‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 116 sur 322 · P. xxx · texte numérisé non relu

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Qui m'aurait pris pour âme et pour Werther chéri, Suçant son premier lait, de ma bouche jalouse Disputer sa mamelle au fils de son mari ; Ou, quand au lent beffroi l'oreille a compté douze, Le long du vieux couvent par la nuit assombri, Près des grands murs lierreux, sur la sainte pelouse, D'une nonne pâmée avoir l'amoureux cri 1...

Rose et pâle soudain, la jeune fille frêle

Qui tombe du haut mal, âme forte et corps grêle,

Je l'aimerais surtout à l'adoration !

Tant dans mon cerveau bout l'imagination !...

Cette beauté souffrante, oh î voilà mon envie !

Oui, car n'étant pas homme à tenir à la vie,

Elle morte, mon sang jaillirait sous le fer 2 !

On comprendra sans peine que d'ouïr de pareils vers, « le bon Pavie » fût scandalisé. Cette âme forcenée tient tout entière dans une pièce qu'Elie intitule Passion et adresse à celle qu'il aime :

Je t'ai promis l'amour et non pas le bonheur !.. Tu sais que le bonheur est infâme ici-bas : En m'aimant, ô dis-moi, tu ne l'espérais pas 3 !

Le bonheur n'est possible qu'après la mort. Aussi le poète souhaite-t-il de voir porter sa maîtresse au cimetière, pour aller « d'un pas d'ombre » l'y rejoindre :

La lune luit si bien ! l'if est un si doux arbre !

O viens ! vivant, ici je glace loin de toi,

Et mort, je brûlerais près de toi sous le marbre '\

« Tant dans mon cerveau bout l'imagination î » disait Elie Mariaker. Boulay-Paty était dans la réalité un excellent homme, « âme simple et droite, dit Sainte-Beuve, sans un repli, avec les instincts les plus loyaux, mais toujours un

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