Don Juan, I
2. Les Cariatides, Stephen, chant Ier. Je cite d'après l'édition originale (1842,1. Dans l'édition définitive (Paris, Charpentier), Banville a fait subir à son livre de nombreux et importants remaniements. Le poème intitulé Stephen est devenu les Baisers de Pierre ; la division en deux chants a disparu, et les séries de 10 vers, distinguées par une numération en chiffres romains, qui reproduisaient tant bien que mal l'octave de Don Juan et exactement la disposition de Mardoche, ont. été fondues en une suite d'alexandrins à rimes plates. Je ne parle pas des corrections et additions, qui sont fréquentes.
3. Poésies complètes, t. I, p. 77, Imitation de Bgron. Gautier s'inspire de Don Juan, chant Ier, stances 122-127. Il suit Byron de très près pendant les quatre premières stances, continue sur le même thème, en élaguant toute la partie ironique du morceau original, et revient (ou à peu près) dans la dernière stance à la conclusion du poète anglais :
But sweeter still than this, than thèse, than ail, Is fîrst and passionnate love...
Mais il est bien plus doux, éperdu, plein d'ivresse, Sous un berceau de fleurs, d'entourer de ses bras Pour la première fois sa première maîtresse, Jeune fille aux yeux bruns qui tremble et ne veut pas.
Amour, joie et fléau du monde, douce peine, Misère qu'on regrette et de larmes si pleine, etc. ',
il a encore dans l'oreille les tirades du même genre qui se trouvent dans Don Juan ou dans Childe Harold. On reprend après Byron les mêmes digressions, on ouvre les mêmes parenthèses. L'auteur de Don Juan avait raillé la prétendue chasteté de la lune : « Ceux qui l'ont appelée chaste s'y sont pris de trop bonne heure pour la qualifier ainsi/ Il n'est pas de jour, pas même le plus long de l'année, le 21 de juin, qui soit témoin d'un aussi grand nombre de péchés que trois heures d'une nuit éclairée par le sourire de la lune... et pourtant on admire son aspect modeste pendant qu'elle parcourt les cieux2. » Et Desrosiers amplifie en vingt vers la strophe de Byron :
Quand la lune blafarde illumine la terre De son pâle rayon timide et tremblotant, Astre des amants et des voleurs, c'est l'instant Où, nue et sans secrets, apparaît la luxure...
D'où vient, chaste Phcebé, prude comme Pallas, Ton impudicité? Voile ton front modeste ; Protège, sans les voir, et le meurtre et l'inceste 3...
Tous ces poètes ont lu et relu Don Juan, et on ne s'en aperçoit que trop. Le premier chant du Stephen de Théodore de Banville * est, en raccourci, le premier chant du poème de Byron 5. Stephen a seize ans, comme le fils de Doua Inez,