‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 106 sur 322 · Ibid., Bonaparte et Byron · texte numérisé non relu

Ibid., Bonaparte et Byron

4. Je reprends ici les expressions de Young : Children of the sun, soûls o/" /ire, dont Pichot s était déjà servi pour caractériser le tempérament byronien. (Voir plus haut, ch. ni.)

5. Amour. — A Elle, Paris, 1824, pièce VI. Ce volume, publié sous le voile de l'anonyme, fut l'objet d'un compte rendu très élogieux de Vigny dans la Muse française. « Voici le Mystère et l'Amour qui se sont unis pour nous donner un livre ; il est rare, poétique et gracieux comme eux ; comme eux il est chéri des femmes ; comme eux aussi il fait tomber des larmes de tous les yeux qui Pont lu. . » (T. II, p. 178.)

Que l'existence est douce au cœur qui s'est vengé ! Car j'ai frappé moi-même, et la chair du perfide S'entrouvrait lentement sous mon glaive homicide. Je Fai tué, nul Dieu ne le peut rendre au jour : La haine a son bonheur aussi bien que l'amour !

Seigneur, un vil insecte a rampé dans ma vie , «Fai bien pu l'écraser sous mon souffle de feu, Car si c'était un homme, alors je suis un dieu *.

Il fit parler Satan lui-même, non pas le beau séducteur, l'archange caressant qui inspire à Eloa l'amour et la pitié, mais le Satan du Paradis perdu, le Lucifer de Caïn :

Quand je sortis du sein du Créateur suprême,

Les Anges m'admiraient, je m'admirais moi-même;

J'étais grand j'étais bon, j'étais semblable à Dieu.

Anges, s'il n'était plus, je vous en tiendrais lieu,

M'écriai-je. Et les uns, bien avant que j'achève,

Tombent aux pieds de Dieu, qui soudain les relève ;

D'autres restent debout, mais, soudain terrassés,

Dans ce gouffre avec moi je les vois entassés.

Tout fut dit. Je devins le malheur et le crime,

L'éternel assassin, l'éternelle victime :

Victime d'un passé pour moi toujours présent,

Enveloppé de maux par un Dieu bienfaisant...

Par lui? Non, ce penser redouble encor ma rage :

Non, mes maux sont à moi, mes maux sont mon ouvrage ;

C'est par ma volonté que je souffre aujourd'hui.

Dieu me créa moins grand, mais plus heureux que lui.

C'est pourquoi mon pardon dut passer sa puissance,

Car j'avais la jeunesse et la reconnaissance,

Et j'en pouvais aimer un autre plus que moi.

Sans espoir maintenant, je conserve l'effroi.

Je tremble sous ce Dieu que pourtant je blasphème,

Que je ne puis haïr à Fégal de moi-même.

Je souffre des vertus, je souffre des forfaits,

Des biens que j'empoisonne et des maux que je fais 2...

Il exprima les douleurs du grand révolté, impuissant à se venger du Dieu qu'il abhorre, et condamné à l'immortalité :

Page 1