sont dues au manque d'écoles rurales et de locaux, ce qui met les enfants dans la nécessité de parcourir surtout l'hiver plusieurs kilomètres de leur hameau jusqu'à l'école, et l'insouciance des parents qui ne sont pas encore à même de comprendre les bienfaits et les avantages de l'instruction.

L'enseignement primaire est cependant, conformément

à la loi du 23 mars 1893, obligatoire pour les enfants de 7 à 14 ans. Les parents sont libres d'envoyer leurs enfants dans des institutions particulières, mais dans ce cas, selon la loi de 1896, ces enfants sont obligés, à la fin de l'année, de passer un examen devant une commission de professeurs désignée par le ministère. La durée des études dans les écoles primaires ayant des cours complets est de 4 ans, dans les autres elle est de 5 années. En général chaque école compte un instituteur jusqu'à un nombre de 80, 2 pour 80—140, 23 pour 140— 200 et 4 pour 200 260.

La loi prévoit en outre la création d'ateliers pour renseignement des travaux manuels.

Les villes et les communes rurales ont la faculté de créer des écoles d'adultes à leurs Irais.

L'école centrale dicoana.

D'après la Constitution, l'enseignement primaire est obligatoire et gratuit.

L'enseignement secondaire et supérieur comprend les lycées et les gymnases pour les garçons et pour les filles, les écoles secondaires de 1-er et de 2-e degré; enfin les Universités et les instituts qui leur sont attachés et que peuvent fréquenter étudiants et étudiantes. Les lycées ont 8 classes, les gymnases 4, correspondant aux 4 premières classes des lycées. Dans les écoles secondaires du 1-er degr laé durée des cours est de 5 années, dans celles du 2-e degré de 4 années.

Les diplômes de fin d'études de. ces écoles sont équivalents aux diplômes des lycées. Quant au baccalauréat, il a été supprimé en 1898.

Il est intéressant de jeter un coup d'œil rétrospectif sur le développement de l'enseignement à Bucarest, afin de mieux saisir les progrès réalisés dans cette direction et de se rendre compte que si l'état actuel n'est pas encore satisfaisant, l'amélioration est cependant prodigieuse et l'on peut envisager l'avenir avec confiance.

Déjà au 16-e siècle on peut dire qu'il y avait des écoles en Roumanie, bien que ce ne fussent pas des écoles régulières, mais bien plutôt des enseignements donnés dans les cloîtres et les églises par les prêtres, qui apprenaient aux enfants à lire et à écrire, tout juste ce qu'il fallait pour comprendre et servir la messe. Ces maîtres primitifs — dascali — enseignaient la langue religieuse slave.

La première école régulière de Bucarest fut une école grecque, créée au XVII-e siècle par le prince Sherban Cantacuzène. Cette école é'tait rattachée un monastère Sf. Sava (situé près de Coltsa, là où sont aujourd'hui les jardins des boulevard de l'Académie). Le prince C. Mavrocordato fit évacuer le monastère par les moines, qui durent se retirer au monastère de Vacareshti. Il y avait une autre école slavone rattachée à l'église de Sf. Ghtorghe ; on y enseignait les lettres et la philosophie.

Au XVIII-e siècle, deux autres écoles se fondèrent: l'une près de l'église Udricani, et l'autre près de l'église Coltsea, on y enseignait le slavon et la roumain.

Au début du XlX-e siècle les écoles commencent à jouer un rôle plus important. Les princes phanariotes avaient appelé à Bucarest d'illustres professeurs: Lambru, Comita, Vardalah, Neofît, qui enseignaient surtout la grammaire et la philosophie aux fils des boyards. Bucarest devint alors un centre de culture grecque.

Le professeur Chiosca, à Udricani, dans la cour de 1 église, apprenait le roumain à ses élèves. Lorsqu'il pleuvait, toute la classe se réfugiait sous la porche de l'église, dans le clocher ou dans la chambre du sacristain. C'est là qu'apprirent le roumain: le logophète St. Grécéano, les Vacaresco, Anton Pan, P. Nanesco, N. Alexandresco, E. Potéca, Paris Momuléano, I. Héliade, Marin Serghiesco, etc.

Ces écoles primitives étaient en quelque sorte des petits séminaires. Il en sortait des prêtres et des chantres.

La véritable école fut celle de Sf. Sava, créée en 1817 par Gheorghe Lazar, Roumain de Transylvanie, qui apporta à Bucarest un enseignement nouveau, un esprit nouveau, cet amour de la patrie roumaine qui enflammait les cœurs de nos frères de Transylvanie et qu'il infusa aux jeunes générations de ce côté des Carpathes. G. Lazar fut surtout un grand professeur de nationalisme et à ce titre il a eu une influence prépondérante dans la renaissance de la Roumanie.

Il eut pour successeur comme directeur du collège Sf. Sava, I. Héliade-Radulesco, qui continua son enseignement. Mais le collège fut fermé en 1828, quand les Russes occupaient la ville, et transformé partie en hôpital et partie en caserne.

En 1830, Line école est ouverte dans le I [an Serban- Voda. Le français Vaillant en ouvre un autre près de l'église Stavropoleos, et sa femme M-me Vaillant ouvre un pensionnat de jeune filles; il y avait encore un pensionnat

de demoiselles, tenu par M-lles Combes et de Bonnay; ce fut le commencement de l'influence française.

En 1831, l'école de Sherban-Voda est transférée dans les vieux bâtiment de Sf. Sava que la curatelle des écoles, composée de Al. Filipesco, Vitzu, Balacéano et Barbou Styrbey, ont fait réparer.

En 1832, un internat est créé à Sf. Sava, qui eut bientôt 1300 élèves, dont 300 suivaient les cours de l'école centrale ou les humanités.

En 1847, le prince D. Bibesco réorganisa les écoles et créa un pensionnat pour les filles.

Cette mesure mit hors l'école une quantité de jeunes gens, issus de la petite bourgeoisie et du commerce. Ce sont ces éléments jeunes, enthousiastes, qui avaient vu

L'école de commerce.

s'ouvrir devant eux l'avenir et le voyaient tout à coup se fermer, qui deviennent les agents les plus actifs de l'opposition et on les retrouve en téte des manifestants de 1848, et des protestataires qui se rendirent au camp turc à Cotrocéni, où ils furent arrêtés et beaucoup d'entre eux exilés.

Le prince D. Bibeseo fondait en même temps un collège français pour remplacer le collège Sf. Sava.

La révolution coupa court à ses projets. Sf. Sava fut fermé et ne rouvrit qu'en 1850. On l'installa dans une vieille maison dont le métropolite Néophyte avait fait don à l'Etat et qui était situé près de l'église Maguréanu, à peu près où est aujourd'hui la maison de M. Barbu Paltinéano (Calea Victoriei).

Le prince Couza en 1864, ayant pour ministre D. Bolintinéano fonda l'Université.

Déjà à St. Sava, il existait un cours de droit professé en 1832 par le grand Culcer Nestor, puis successivement furent créés des cours: de droit romain professé par C. Moroïu, de droit civil roumain par Ch. Phérékyde, de droit commercial par Al. Racovitsa, enfin de droit judiciaire par C. Braïloïu.

En 1857, le droit roumain était enseigné par C. Boziano, le droit commercial par V. Boéresco, la géométrie descriptive et la mécanique par Em. Constantinesco, l'architecture par Al. Oresco, les mathématiques par G. Ioranu.

En 1864, l'Université fut organisée et bientôt produisit ses premiers licenciés. Le premier licencié en droit date de 1868: ce fut M. St. Simionesco, le second Gr. Paucesco, le 3-e Em. Protopopesco Pache.

Le trois premiers licenciés ès-lettres furent MM. Dém. A. Laurian, C. Léonardesco et M. Strojan.

Les tros premiers licenciés ès-sciences furent Chr. Popescu. G. A. Demetrescu et Floru Dianu.

En 1869, N. Turnesco est nommé doyen de la Faculté de médecine et la réorganise, il confie des chaires à MM. G. Athanasovici, M. Severin et J. Félix.

Le 14 décembre 1869, l'Université fut inaugurée avec les 4 Facultés; aujourd'hui elle compte en plus la Faculté de théologie et les écoles assimilées de pharmacie et de médicine vétérinaire.

Parmi les premiers professeurs de l'Université de

Bucarest, nous citerons, car il faut conserver les noms de ces premiers pionniers de l'enseignement supérieur:

Aux lettres et à la philosophie: P. Cernâtesco, Aron Florian, A. Tr. Laurian, I. Maïoresco, N. de Marsillac, C. Râcéano, J. Zalomit.

Aux sciences: Ilie Anghelesco, Em. Bacaloglu, C. Exarco, J. Falcoyano, C. Pangrati.

À la médecine: St. Capsha, C. Davila, A. Macesco,

La Faculté de Médecine

Al. Marcovici, G. Obédénaro, G. Polyso, P. Protici, D. Sergiu, N. Turnesco, V. J. Vladesco, St. Véléano.

En 1875, furent accordés les premiers diplômes de docteur en médecine à MM. C. Buholtzer, Gr. Schmidt et J. Stavroff.

La Faculté de théologie ne fut créée qu'en 1884.

Notons encore le noms des recteurs qui se sont succédé: C. Costaforo, V. Boéresco, J. Zalomit, Al. Oresco, T. Maïoresco, Gr. Stéfanesco et C. Démètresco-Iassy.

En 1862, la Faculté de droit comptait 5 professeurs et 37 étudiants; voici un aperçu de la progression du nombre des étudiants aux diverses Facultés:

(fondation)

Droit . . . .

Lettres . . .

Sciences . . .

Médecine . .

. n'existe pas

Théologie .

Pharmacie

École vétérinaire „

Le corps professoral se recrute par voie de concours parmi les anciens élèves des 6 écoles normales du pays dont quatre pour garçons et 2 pour filles, en même temps que parmi les docteurs ou licenciés de Faculté.

L'école normale de la „Société pour l'enseignement du peuple roumain", bien que d'initiative privée, est sous la surveillance de l'Etat; elle applique le même programme et, à leur sortie de l'école, ses élèves ont les mêmes droits que ceux des écoles normales de l'Etat. C'est depuis 1893 que le système du concours a été mis en pratique d'une façon légale.

En Roumanie, à cause de la gratuité de l'enseignement, les écoles particulières ont pris peu de développement ; ce sont plutôt les écoles et pensionnats de jeunes filles qui attirent les élèves par suite de l'éducation plus suivie et plus familiale qu'elles y peuvent recevoir. Sous ce rapport les institutions religieuses comptent le plus grand nombre d'élèves.

A côté des écoles de travaux manuels supérieures et inférieures pour garçons et pour filles, il faut ajouter les 2 écoles de ménage de Bucarest, qui forment des domestiques, bonnes, cuisinières, blanchisseuses, etc.

Les écoles sont sous le contrôle d'inspecteurs et de reviseurs scolaires.

La surveillance et la discipline de chaque Faculté sont

exercées par leur doyen, élu pour deux ans, et l'Université est sous la surveillance du sénat universitaire, composée du recteur — nommé par le ministre et confirmée par le roi, d'après une liste de trois professeurs universitaires, — des doyens des Faculté et d'un membre délégué par chacune elle.

Les cours des diverses Facultés durent pour les sciences 8 ans, pour le droit 3 ans, pour les lettres 4 ans, pour la théologie 4 ans et pour la médecine 5 ans. Les facultés de droit et de théologie ne produisent que des licenciés; il est question toutefois de créer de chaires de doctorat. Les Facultés des sciences et des lettres peuvent produire des licenciés et des docteurs, et la Faculté de médecine des docteurs.

Comme annexes des Facultés il faut compter: L'internat de la Faculté de théologie, qui est dû à l'initiative privée, et le séminaire pédagogique universitaire, ainsi que l'institution de pathologie et bactriologie comprenant 4 sections: pathologique, bactériologique, chimique et de vaccination. C'est là que nos plus illustres bactériologues poursuivent leurs recherches savantes, et l'institut produit et fournit en temps d'épidémie le sérums nécessaires.

Ajoutons les nombreux instituts et laboratoires tels que: le laboratoire de physique molléculaire (acoustique et optique), le laboratoire de physique (pesanteur, chaleur et électricité). L'institution de chimie organique et anorganique, comprenant 4 sections: — L'institution de physiologie (vétérinaire). — Le laboratoire de morphologie vétérinaire. — Le laboratoire de paléontologie, inauguré cette année. — Le laboratoire de minéralogie et pétrographie. — Le laboratoire de géologie. — L'institut botanique et le jardin botanique, magnifique jardin, forment le côté gauche de la chaussée menant au palais de Cotrocéni, — dont le côté droit est formé par le parc du château. — Les laboratoires de chimie médicale de zoologie, de pharmacologie et

thérapeutique, de physiologie, d'histologie et embryologie, de médecine expérimentale, de dermatologie et syphiliopathie, de chirurgie (médecine opératoire), de pathologie chirurgicale, de bandages et fractures, d'hygiène, d'analyses chimiques (pour pharmacie). — L'Institut d'anatomie topographique et chirurgicale et des travaux pratiques d'anatomie. Quant aux dix cliniques de la Faculté de médecine, nous les avons indiquées à propos des hôpitaux.

L'école supérieure de médecine vétérinaire fut fondée en 1861 et réorganisée comme école supérieure en 1864, mais l'enseignement n'était guère que théorique, vu que l'installation nécessaire pour la pratique manquait totalement et, ce ne fut qu'en 1898 que, dotée des laboratoires et cliniques nécessaires — il y a 7 laboratoires et 3 cliniques — l'organisation devint complète et l'école put donner tous ses fruits; les cours durent 5 ans. C'est l'institut vaccinogène. attaché à l'école, qui fournit le vaccin nécessaire à l'armée.

La Caisse des écoles fut fondée en 1896 dans le but de constituer un fonds qui servit à la construction d'écoles, à la constitution de bibliothèques scolaires et de cantines scolaires, à l'approvisionement de matériel scolaire, etc. Au début, le fonds destiné fut de 30.000.000 fr. mais les difficultés financières de l'année 1899 amoindrirent ce capital qui, actuellement, s'alimente surtout des dons, amendes et autres revenus. Pour 1906 le budget de la caisse des écoles prévoyait 6.111.166 fr. aux revenus et 6.085.9 15 fr. aux dépenses.

L'Asile Elena Doamna, fut fondé par le princesse 1 lélène Couza.

En 1861, le général Davila et sa femme avaient réuni une quarantaine de petits orphelins et les élevaient dans leur propriété de Cotrocéni.

Cet asile avait une subvention de 1 ducat par enfant allouée par le gouvernement.

En 1862, il y eut 100 élèves.

L'asile a subi diverses transformations.

Il forme aujourd'hui deux grands sections: une école primaire avec 6 classes, une école professionnelle, un atelier pour le travail et une section pour le ménage. Cette section est placée sous la direction de M-lle Hélène Grant.

Le 2-è section est une école normale placée sous la direction de M-lle Marguerite Miller (Verden).

La société de Culture „Macédo-roumaine", dont le

L'institut de bactériologie.

siège est à Bucarest, dans le local qu'elle s'est fait construire en 1904, rue Rahovei. La société compte 750 membres, occupant tous une situation politique, car l'origine et le but de cette société, fondée en 1879 au lendemain de la guerre russo-turque, était le secours matériel et intellectuel qu'il fallait porter aux Roumains de la péninsule balcanique, menacés par les autres nationalités, dans leurs aspirations

et leurs institutions nationales. La société, reconnue personne morale, subventionne les écoles et les églises roumaines de la péninsule.

L'Académie roumaine a été fondée par le décret princier du 26 août 1866, sous le nom de „Société académique roumaine". Elle a été déclarée institution nationale par le loi du 29 mars 1879 en recevant le nom d'Académie roumaine. Conformément à la loi, elle est personne morale

Section bactériologique à i'Expcsition.

indépendante dans tous ses travaux. Suivant le décret princier de 1866, la Société académique roumaine avait pour but de: déterminer l'orthographe de la langue roumaine, de faire une grammaire, et de commencer le travail du dictionnaire. Sa mission était très restreinte; aussi la loi de 1879 lui attribua-t-elle pour but: l'étude de la langue, de l'histoire de la littérature, des sciences et des beaux arts nationaux. Grâce à la subvention (le l'Etat, qui est

de 30.000 fr. par an, et aux nombreuses donations qui lui créent un revenu de 857.496 fr., l'Académie, tant pour remplir sa tâche que pour répondre aux buts des donations, publie de nombreux concours et décerne plusieurs prix aux milleurs ouvrages, ce qui a déterminé une heureuse émulation de travail dont le pays récoltera les fruits. Elle accorde également de nombreuses bourses à l'étranger. L'avoir de l'Académie monte actuellement à 17.528.342 fr. qui lui rapportent, avec la subvention de l'Etat, 857.496 fr. et sur lesquels, elle dépense 750.052 fr.

En 1906 l'Académie a été fréquentée par 9.393 visiteurs, qui ont consulté 33.203 volumes, 1.863 manuscrits, 31.452 documents et 896 volumes anciens. Une loi spéciale oblige tout éditeur à envoyer à l'Académie de Bucarest 3 exemplaires de chaque ouvrage édité.

l'Académie compte 36 membres actifs et 30 honorifiques ; elle a encore 45 membres correspondants roumains et 14 étrangers.

Parmis ses membres honorifiques il faut citer:

S. M. le roi de Roumanie Charles I, protecteur de „ l'Académie Roumaine1' et président d'honneur élu en 1878;

S. M. la reine de Roumanie m. Démètre stourdza

('lue en 1881 ' président du conseil des ministres.

S. M. le roi d'Italie Victor-Emmanuel III, élu en 1890;

S. A. R. le prince Ferdinand de Roumanie élu en 1890.

Les académiciens forment trois sections: une littéraire-philologique, une historique-archéologique et une scientifique. Chaque section comprend 12 membres actifs et peut avoir 15 membres honorifiques de nationalité roumaine et un nombre illimité de correspondants étrangers. Les

membres actifs peuvent seuls prendre part aux travaux de l'Académie; ces membres élisent 1 président et 3 viceprésidents, dont le mandat dure 1 année, et un secrétaire général pour une durée de 7 ans.

Ce fut l'Académie qui fixa l'orthographe de la langue roumaine et décida qu'elle serait purement phonétique. Le travail du dictionnaire est malheureusement pénible; depuis 1884 qu'il a commencé, jusqu'à présent, il n'a encore produit que trois fascicules, mais l'activité et les bienfaits de l'Académie se font puissamment sentir et l'on peut apprécier cette activité dans la publication annuelle qu'elle fait paraître sous le titre : les Annales de l'Académie roumaine.

Les archives de l'Etat datent de 1830 ; primitivement, il y avait deux archives, l'une à Bucarest et l'autre à Iassy; en 1862 elles furent réunies en une seule à Bucarest, qui comprend trois sections.

Une section historique, une des droits de l'Etat — plans, contrats, etc. — , une pour la conservation durant trente ans des registres, actes, secaux, etc., des autorités; une fois ce terme écoulé, on ne conserve que ce qui présente de l'importance, le reste est détruit.

Le personnel des archives est tenu de connaître la paléographie roumaine; il se compose d'un directeur et de 9 employés.

Le musée d'antiquités fut créé en 1864 pour la conservation de tout ce qui méritait d'être maintenu du passé de la Roumanie. Une loi décréta que toute antiquité qui se trouverait sur le sol roumain appartenait de droit à l'Etat et que nul ne pourrait entreprendre de fouilles archéologiques sans une approbation préalable de l'Etat. Il faut toutefois constater que le musée est relativement pauvre, niais la raison s'en trouve dans le peu de traces qui ont subsisté du passé et dont le monument d'Adam Clissi est la principale.

Le musée d'histoire naturelle date de 1836 et fut

institué par le prince A. D. Ghica et son frère. Les premières pièces — ce furent des animaux empaillés, oiseau x< reptiles, poissons etc. — lui furent envoyées à titre de présent par le musée de Turin.

D'abord installé au lycée St.-Sava, il fut transféré vers 1860 dans l'aile droite de l'Université, mais ne progressa pas jusqu'en 1894, quand on l'installa dans un nou-

Le pavillon turc à l'Exposition.

veau local et lui attacha un personnel spécial à même de lui donner le développement qu'il comportait; aussi aujourd'hui lui a-t-on construit un local spacieux et aménagé en rapport avec son importance et son but instructif; le nouveau musée s'élève sur la place de la Victoire, à l'entrée de la chaussée Kisselef; le public y est admis les jeudis, dimanches et jours de fête.

L'Ecole des Beaux-Arts. — l'Ecole des Beaux-Arts et l'Ecole de musique et déclamation ont été créées en 1864

par le ministre N. Kretzulesco et V. AI. Urechia, secrétaire général.

Le programme pour les deux écoles est organisé sur le modèle des écoles similiaires de Paris.

l'Ecole des Beaux- Arts comprend, comme celle de Paris, 3 sections: Architecture, Sculpture, Peinture; mais comme il existait une école d'ingénieurs, créée sous le prince Stirbey, pour le moment, il n'y eut que deux sections: Sculpture et Peinture.

Le 1-er directeur des Beaux-Arts fut M. U. Aman,

qui était directeur et professeur de dessin et de peinture pour une classe, et M. G. Tataresco pour l'autre.

H y a eu dès le commencement un cours de perspective qui avait été tenu pendant quelque temps par M. Al. Oresco, et un cours d'anatomie professé par M. le Dr. Marcovici, élève de l'école des beaux-arts de Paris.

Quelques mois après, M. C. Stancesco, arrivant de Paris, on créa pour lui en cours d'esthétique et d'histoire des beaux-arts, qui lui fut confié à la suite d'un concours tenu devant les professeurs, le 5 nov. 1865.

Pour la section de sculpture on nomma M. Storck, qui était un artiste très distingué de l'école de Munich et

Eglise Sf. Eleftérie.

qui avait déjà fait des travaux de sculpture dans le pays, notamment le colonne de la place Marie — sur le Boulevard Marie — et l'urne du jardin de l'Episcopie, qui sont ses œuvres. L'urne occupe actuellement la place de l'autel de l'ancien archevêché.

Le cours d'anat.omie a été tenu, après Marcovici, par le Dr. Maldaresco, puis par le Dr. I. Polizu — pendant 15 ans — ; il l'est aujourd'hui par le Dr. Gérota.

Le cours de perspective a été tenu après Oresco, par M. C. Stancesco, puis par M. Storck et aujourd'hui par M. Gr. Stefanesco.

L'école des beauxarts a eu comme première mission de former des professeurs de dessin et de calligraphie pour toutes les chaires du pays.

Au point de vue purement artistique, c'est de cette école que sont sortis tous les jeunes artistes d'aujourd'hui, peintres et sculpteurs: Miréa, Georgesco, Hentsiu, Stefanesco, Simonidy, Vermont, Paciuréa, Patrashco, etc.

l'Ecole des beaux-arts est restée avec ses deux sections, peinture et sculpture, jusqu'à la mort de M. T. Aman (1888), le local — l'Université — ne permettant pas d'ajouter la section d'architecture.

Quant aux élèves de l'école on ne recevait que des jeunes gens et très rarement on donnait des conseils à des jeunes filles.

Ce fut M. Tataresco qui fut chargé provisoirement de la direction après la mort d'Aman.

M. D. C. Stancesco fut nommé directeur en 1892. Sous cette direction l'école fut agrandie par l'achat de la maison Ghermani (1899) strada Biserica Enei, où l'on a installé la section d'architecture.

On a augmenté aussi le nombre des professeurs.

Les jeunes filles sont reçues en nombre toujours croissant. Sous la direction de M. C. Stancesco, on a créé pour les jeunes filles une section spéciale de cours pratiques à l'Athénée.

En 1896 M. Stancesco fut mis à la retraite et M. Miréa nommé à sa place.

De 1904 à 1906, M. Miréa ayant été obligé d'aller à Paris pour des travaux, ce fut M. Stancesco qui le remplaça.

En 1906, l'école de beaux-arts a quitté l'Université et s'est installée là où était la Monnaie, à la Chaussée.

En 1901 on a séparé la section d'architecture de la section de peinture et M. Pangrati en reste le directeur.

Cette section occupe toujours le maison Ghermani.

La section des jeunes filles est rue Chimistului.

Au cours de l'année 1906, on a ajouté, à l'arrivée de M. G. Stérian, le cours d'art décoratif. De même M. Fritz Stork a été nommé professeur de sculpture poulies arts décoratifs.

L'institut et le jardin botanique datent de 1892; ils possèdent de très belles collections de toute la flore du pays et de l'Europe, ainsi que des plantes des pays chauds: l'accès des jardins est permis au public tous les jours de la semaine, mais pour les serres il faut une permission spéciale. L'organisation de l'institut et du jardin est due au Dr. I). Brânza.

L'institut géologique est de création récente; il date de cette année et a pour but l'étude du sol roumain et de ce qui a trait aux minéraux, ainsi que l'étude particu-

lière de la plaine roumaine et de ce qui concerne les question de culture agraire.

L'institut météorologique a été créé en 1884, mais les observations météorologiques en Roumanie sont très anciennes. Déjà, au i 7 c. siècle, Dimitri Cantemir, dans un de ses ouvrages de 1716, fournit plusieurs détails sur le climat de la Roumanie. D'autres auteurs encore tels que Etienne Reicevith, Caracash, le prince Nicolas Soutzo notent plusieurs observations de même nature; mais ce fut en 1836 que commencèrent d'une façon plus scientifique les observations météorologiques au lycée St. Sava : les résultats en étaient publiés dans la revue ..le Musée national". On fit aussi dans d'autres parties du pays des études météorologiques, à Iassy, Calafat, Soulina où fut installée en 1859, dans l'Ile des Serpents, la première station, instituée par la commission européenne et qui, depuis lors, a fait des observations non interrompues.

A Bucarest, en 1862, les observations se faisaient à l'hôpital militaire, puis de 1871—1885 à l'école d'agriculture de Herastrau. L'institut occupe actuellement un local propre sur la colline de Filaret; il est pourvu de tous les appareils nécessaires et possède une collection et une bibliothèque assez riche. L'institut est attaché au ministère (1rs Domaines. Aujourd'hui il y a en Roumanie 417 stations. La surveillance des poids et mesures est contrôlée

La Métropole.

par ce service. Des publications mensuelles et annuelles font connaître la résultat des observations de l'institut.

Comme sociétés scientifiques il fant compter l'Athénée roumain, dû à l'initiative et aux efforts de C. Exarco et destiné à répandre dans les classes moyennes du peuple par des conférences, les notions et connaissances utiles. Cette société date de 1865 et a constamment lutté pour remplir son but: grâce aux souscriptions et à des donations généreuses, la société put construire son magnifique palais, qu'agrémente le jardin de l'Episcopie.

La Société de géographie date de 1875 ; elle se compose de 14 membres, dont le président d'honneur est S. M. le Roi et sous le patronage de son Altesse Royale le prince héritier. Cette société compose un dictionnaire géographique contenant toutes les localités de Roumanie et des parties de la Bessarabie et de la Bucovine habitées par des Roumains. Cette société s'occupe également de tout ce qui a trait à la géographie en général.

La Société des sciences naturelles fut d'abord organisée en 1893 comme société de physique et chimie ; plus tard, en 1897, elle fusionna avec la société des „Amis des mathématiques*' et elle forme l'actuelle société, comprenant 3 sections: pour les sciences mathématiques, pour la physique, pour la physique et la chimie, et pour les sciences naturelles proprement dites.

La société est sons la patronage de S. M. le Roi et se compose de 9 membres. Elle publie le compte-rendu de son activité, tous les deux mois.

Mentionnons le laboratoire d'analyses bactériologiques, microscopiques et chimiques du Dr. Robin — rue I. C. Bratiano— , institution privée qui, grâce à la compétence de son chef, qui est aussi un polyglotte distingué, occupe une place 1res honorable par ses travaux scientifiques.

Comme le ministère de l'Instruction publique est également celui des Cultes, nous en profiterons pour parler ici

des cultes étrangers et de leurs églises et dire quelques mots sur la culte roumain.

On ne peut préciser au juste quelle fut à ses débuts la forme du christianisme en Roumanie; toujours est-il que le mot d'église est de [forme latine et que l'organisation de lé'glise orthodoxe roumaine fut copiée d'après l'église bulgare, à la suite du passage des Bulgares au christianisme vers 864; ce fut aussi l'origine de l'introduction du vieux slave comme langue dans les services divins; la téte de l'église était le patriarche de Constantinople.

En 1359 le prince Alexandre Bassarab créa le premier métropolite — archevêque — roumain, dont le siège fut tout d'abord à Curtea d'Argesh, puis à Tirgovishte et enfin à Bucarest. Plus tard furent créés trois évèchés; à Rimnic, à Buzau et à Argesh.

En Moldavie, Alexandre le Bon créa un archevêché en 1401, d'abord à Sucéava puis à lassy ; en 1856 il ne restait de l'ancienne organisation en Moldavie qu'un archevêque à Jassy et 3 évêchés à Roman, à Hushi et a Ismail — depuis 1878 à Galats. — Ce fut durant cette période

que les églises, les monastères et les couvents se multiplièrent et furent dotés de grandes richesses et de biens nombreux. De cette époque datent les monastères de Tismana— 1342 — ; de Néamts— 1392— ; de Cozia — 1386 — ; de Bistritsa — 1407 — ; de Putna — 1470, etc.

Vers la fin du 17-e siècle, et surtout au commencement du 18-e, à la suite des princes phanariotes que la Porte imposait aux principautés et qui n'amenaient à leur

Moinesse sonnant l'office.

suite que des éléments grecs, vinrent aussi un grand nombre du moines grecs qui peu à peu envahirent le pays, élevèrent nombre de monastères qu'ils firent richement doter, accaparèrent toutes les places dans la hiérarchie religieuse, finirent par remplacer la langue grecque dans les offices et surent si bien travailler que bientôt un cinquième du pays leur appartint.

En 1859, sous le prince Couza, la Roumanie s'émancipa de sous la dépendance du patriarchat de Constantinople et tout en conservant les dogmes et les canons de

qùi prit à sa charge d'entretenir toutes les église s et monastères dont il avait confisqué les biens.

L'Eglise roumaine actuelle est constituée par la loi synodale de 1872 et le synode composé par les 2 métro polites, 6 évêques et 8 archiprêtres. — La tête de l'Eglise est représentée par le métropolite-primat de Bucarest, I). I). [osif. L'élection des archevêques et évêques se fait

l'Eglise orthodoxe d'Orient, devint autonome. L'autorité suprême religieuse fut le Synode constitué par les métropolites, les évêques, les prêtres et trois prêtres par circonscription. Pendant 20 ans le patriarcat se refusa à reconnaître l'indépendance de l'Eglise roumaine, qu'il traitait de schismatique, mais en 1885 elle renonça à tout espoir et reconnut formellement la nouvelle église.

En 1 862, le prince Couza décréta la sécularisation des couvents et monastères, dont les biens passèrent à l'Etat,

par l'assemblée des archevêques, évêques, archiprêtres, députés et sénateurs orthodoxes.

Il y a en Roumanie 367 prêtres pour les villes et 3306 pour la campagne, qui ont chacun leur église; il faut y ajouter les prêtres surnuméraires pour les paroisses plus peuplées, qui sont au nombre de 1368. On compte 20 grands monastères et 26 plus petits où logent 861 moines; 21 couvents et 23 plus petits renfermant 2220 nonnes. Il existe aussi 23 couvents privés ; les autres sont entretenus par le ministère des Cultes.

L'instruction réligieuse se donne à Bucarest dans le séminaire central élevé à l'extrémité du boulevard Marie, sur le plateau de Filaret, dans le séminaire privé fondé par le métropolite Nifon et à la Faculté de théologie.

La Constitution roumaine proclame la liberté des cultes, aussi l'Etat ne se mêle-t-il d'aucune sorte dans le choix des ministres d'un culte étranger et la loi punit ceux qui chercheraient à la troubler. C'est cette tolérance réligieuse qui a permis de tous temps aux étrangers persécutés dans leur pays pour leurs croyances réligieuses, de trouver asile en Roumanie.

Catholicisme. — Bien que le catholicisme soit plus ancien que l'orthodoxisme dans les principautés, il n'a pu cependant, malgré les efforts de plus d'un évêque catholique, faire des progrès, et la propagande n'a pas trouvé

Eglise Sf. Voevozi.

d'échos.— Encore aujourd'hui la presque totalité des catholiques est formée par les étrangers.

Il y a en Roumanie 149.667 catholiques dépendant des diocèses de Bucarest et de Iassy. L'épiscopat est à Bucarest, où l'archevêque habite le palais épiscopal et où se trouve également un séminaire catholique. Le diocèse de Bucarest compte 89 églises et chapelles catholiques, desservies par 40 prêtres.

Il y a encore quelques couvents qui, pour ia plupart, dirigent des écoles de tilles.

Après la conversion des Bulgares, vers 864, tous les livres latins furent brûlés et il fut défendu aux prêtres de

se servir de la langue latine: c'est ainsi que malgré l'origine latine de l'église roumaine, elle devint slave pour finir par être grecque et ne revenir que dans les tous derniers temps à l'emploi de la langue roumaine.

L'archevêché de Bucarest a été érigé par le pape Léon XIII, en avril 1883, après d'assez longs pourparlers avec le gouvernement roumain, qui accorda au diocèse les territoires de la Monténie, de l'Olténie et de la Dobroudja.

Le premier titulaire du siège archiépiscopal latin de Bucarest a été Mgr. Ignace Paoli; ce fut lui qui bâtit la cathédrale vSt.- Joseph, fonda le séminaire et la plupart des écoles confessionnelles du diocèse.

Ce fut sous lepiscopat de Mgr. Hornstein, nommé en L896, que les écoles catholiques de garçons furent confiées à la congrégation des frères des écoles chrétiennes et que

fut fondé à Bucarest le pensionnat de demoiselles des religieuses de Notre-Dame-de-Sion. En outre furent créées un grand nombre d'écoles de garçons et filles pour la colonie hongroise et élevé le palais épiscopal de la rue Esculap, remplaçant l'ancienne trop modeste demeure des anciens archevêques dans la rue Calarashilor. Actuellement c'est Mgr. Netzhammer qui est archevêque. Le diocèse de Bucarest a un chapitre de chanoines à la cathédrale St. Joseph, un séminaire comptant 5 professeurs et 19 élèves, 23 paroisses, 43 prêtres, 55.315 fidèles, dont environ 35.000 dans la capitale.

La cathédrale a été livrée au culte en 1884 et devint paroisse en 1895; le curé qui la dirige est M. l'abbé Baud ; elle compte environ 10.000 paroissiens; dans l'intérieur de l'église il y a de remarquables vitraux, de très belles orgues. C'est ici que S, M. le roi et le prince hérétier assis-

tent aUX Offices divins. Directeur général des théâtres.

L'église de vSainte-Marie, appelée communément Baratsia, a été fondée en 1666. Durant très longtemps elle a été administrée par les franciscains de Hongrie. Elle compte environ 15.000 paroissiens.

Le séminaire a son propre programme et relève directement de l'archevêque.

A Bucarest, les trois écoles de garçons comptent: celle de la rue Calarashilor 458 élèves; celle de la rue Fontanei 250 élèves, et l'école hongroise de la rue Cantacuzino 300 élèves. Le pensionnat de demoiselles des religieuses de Notre-Dame-de-Sion est fréquenté par 133 élèves.

l^es religieuses de l'institut de Sainte-Marie, connues sous le nom de „ Dames anglaises", ont deux pensionnats: rue Pitar Moshi et rue Fontanei ; elles dirigent en outre une école populaire située dans la cour de la rue Baratzie, et ont un orphelinat déjeunes filles. Elles ont en tout 1.363 élèves.

L'école hongroise pour les jeunes filles a 334 élèves et un asile qui contient 104 enfants.

Les luthériens sont au nombre de 13.490 et ont 16 églises ; la plupart habitent la Dobroudja, où plusieurs colonies d'Allemands sont établies ; Bucarest possède une église luthérienne, rue Luthérienne, renfermant un très bel orgue. S. M la reine assiste quelquefois aux services religieux qu'on y célèbre et aux concerts religieux qu'on y donne.

A côté de l'église se trouve une école mixte. Le calvinisme ne compte que 6.748 adeptes avec 5 églises, dont une à Bucarest toujours rue luthérienne; cette église dépend de l'église mère de Hongrie.

Il y a 2 églises anglicanes avec 290 membres ; l'église anglicane de Bucarest se trouve située rue Diaconeselor, où se rend S. A. R. la princesse Marie.

Les Arméniens, au nombre de 5.787 habitent, surtout la Moldavie; à Bucarest ils ont leur église au coin de la rue Arménienne et du boule vard Carol; ils relèvent directement du patriarcat grégorien de Constantinople.

Les lipovans — Russes — forment 4 sectes ; on construit en ce moment une très belle église russe, rue Vestei.

Quant à la religion mosaïque, nous en parlerons au chapitre des Israélites à Bucarest. Bucarest ne possède pas de mosquée, car les 44.732 mahométans habitent la Dobroudja et c'est à Medgidié que l'Etat entretient leur séminaire.

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