‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 157 sur 322 · Contes d'Espagne et d'Italie : Venise · texte numérisé non relu

Contes d'Espagne et d'Italie : Venise

Séville ! c'est au sein de cette autre patrie Que je veux, mes amis, mettre ma rêverie ; C'est là que j'enverrai mon âme, et chercherai De doux récits d'amour que je vous redirai 4.

C'est à Cordoue que Roger de Beauvoir place sa Svaniga, à Florence que Jules de Saint-Félix déroule le Roman d! Arabelle 2. Si la scène est à Paris ou à Londres, tout au moins l'héroïne est-elle une beauté méridionale. Arthur aime dans les brouillards de l'Angleterre, une Romaine, la brune Zerline:5, et la Napolitaine Paula poursuit en France l'amant ingrat qui la fuit 4. Que si enfin la belle n'est pas de par-delà les Pyrénées ou les Alpes, on ne manquera pas de lui mettre

1. Mes heures perdues : Ce qui peut arriver à tout le monde, p. 77. — Comparez ce passage d'Alfred de Musset : « L'Espagne a de tout temps été pour moi un lieu de délices où se reportaient mes pensées et mes rêves, car de si loin j'écartais de ma baguette magique la funèbre Inquisition, la triste jalousie des Castillans et les embuscades des assassins de grande route. Mais si dans un théâtre, assis à l'écart, jevo3rais de loin, sous les plis d'une écharpe molle, quelqu'une de ces femmes dont Raphaël aurait peuplé son paradis, c'était en Espagnole que j'aimais à la transformer; je la plaçais sous les bois touffus d'oliviers noirs, sous les berceaux d'orangers blancs, que Madrid ou Séville étalent dans leurs campagnes ; ou bien le soir, lorsque tout se taisait dans la ville, c'était derrière la jalousie de fer ou de bois peint que je voulais la voir se pencher au bruit d'une sérénade... )) Ces lignes sont tirées de la traduction des Confessions d'un mangeur d'opium, de Thomas de Quincey, œuvre de la jeunesse de Musset (L'Anglais mangeur d'opium, traduit de V anglais par À. D. M., Paris, 1828, p. 120.) Cette traduction, dit M»'c Arvède Barine, « est royalement infidèle... Non seulement Musset taille et rogne, douze pages par ci, cinquante par là, mais il remplace, et dans un esprit très arrêté : il ajoute invariablement partout des panaches romantiques. » (Alfred de Musset, Paris, 1893, p. 30.) Je n'ai pas retrouvé dans le texte anglais le passage ci-dessus ; c'est sans doute un des panaches que Musset a mis à son auteur.

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