Lettres à Lamartine, Paris, 1893, p
2. Conversations de lord Byron avec la comtesse de Blessington, pour faire suite aux Mémoires publiés par Thomas Moore, traduction de M. Gh.-M. Le Tellier, Paris, 1833.
3. Ouvrage cité, Introduction, p. xvn. Voici en quels termes l'auteur définit le génie de Byron : « Byron, c'est la plus haute, la plus retentissante et la moins discordante expression de la poésie sceptique ; c'est le scepticisme homme et poète ; c'est l'ange démon dont les chants vont se répétant alternativement aux voûtes célestes et aux voûtes infernales. Insaisissable comme le scepticisme, il change ainsi que lui de formes ou plutôt d'aspect, car il n'a point de forme, point de caractère précis ; il ment incessamment à sa nature large, à son intelligence vaste et à sa puissante imagination. Le génie de Byron dominait le monde comme une montagne imposante ; sur cette montagne, la foi du poète devait élever un phare ; l'orgueil de l'homme y a creusé un cratère avec le doute, et, ainsi labouré, le génie a vomi des gerbes d'éclatante lumière, des torrents de lave brûlante, puis, consumé, s'est éteint, laissant au monde son cratère ténébreux à sonder au reflet de sa splendeur passée. » (Ibid., p. h.)
Byron paraissait se détendre, se relâcher de ce rictus amer que Coulmann avait cru saisir sur les lèvres de l'auteur de Lara ; il était même à craindre qu'on n'allât à l'excès dans ce sens-là. Le corsaire, en de certaines mains, devenait un héros de conte moral. En 1834, Cogniard et Burat composaient pour le Théâtre des jeunes élèves de M. Comte, — c'était, il est vrai, une pièce jouée par des enfants devant d'autres enfants, — une sorte de berquinade qui avait pour titre Byron au collège cTHarrow1. Le futur père de tant de révoltés poétiques calmait par le seul ascendant de sa supériorité naissante une mutinerie des élèves du Dr Drury. Pour l'amour de son camarade Peel, il sacrifiait généreusement, héroïquement, ses chances certaines au prix d'honneur. Il se montrait pour Mrs. Byron le plus tendre et le plus respectueux des fils. Peel, comme chef de la rébellion, était condamné à être fouetté : Byron réclamait instamment la moitié des coups qui lui étaient destinés. Enfin tout rentrait dans l'ordre, et le prix était décerné à Byron. Le couplet final le représentait comme un résumé de toutes les qualités de l'esprit et du cœur2. C'était authentique et moral comme une image d'Epinal. Le Lord Byron à Venise d'Ancelot n'était pas une pièce pour écoliers 3. Mme Dorval y tenait le rôle de la fameuse Margarita
1. Répertoire dramatique de V enfance et de la jeunesse. Théâtre de M. Comte. Byron à V école d'Harrow, épisode mêlé de couplets, par MM. H. Cogniard et Ed. Burat, représenté pour la première fois à Paris sur le théâtre des jeunes élèves de M. Comte, le 19 novembre 1834, Paris, 1834.