‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 158 sur 322 · Desrosiers, Belucci · texte numérisé non relu

Desrosiers, Belucci

« dans les yeux un éclair espagnol », comme Gautier a fait pour la Véronique d'Albertns.

Ces héroïnes rassemblent en elles toutes les perversités instinctives et toutes les perfidies calculées dont la femme est capable. Ce sont pour la plupart des comédiennes et des courtisanes, des amoureuses insatiables entre les bras desquelles fond la virilité de leurs amants, des femmes qui sont « pires encore que le Vampire du grand poète », étant vampires et femmes 1, qui au bord de l'alcôve exigent un crime en échange du plaisir qu'elles promettent; des jalouses, des tigresses, qui, pour se venger de l'abandon, n'hésiteront pas à mettre le poignard à la main ou à verser traîtreusement le poison dans une coupe de Syracuse ; des coquettes, pour lesquelles les hommes se ruinent ; des infidèles, chez qui une passion chasse l'autre, quand elles n'en conduisent pas plusieurs à la fois ; des hypocrites, qui feignent l'amour en méditant la trahison ; des ingénues plus savantes que les rouées, telle « cette cousine au regard enragé » que Stephen n'a pas grand'peine à pervertir :

Un démon de velours, une pensionnaire Belle de deux défauts, gâtée et poitrinaire, Petits pieds andalous, braise rougeâtre aux yeux, Corps de liane, bras d'ivoire, cheveux bleus 2...

Quant aux héros, ils sont beaux et élégants. L'Hassan de Namouna a le visage olivâtre, des

mains de patricien, l'aspect fier et nerveux, La barbe et les sourcils très noirs, un corps d'albâtre. Ce qu'il avait de beau surtout, c'étaient les yeux.

L'Albertus de Théophile Gautier a une peau d'Italien, dorée d'une couche de haie, un front impérial d'artiste et de poète, des sourcils d'ébène et un regard de lion. Ce sont des

Page 1