Salon de 1844, dans la Presse du 27 mars
4. Dans son ouvrage posthume Du principe de Vart et de sa destination sociale, cité dans le Bulletin mensuel de la Gazette des Beaux-Arts, 1865, XIX, p. 189.
il qualifie volontiers le grand artiste romantique de « Byron de la peinture i ». Que Byron ait exercé pendant longtemps sur Delacroix une sorte de fascination, nous en avons la preuve par ses Lettres et par son Journal. En 1816, il apprenait l'anglais ; l'étude de l'anglais le mena tout naturellement à l'œuvre à la mode. Il en fut ébloui 2. En 1819, écrivant à son ami Pierret, il exprimait ses regrets de ne pas connaître encore « la belle élégie de Byron » sur le Tasse. « Je dis belle, ajoutait-il, parce qu'il a l'âme trop brûlante et que le sujet lui convient trop bien pour qu'il ne l'ait pas saisi dans le bon sens 3. » En 1824, il lisait et relisait le Giaour et Childe Harold K
De l'intensité et de la durée de cette passion, une trentaine de lithographies, études, dessins, tableaux, témoignent, dont quelques-uns sont parmi les maîtresses œuvres du peintre : Marino Faliero, la Mort de Sardanapale, le Combat du Giaour et du Pacha, le Naufrage de Don Juan. De 1824 à 1858, il n'y a presque pas d'année où Delacroix n'ait traité quelque composition byronienne5. Une prédilection aussi constante ne
1. Charles Blanc, Eugène Delacroix, Gazette des Beaux- Arts, 1864, XVI, p. 24.