‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 15 sur 322 · The fullaess of satiety ». (Childe Harold · texte numérisé non relu

The fullaess of satiety ». (Childe Harold

sa propre faute. De là le découragement et l'amertume, et le pessimisme, monté des profondeurs de la sensibilité, offusquant d'une vapeur funèbre la pensée tout entière. Qu'est-ce que la vie ? C'est « une étoile suspendue aux confins de deux mondes, entre la nuit et l'aurore, sur le bord de l'horizon » i ; c'est « un souffle qui s'exhale, amour, ivresse, ambition, gloire, guerre, dévotion, de la poussière, et peutêtre un nom » 2. — « Si l'homme mesurait son existence à ses joies, s'il mettait en balance les heures de plaisir et les années de vie, dites,, en compterait-il soixante 3 ? » — Tout se perd « dans le Chaos de la Destruction, qui enveloppe dans son linceul mortel ombre, substance et vie et tout ce qui est notre partage ici-bas, et qui déploie sur le monde ce grand voile noir à travers lequel toutes choses apparaissent comme des fantômes 4... » — « Nous sommes ici, et nous allons là, — mais où ? Cinq morceaux de plomb, ou trois, ou deux, ou même un seul, nous envoient bien loin î Ce sang n'est-il donc formé que pour être répandu ? Eh quoi, chaque élément pourra décomposer les nôtres, l'air, la terre, l'eau, le feu, vivront, et nous, nous mourrons, nous dont l'intelligence embrasse toutes choses 5 ! » Ce scepticisme désolé aspire passionnément au néant : « Oui, mourir et aller, hélas ! où tous sont allés, où tous iront un jour! redevenir le rien que j'étais avant de naître à la vie et à la douleur vivante ! Compte les heures de joie que tu as connues, compte les jours exempts de souffrance, et sache, quoi que tu aies été, qu'il vaut encore mieux ne pas être 6. »

La conviction absolue du néant des choses humaines, le détachement de toute espérance peut conduire au stoïcisme.

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