‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 163 sur 322 · Poésies complètes, éd. Charpentier, t. II, p · texte numérisé non relu

Poésies complètes, éd. Charpentier, t. II, p

4 Dans sa Fin de la Comédie, ou la Mort de Faust et de Don Juan, reçue à la Comédie-Française en 1836, interdite par ordre supérieur. Voir Baldensperger, Gœthe en France, p. 149. Une invention du même genre se trouve dans Livia, poème dramatique de l'inconnu Eugène Robin. « La seule imagination piquante qui soit propre à M. Eugène Robin, c'est d'avoir mis en contact et fait causer, au début de son drame, Faust et Don Juan, les deux types consacrés de l'amour intellectuel et de l'amour des sens.» (Revue des Deux Mondes, 1836, t. IV, p. 756 : Les Poésies nouvelles.)

Ce n'est plus le roué ordinaire, doublure de Lovelace, qui berne M. Dimanche ou se moque de Don Luis. Musset le voit passer dans ses songes,

Demandant aux forêts, à la mer, à la plaine, Aux brises du matin, à toute heure, à tout lieu, La femme de son âme et de son premier vœu ! Prenant pour fiancée un rêve, une ombre vaine, Et fouillant dans le cœur d'une hécatombe humaine, Prêtre désespéré, pour y trouver son dieu !

Et que voulais-tu donc ? — Voilà ce que le monde Au bout de trois cents ans demande encor tout bas... Ils savent compter l'heure, et que leur terre est ronde, Ils marchent dans le ciel sur le bout d'un compas, Mais ce que tu voulais, ils ne le savent pas .

Ce qui le tourmente, c'est la soif inextinguible de l'infini, et ce bonheur qu'il cherche sans jamais le trouver, cette volupté inconnue qu'il demande à toutes les femmes et qu'aucune ne peut lui donner, cette poursuite toujours vaine et jamais lassée, c'est le symbole même de l'éternelle inquiétude du désir. Nous voilà, ce semble, bien loin de Byron, et, si l'on veut, au-dessus. Mais, pour le dépasser de la sorte, ne fallait-il pas commencer par l'avoir lu et par s'en être inspiré ?

Nous avons vu la poésie byronienne, à demi épuisée chez nous, sous sa forme mélancolique et désolée, par l'imitation des poètes de 1825, reprendre son ascendant en se révélant sous un aspect nouveau à une génération nouvelle, et amener au maître comme un second ban de disciples et d'admirateurs. Cette fois, c'est bien fini. Les deux cordes du lyrisme byronien, « la corde humide », comme disait Emile Deschamps, et la corde métallique et stridente, ont résonné tour à tour. Leurs dernières vibrations s'éteignent peu à peu, laissant monter

aux oreilles qu'elles n'emplissent plus le murmure de réprobation qui gronde sourdement, depuis la première heure, contre l'homme et contre son œuvre. Après tant d'engouements passionnés, une réaction était inévitable. Elle commence pour Byron presque au lendemain de son plus récent triomphe.

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