‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 159 sur 322 · Banville, Les Cariatides, 1842, p · texte numérisé non relu

Banville, Les Cariatides, 1842, p

viveurs, qui allient la débauche et la poésie ; Hassan ne garde pas une maîtresse plus de huit jours; Stephen « s'engouffre vivant dans une mer de femmes » 1 ; le Mark d'Ausone de Chancel, le matin,

rêvait, pur comme une élégie, Se parfumant le cœur de prière et d'amour ; Le soir il se grisait de kirsch dans une orgie, Puis, à tant le cachet, allait faire sa cour. En un mot, aux deux bouts il brûlait sa bougie ; Il appelait cela vivre deux jours par jour 2.

Ils sont sceptiques et ironiques ; l'Alfred de Napoline est « enivré d'ironie » 3. Albertus ne croit à rien, ni à l'homme, ni à la femme, ni à l'amour, ni à lame, ni à Dieu. Mardoche est un esprit fort qui

eût fait volontiers dune tête de mort Un falot, et mangé sa soupe dans le crâne De sa grand'mère.

Mais, sous cette ironie, il y a « un foyer de tempêtes 4 ». Ils

ont le front pâli par la débauche vile, et le cœur « plein de

jeunes amours5 ». Ils poursuivent éperdument la passion et

la volupté, et l'amour qui seul vaut la peine de vivre. « Plus

doux que tout au monde, disait Byron, est un premier amour

passionné ; seul il survit à tout le reste G. » « Ineffable moment,

s'écrie Banville,

que la houle des âges Ne saurait arracher du cœur ! car si profond Qu'il soit, et quelque fiel qu'il élabore au fond, Quelque orage qu'un jour la passion y fasse, Toujours ce feu céleste en dore la surface 7.

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