‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 156 sur 322 · Les Cariatides, 1842. Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Les Cariatides, 1842. Voir ci-dessus, p

5. On peut en dire autant du poème d'Àrvers : Ce qui peut arriver à tout le monde, bien que l'auteur, entre autres épigraphes, affiche avec une certaine audace les deux vers d'Alfred de Musset :

On a dit l'an passé que j'imitais Byron ;

Vous qui me connaissez, vous savez bien que non.

Ce serait, par exemple, un divertissement assez facile de glaner dans le

et, comme Julia, Judith a de grands yeux noirs. Leur premier tête à tête, «un soir, dans une allée ombreuse », lait penser invinciblement à celui qui avait lieu « le six juin, vers six heures et demie, peut-être sept », dans le bosquet où Don Juan apprit l'amour. Judith se laisse embrasser en "protestant, comme Julia consentit en murmurant qu'elle ne consentirait pas. Puis, Judith une fois mariée à un diplomate,

Haut, sec, raide, béant, monté dans sa cravate,

la surprise du couple amoureux par l'époux importun rappelle singulièrement l'entrée intempestive de Don Alfonso dans la chambre de sa femme. La scène du poème est à Paris au lieu d'être à Séville, et c'en est peut-être la plus grande originalité.

La plupart de ces histoires, en effet, se passent en Italie ou en Espagne, une Espagne ou une Italie de convention, cela va sans dire, car, de ces jeunes poètes, aucun, au temps où il publie ses premières rimes, n'a mis le pied hors des frontières

portrait de Doiia liiez les traits qui ont servi à composer celui de Paquita :

A Séville autrefois (pour la date il n'importe) ,

Près du Guadalquivir, la chronique rapporte

Qu'une dame vivait qui passait saintement

Ses jours dans la prière et le recueillement :

Ses charmes avaient su captiver la tendresse

De l'alcade, et c'était, comme on dit, sa maîtresse :

Ce qui n'empêchait pas que son nom fût cité

Gomme un exemple à tous d'austère piété,

Car elle méditait souvent les évangiles,

Jeûnait exactement quatre-temps et vigiles,

Communiait à Pâques, et croyait fermement

Que c'est péché mortel d'avoir plus d'un amant

A la fois.

{Mes heures perdues, 1833, p. 77.)

De même, lorsque l'alcade, survenant avec trois amis, qu'il amenait souper, trouve Don Gabriel dans la chambre de Paquita, la dame ne pousse pas des cris moins effarouchés que ceux de Julia et de sa camériste :

A moi ! je suis perdue !

Au viol ! je me meurs ! au secours ! au secours !

Au meurtre î à l'assassin ! Ah 1 monseigneur, accours !...

de son pays natal. Us ont appris aies connaître dans leur auteur favori. Byron a mis Venise et Séville à la mode :

Byron aima Venise ; il aima sa nuit sombre, Venise aux pieds de marbre, au collier de cristal, Ville où comme une écluse à minuit descend l'ombre; Robe au travail oriental,

La Venise d'hier dont l'aspect seul nous navre,, Dont à lui seul Byron éveilla le cadavre Entre ses vieux piliers.., l

Les jeunes imaginations s'élancent à l'envi vers les pays du soleil :

Musset après Byron, et tous après Musset '-.

On se forge des villes fantastiques, séjours de perpétuel carnaval et de plaisirs sans fin, ou les nuits se passent en fêtes, où la vie se dépense à courir de folie en folie et de volupté en volupté : le Madrid de Don Paez et l'Espagne des Chansons, la Rome de Povtia et de Suzon, la Venise d'Octave et d' Une Nuit Vénitienne, celle dont Musset a si joliment brossé le décor :

Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge, Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot :! . . .

ou bien encore la Séville de Félix Àrvers, « cette ville si belle qu'il n'en est qu'une au monde »,

La ville des amants, la ville des jaloux, Fière du beau printemps de son ciel andaloux, Qui, sous ses longs arceaux de blanches colonnades, S'endort comme une vierge au bruit des sérénades. Jusqu'à temps que pour moi le jour se soit levé, Où je pourrai te voir et baiser ton pavé,

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