Chesneau, ouvr. cité, p
« Les héros de Byron, écrivait-il en 1844 dans son Journal (au temps, il est vrai, où la ferveur byronienne était généralement tombée), sont tous des matamores, des espèces de mannequins dont on chercherait en vain des types dans la nature. Ce genre faux a produit mille imitations malheureuses *.... » Du moins ces « mannequins » soutenaient l'imagination du peintre, et son pinceau en faisait des êtres vivants.
Ainsi, aux alentours de 1825, le romantisme, en pleine montée de sève, puisait par toutes ses racines dans la poésie byronienne. Etait-ce bien la vie qu'il aspirait avec ces sucs amers? L'exaltation frénétique, la rhétorique implacable, le pessimisme monotone des Childe Harold, des Lara et des Manfred, exagérés encore par de maladroits copistes, ressassés par tous les grimauds de lettres, ne devaient-ils pas à bref délai susciter une réaction par le ridicule ou par l'ennui? La réaction eut lieu en effet, mais elle tourna au profit de Byron lui-même. Jusque-là on n'avait contemplé son génie que sous l'aspect sombre et satanique. On savait bien qu'il avait une autre face, ironique, satirique, sarcastique, mais celle-là, on ne voulait pas la voir. Une révolution naturelle du goût et le besoin insatiable de nouveauté vont la faire passer en pleine lumière. Ce sera l'affaire de la génération de 1830.