Les Cariatides, 1842, p
Cette poursuite obstinée de l'idéal les entraîne en de singulières complications. Mardoche suit l'exemple de Don Juan, et saute par la fenêtre ; moins heureux que son modèle, il se démet un pied sur le pavé ; Stephen y est jeté par « un suisse vert-lézard » et se meurtrit sur des angles de glace. Don Paez et Juana meurent d'une mort mystérieuse entre les bras l'un de l'autre ; Belucci est tué d'un coup de poignard par sa maîtresse, mais avant de rendre le dernier soupir, il a le temps de l'étrangler. Mark, trahi par la sienne, s'apprête à se brûler la cervelle4. Le corps d'Albertus est retrouvé un beau matin dans la campagne de Rome, « les reins cassés, le col tordu ». Don Blas est tué par le valet de son rival au moment où il lève le marteau de Jacinta 2. Arthur est assommé dans l'alcôve de Zerline par un vieux tableau qui se détache juste à point et le frappe à la tempe8. Don Gabriel, ayant séduit Paquita, la maîtresse de l'alcade, est accusé par elle de viol, emprisonné, jugé, condamné,
Et comme il était noble, il fut décapité 4.
Edmond prétend être le seul maître de la courtisane Arabelle ; par désespoir d'amour, il tente même de s'empoisonner dans son boudoir 5. Puis il la trompe pour la duchesse de Nuncini. Arabelle, déguisée en cavalier, le tue à la porte de la dame. C'est dans les larmes et dans le sang que finissent toutes ces histoires, et l'on comprend la malédiction du poète :
Amour, fléau du monde, exécrable folie,
Si jamais par les yeux d'une femme sans cœur
1. Pour être tout à fait exact, il faut ajouter que, réflexion faite, il ne brûle que ses papiers.