‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 136 sur 322 · Stello, chap. x · texte numérisé non relu

Stello, chap. x

3. Le National du 7 mars et du 3 juin 1830; deux articles signés P. M. Le premier est intitulé : Littérature : Mémoires de lord Byron, publiés par Mm° Belloc ; le second : Réclamations contre les Mémoires de lord Byron publiés par M. Moore.

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ses ouvrages. La lecture de ses lettres familières, et surtout de son Journal, espèce de mémorandum mystérieux, peut seule faire comprendre le caractère étrange du noble poète, et mettre sur la voie pour deviner l'énigme de son génie *. » Deviner l'énigme de son génie, c'était beaucoup se promettre. Du moins, grâce aux documents apportés par Moore, on pouvait définir le tempérament du poète, expliquer sa conduite, démêler les influences d'origine et de milieu qui avaient produit ce personnage exceptionnel. C'est ce que Mérimée ne manqua pas de faire. Il fit ressortir comment une éducation désordonnée avait surexcité encore l'orgueil et la vanité que l'enfant portait en lui. En expliquant Byron, comme il arrive d'ordinaire, il l'excusa. « Byron n'était pas un. misanthrope égoïste et froid ; au contraire, il était très sensible, et les Mémoires en font foi. Son cœur était accessible à toutes les impressions, et il pouvait à lui seul sentir comme plusieurs hommes. Mais il avait cette faculté qui distingue le poète, c'est qu'au milieu des mouvements les plus impétueux de la passion, il pouvait s'observer et faire sur lui-même une étude que plus tard il savait mettre en œuvre 2. » On peut se demander si, en parlant de cette chaleur de cœur dissimulée sous une insensibilité apparente, et de cette faculté de dédoublement, Mérimée ne pensait pas à lui-même. Mais d'autres partageaient la même impression, qui n'étaient ni misanthropes ni hommes de lettres. Au sortir de la lecture du livre de Moore, la marquise de Montcalm écrivait à Lamartine : « Il y a bien des choses dans cette - âme, et je crois que ce qu'on y trouve de fautif tient à l'absence des bonnes et douces affections. Si son enfance et sa première jeunesse eussent été entourées de liens de famille et de principes forts, exprimés par une voix douce, son talent se fût appuyé sur des bases qui auraient rendu sa vie moins douloureuse

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