LOUIS B RÈS 3Î
notoriété qu’à la condition de faire recelle, il nous est doux de nous occuper d’un littérateur qui a su demeurer un pur joaillier de la phrase, un des plus séduisants ciseleurs de prose que nous ayons jamais rencontré. Soit qu’il parle d’un tableau, d’un dessin, d’un bibelot, soit qu’il rende compte d’un drame niaisement sentimental, Louis Brès trouve toujours le moyen d’écrire un article des plus chatoyants, d’une couleur éblouissante et d’un tour franchement ingénieux. Dilettante de lettres, artiste dans l'ame, observateur épris de réalité, Louis Brés a écrit également des études, des fantaisies, des croquis, qui sont autant d’adorables bijoux, de petits chefs-d’œuvre exquisement sertis. Et dire que l’homme est aussi modeste que l’écrivain est brillant. Combien d’écrivains , même parisiens, qui n’ayant pas, comme lui, semé dans le journalisme tant de pages étincelantes, tant de pages d’un si grand régal littéraire, se plaisent à étourdir leurs contemporains du bruit de leur nom, de leur personnalité ! Louis Brès, lui, dédaignant les hautes destinées que lui promettait son talent, se contente d’habiter la Province et de mériter l’admiration de quatre à cinq cents délicats, admiration sans alliage, celle-là, et qui, il peut nous en croire, ne lui fait et ne lui fera jamais défaut.