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4. La comparaison est textuellement empruntée à Byron (Giaour) : « Le
son sommeil est hanté de terreurs. Le moine est entré dans le
cachot ; il prend le luth du guerrier, et en tire des accords
religieux, puis il fait entendre un chant d'amour, et sous le
capuchon du saint homme, Edgar reconnaît son épouse.
Julia lui apporte la ressource suprême : un poignard. La
veille, Edgar avait appelé la mort.
La veille, une horrible tempête Avait parlé longtemps au-dessus de sa tête, Et la foudre, à travers ses étroits soupiraux, Avait distrait la nuit de ces sombres caveaux. Lui, soulevant ses bras chargés de lourdes chaînes, Appelait le tonnerre au secours de ses peines : Le tonnerre passa sans daigner le frapper 1.
Il ne se résout pas cependant à faire usage de l'arme que Julia lui a donnée. Le jour vient :
cœur consumé par les remords du crime ressemble au scorpion que le feu presse de toutes parts ; le cercle se rétrécit à mesure que la flamme fait des progrès. Le prisonnier en sent déjà les atteintes cruelles, et sa douleur se convertit en rage ; il n'a plus qu'une dernière ressource : le dard venimeux destiné à frapper ses ennemis ne blessa jamais en vain. Il le tourne contre lui-même ; il finit tous ses maux en un moment : c'est ainsi que l'homme coupable termine ses jours, s'il ne veut vivre comme l'odieux insecte assailli par les flammes ; c'est ainsi que se consume l'homme que sa conscience poursuit ; la terre le repousse, le ciel est fermé pour lui, l'obscurité règne sur sa tête ; il n'aperçoit sous ses pas que le désespoir ; les flammes l'entourent, et la mort est dans son cœur. » (Trad. Pichot, 2e éd., t. II, 1820, p. 20.) Lefèvre traduit ou imite ainsi :
L'homme que malgré lui la conscience opprime
Ressemble au scorpion qui se fait sa victime,
Quand, de charbons ardents cerné de toutes parts,
Il tourne contre lui le poison de ses dards ;
Cet homme, environné des taches de sa gloire,
Se consume lui-même et meurt de sa mémoire.
Son cœur mêle, pressé par un double fardeau,
Les tourments de la vie aux horreurs du tombeau ;
S'il- s'endort, la terreur vient peupler ses ténèbres ;
Son âme le poursuit par des songes funèbres.
(Le Parricide, p. 10.) Ce passage du Giaour a frappé l'imagination des romantiques. Vigny s'en est inspiré dans la préface de Chatterton, et Alex. Dumas dans le postscriptum du Comte Hermann.
1. P. 23. Ceci encore est une réminiscence directe de Byron. (Corsaire, III, 7.)
C'est l'heure où doit périr un jeune parricide.
Car tel est le crime d'Edgar, que le poète, fidèle à la poétique byroiiienne, s'est bien gardé jusqu'ici de nous révéler. On lui coupe d'abord le poing. Impassible, les yeux fixés à terre, il regarde stoïquement couler son sang. Puis, devant la foule qui l'entoure, il avoue superbement son crime, avec l'audace et parfois les paroles mêmes du Hugo de Parisina :
J'étais aimé : jamais dans une âme mortelle Ne s'alluma le feu dont j'ai brûlé pour elle. Mon cœur n'avait jamais battu que sur le sien, Jamais d'autre regard n'avait compris le mien. L'amour me dévorait comme une lave ardente. Ah ! mon père ! pourquoi ta vieillesse imprudente Voulut-elle arrêter ce torrent dans son cours ? Il accablait mon cœur du joug de ses discours, Lançait à Julia le sarcasme et l'injure, Et m'ordonnait, à moi, de descendre au parjure. J'oubliais, disait-il, la guerre et les combats; Et j'appelai la guerre ; on n'y répondit pas. C'est peu d'avoir maudit ma désobéissance ; Mon père, outrepassant sa funeste puissance, Un poignard à la main menaça mes amours. J'entendis ma maîtresse invoquer mes secours, Mourante... Sur mon front on peut lire le reste. Eh bien ! oui, j'ai sauvé cette femme céleste M...
Et rejetant la bure du faux moine, il fait apparaître Julia. Il jette à ses pieds le poignard qui devait l'affranchir du supplice :
Je subirai mon sort.
Sans doute il fera naître un effroi salutaire, Et peut-être un plaisir. Tant mieux - !...
Là-dessus, il se remet aux exécuteurs. On l'écartèleà quatre chevaux. On ne sait même pas s'il eut une tombe.
Le Parricide fut accueilli avec enthousiasme. « Desimper-