‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 128 sur 322 · Journal 10 mai 1824, 1, p. 115; 16 mai 1824, I, p · texte numérisé non relu

Journal 10 mai 1824, 1, p. 115; 16 mai 1824, I, p

5. Voir Robaut et Chesneau, VŒuvre complet d'Eugène Delacroix, Paris, 1885, Voici, d'après cet ouvrage, les principales compositions dont Delacroix a emprunté le sujet à Byron, outre les lithographies citées plus haut : 1824, Mazeppa, croquis à la mine de "plomb ; — 1826, le Doge Marino Faliero condamné à mort, toile ; — 1827, la Mort de Sardanapale, toile ; la Mort de Hassan, toile ; le Combat du Giaour et du Pacha, toile ; idem, lithogr. ; — 1828, Mazeppa, toile ;le Prisonnier deChillon, sépia ; — 1830, Gulnare, aquarelle ; — 1834, le Prisonnier de Chillon, toile ; — 1838, la Confession du Giaour, toile ; — 1839, la Barque de Don Juan, esquisse, toile ; — 1840, le Naufrage de Don Juan, toile ; la Barque de Don Juan, croquis lavis ; — 1843, la Fiancée d'Abydos, toile ; idem, toile (différente de la première) ; — 1847, la Mort de Lara, toile ; — 1849, le Giaour poursuivant les ravisseurs de sa maîtresse, toile ; — 1851, la Fiancée d'Abydos, toile ; ~ 1855, les deux Foscari, toile ; — 1856, Don

peut guère s'expliquer sans certaines affinités de génie. Delacroix les constatait lui-même, notamment leur commune faculté de retrouver l'inspiration au commandement1. La poésie violente et colorée du grand Anglais était pour son imagination un cordial héroïque qui en surexcitait la force. Elle réveillait en lui « l'insatiable désir de produire 2 ». Dans ses moments d'abattement, il y retrempait sa vigueur. « Rappelletoi, s'enjoint-il à lui-même, pour t'en enflammer éternellement, certains passages de Byron: ils me vont bien. La fin de la Fiancée dAbydos. La mort de Sélim, son corps roulé par les vagues, et cette main surtout, cette main soulevée par le flot qui vient mourir sur le rivage : cela est sublime, et ce n'est qu'à lui. Je sens ces choses-là comme la peinture le comporte 3. » Le mot est à retenir. Rapproché des réflexions que nous avons citées plus haut, il définit on ne peut plus justement, dans sa nature et sa portée, l'influence exercée sur Delacroix par Byron. Le jeune homme de 1820 avait dû, comme tous ceux de son âge, être effleuré par la maladie à la mode, par le mal du siècle ; le maître de la couleur ne pouvait rester insensible aux visions de l'Orient évoquées par le poète; l'artiste voyait presque malgré lui se dresser sur la toile les gestes simples, expressifs, bien qu'un peu théâtraux, il faut en convenir, de la plastique byronienne. Mais le fond même de cette littérature lui agréait-il ? Est-ce par pure boutade, pour faire pièce au cénacle et à son chef, qu'il prenait la défense de Voltaire et soutenait de sang-froid qu'un vers (ÏAménaïde valait tout Shakespeare et tout Byron4?

Juan et Haïdée, toile ; le Combat du Giaour et du Pacha, variante, toile ; — 1858, la Mort de Lara, toile.

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