‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 118 sur 322 · Nouveaux Lundis, Paris, 1874, t. X, p · texte numérisé non relu

Nouveaux Lundis, Paris, 1874, t. X, p

2. Sonnets de la vie humaine, Paris. 1851. Entre temps, Boulay-Paty avait publié un recueil d'Odes (1844), dont une, VInspiration des orages, respire le pur souffle byronien :

Moi poète, moi fils des côtes de Bretagne,

Où l'océan mugit, Libre comme le vent, fier comme la montagne, Je m'en vais seul, avec ma Muse pour compagne,

Errer dans la campagne,

Quand l'ouragan surgit. . .

Malheur à qui se sent en face de Forage

Vide d'émotion !

La gloire devant lui ne sera qu'un mirage ; Son livre subira du temps le dur outrage,

Car il n'est point l'ouvrage

De l'inspiration.

C'est lorsque, sous les vents, par la plaine écumante

Bondissaient les flots verts, Quand sur les mâts pleuvait la poussière fumante, Que conversaient entre eux, sombre amant, sombre amante,

Byron et la tourmente,

L'une en bruits, l'autre en vers ! (Pp. 95 98 )

3. Jules Lefèvre, né à Paris en 1797, mort dans la même ville en 1857. Il prit en 1841 le nom de Lefèvre-Deumier. Voir son portrait, et la notice biographique que Paul Lacroix lui a consacrée, en tête de la réimpression d'un de ses romans, Sir Lionel d'Arquenay, Paris, Didot, 1883.

traductions qui l'Angleterre, qui l'Allemagne, qui l'Espagne, sans savoir un seul mot des langues étrangères, son originalité était de les connaître toutes. « Aucun de nos poètes novateurs, dit Sainte-Beuve, n'avait tant lu ni mieux lu que lui 4. » Byronien de la première heure, il pouvait dater de 1819 des imitations en vers de Parisina et de Manfred. Son premier recueil, impatiemment attendu 2, parut en 1823. Des poèmes qui le composent, le plus important et qui donne son nom au recueil, le Parricide, est un amalgame de toutes les réminiscences byroniennes dont sa tête était pleine. La scène se passe en Ecosse. Un chevalier du nom d'Edgar est enfermé dans un cachot. Un moine vient le préparer au supplice. Cet Edgar est un Manfred, interrogateur des secrets des cieux :

Il était fier et beau, mais dans ses traits hardis

Se sont des passions imprimés les ravages,

Et sur son large front ont passé les orages .

Exilé de sa sphère au milieu des humains,

Il semblait à regret marcher dans leurs chemins.

Il se sentait gêné par le cercle du monde.

« Que ne suis-je semblable à la foudre qui gronde ?

Disait-il, emporté par son propre mépris,

Semblable à l'ouragan qui sème les débris,

Ou que ne suis-je enfin la foudre et la tempête ?

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