Volberg, Paris, 1838, préface, pp. xivsxv
qu'Arthur. Savant et impie, ayant connu le néant de tout, gloire, fortune, amour, obsédé par le problème de la destinée, ce « nouveau Manfred j » songe au suicide. Plus heureux que l'abbé de Saint-Maurice, un vieux prêtre jette dans son à me une semence de repentir. Réfugié dans un village du Quercy, Volberg discute avec son curé, qui lui fait lire l'Evangile. L'incrédule ne désarmerait pas encore, s'il ne retrouvait une jeune fille qu'il a séduite et abandonnée. Il lui rend la joie en l'étreignant sur son cœur. Elle meurt, mais avant de mourir elle décide son amant à abjurer son orgueil.
Converti comme Guttinguer et Pécontal, J.-P. Veyrat n'a pas comme eux affublé d'un pseudonyme le héros de son drame intérieur. Il s'est livré tout entier dans le meilleur de ses recueils de poésie, la Coupe de l Exil -, et dans le Récit, sorte d'autobiographie intellectuelle et morale qui sert de préface. Ce Savoyard est venu à Paris vers sa vingtième année ; il y a perdu la foi. Retiré au sein des Alpes du Dauphiné, dans une solitude profonde, il n'y a point trouvé la paix. « Souvent les agitations de ma pensée se réveillaient avec une violence qui m'épouvantait... Dans ces accès de noire mélancolie, je m'exilais solitaire dans les montagnes, au penchant des précipices, dans les cavernes où les torrents prennent leurs sources ; comme Manfred, je secouais mes cheveux au vent des glaciers, et je cherchais à me fuir moi-même dans la contemplation de l'œuvre éternelle : je cherchais l'impossible 3 ! » Dans une visite à la Grande- Chartreuse, la foi lui revient. Il comprend « qu'au problème social il n'est qu'une solution : c'est le catholicisme 4 ». II avait eu un culte pour Ryron, et, tout en détestant sa philosophie, il l'admira toujours. « Childe Harold était pour lui