‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 165 sur 322 · Journal, Paris, s. d,, t. II, p · texte numérisé non relu

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se nourrissait de doutes, de désespoir et de mélancolie, on commençait à se lasser. « Il serait temps, disait le Globe dès janvier 1830, de sortir de cette voie où tant de nouveaux venus s'engagent étourdiment. La poésie entreprendrait une œuvre méritoire, si, au lieu d'alanguir nos âmes, déjà trop disposées à faiblir, elle cherchait à les retremper par d'énergiques pensées et de vigoureuses conceptions . Il est temps d'en finir avec la douleur...1 » En 1833, en note à une Histoire biographique et critique de la littérature anglaise depuis 50 ans d'AUan Cuningham, publiée dans la Revue des Deux Mondes, le traducteur aggravait encore les réserves déjà très importantes du texte sur la poésie de Byron : « La philosophie de ses œuvres est détestable et nulle... Soutenir, comme Fa fait Moore, que le talent de lord Byron émanait essentiellement de son caractère, qu'il eût fait bon ménage s'il n'eût pas été un grand homme, que l'on n'est poète qu'à la condition de rendre misérables ceux qui nous approchent, c'est soutenir une thèse ridicule et favoriser ces ridicules adeptes de lord Byron, qui boivent dans- un crâne et froncent le sourcil pour se donner du génie2. » Chez beaucoup de jeunes hommes du temps, chrétiens de conviction et d'éducation, le scepticisme n'avait été qu'une courte fièvre, qui avait produit quelques frissons violents à l'épidémie, mais qui n'avait pas tari les sources profondes de l'espérance et de la foi. L'accès passé, ils s'étaient ressaisis. Ils s'étonnaient maintenant de trouver fade la coupe où ils s'étaient enivrés : « Pour nous-même qui avons cru la comprendre, écrivait Champagny, n'est-elle pas bien fugitive, la magie de cette langue poétique ? Son parfum ne se dissipe-t-il pas comme notre jeunesse ? Sentons-nous aujourd'hui ce que nous sentions hier? Nous nous sommes pris tout à l'heure à les relire, ces magnifiques poésies de

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