Ibid
et plus morale. Que de mystères du cœur seraient expliqués si l'on connaissait la source des impressions prépondérantes de notre existence i ! » Plus malheureux encore que coupable, tel était le jugement qui venait également à l'esprit quand on fermait les Conversations de Lord Byron avec Lady Bléssington, qui venaient de paraître vers le même temps2. Ce que le plus pénétrant des byroniens de la première heure, parce qu'il était non seulement le plus convaincu, mais le plus désintéressé et le plus attentif, je veux dire Alfred de Vigny, avait discerné du premier regard, passait maintenant en formule banale, et la plupart des lecteurs de Byron auraient volontiers souscrit au jugement naïvement emphatique de Charles-Maximilien Le Tellier, le traducteur de lady Blessington : « Pour moi, trop jeune encore il est vrai, et trop naturellement porté peut-être à poétiser les plus graves excès des passions, je n'accuse Byron qu'en tremblant, mais je le plains, mais je l'admire, et je dirais de lui ce qu'en dirait Sterne, si Sterne vivait encore : « L'ange qui inscrivit ses fautes au ciel laissa tomber une larme qui les effaça à jamais 3. »
Ainsi, en s'éclairant d'un jour plus réel, la physionomie de