Chesneau, ouvr. cité, p
vainement dans le cimetière de Missolonghi la tombe de Byron, pour y faire un pieux pèlerinage *.
Mais, de tous les grands artistes romantiques, celui dont le nom a été le plus fréquemment associé à celui de Byron, soit par les contemporains, soit par les critiques postérieurs, c'est Delacroix. Son physique prêtait au rapprochement : « On trouvait qu'il ressemblait à lord Byron, et, pour mieux faire sentir cette ressemblance, Devéria, dans une même médaille, dessinait leurs profils accolés 2. » De même son tempérament d'artiste : « Delacroix, disait Gautier en 1844, relève de lord Byron. C'est le même goût des scènes romanesques et terribles, le même amour de la Grèce et de l'Orient, le même instinct voyageur, la même passion pour les chevaux, les lions, les tigres 3. » Proudhon l'appellera plus tard « une doublure de lord Byron » ; il est vrai qu'il ajoute « de Lamartine, de Victor Hugo, de George Sand 4 ». Une ressemblance avec tant de types à la fois ne peut être que générale et vague. La comparaison avec Victor Hugo, fréquemment renouvelée d'ailleurs, n'aurait pas plu à Delacroix. Charles Blanc, qui en fait la remarque, ajoute qu'elle n'était pas très juste, mais
1. V. Pavie, Gœthe et David, dans ses Œuvres choisies, Paris, 1887, I, pp. 5-6 ; voir I, p. 317; . — Henry Jouin, David d'Angers et ses relations littéraires, Paris, 1890, p. 257 ; ibid., p. 310 (lettre de David à Pavie du 10 janvier 1853).
2. Th. Gautier, ouvr. cité, p. 203. — On trouve la double effigie ainsi disposée dans l'illustration d'un ouvrage de Nodier : Histoire du. roi de Bohême et de ses sept châteaux, in-8°, Paris, Delangle, 1830, p. 44. Elle se rapporte au passage suivant, même page : « Voilà Venise, et son port, et ses gondoles, et sa vieille mosquée chrétienne, et ses noirs palais, et les degrés de marbre où vit la trace du sang de Faliero, rajeunie par les vers de Byron et par les pinceaux de Delacroix. » Ce médaillon minuscule, — Byron dessus, Delacroix dessous, — qui affecte les contours rongés d'une médaille antique, ne 'dépasse pas le mérite d'un vulgaire cul-delampe.