Les Jeunes-France, Sous la table, p
3. (( Le dandy, le fashionable Ferdinand de C*A* ne dédaigna pas user trois ou quatre heures de son précieux temps à catéchiser son ancien et obscur camarade de collège. En quelques phrases il lui dévoila tous les arcanes du métier, et le fit passer derrière la toile dès la première séance ;... il lui fit voir l'échelle ascendante et descendante de l'esprit humain : comment à vingt ans l'on était Jeune-France, beau jeune mélancolique jusqu'à vingt-cinq ans, et Ghilde Harold de vingt-cinq à vingt-huit, pourvu que l'on eût été à Saint-Denis ou à Saint-Cloud... » (Les Jeunes-France, Daniel Jovard, pp. 86-87.)
Punch, sont appréhendés par la police et conduits au poste. Albert a des élans de lyrisme pour célébrer la poésie de la vie et la raison1. En 1836, Théophile de Perrière prend pour héros de l'un de ses Contes de Samuel Bach 2 un certain Idéolo, badaud du romantisme, affligé de toutes les manies qui avaient sévi aux alentours de 1830, successivement dandy, poète, dilettante, byronien, pantagruéliste, roué, bousingot, conspirateur, hégélien et philosophe humanitaire. Idéolo est né sur la butte Montmartre. A dix ans, son père le met au collège. « Au collège, on lui dit que c'était toute la vie d'être le premier de sa classe et d'avoir des prix ; on lui dit de bien grossir sa petite tête et il la fit bien grosse, si grosse que son cœur ne paraissait rien auprès 3. » Il commence par lire W. Scott, puis Kreisler et tous les contes d'Hoffmann, puis Werther ; il fréquente chez Lucio, le beau poète, qui, voyant le christianisme épuisé, la mythologie au rebut, l'épicuréisme en mauvais lieu, s'est fait panthéiste, « comme on prend le vin de Champagne quand le vin de Bordeaux est bu 4 ». Il se fait faire un habit toutes les semaines, met des gants blancs toutes les heures, court les routs toutes les nuits, et mène trois intrigues de front. La
1. « O mon ami I il faut être bien fou pour sortir de chez soi dans l'espoir de rencontrer la poésie. La poésie n'est pas plus ici que là, elle est en nous. Il y en a qui vont demander des inspirations à tous les sites de la terre, et qui n'aperçoivent pas qu'ils ont à dix lieues de Paris ce qu'ils vont chercher au bout du monde. Combien de magnifiques poèmes se déroulent depuis la mansarde jusqu'à la loge du portier qui n'auront ni Homère ni Byron?... Je te le dis, ô mon ami, la poésie, toute fille du ciel qu'elle est. n'est pas dédaigneuse des choses les plus humbles ; elle quitte volontiers le ciel bleu de l'Orient, et ploie ses ailes dorées au long de son dos pour se venir seoir au chevet de quelque grabat, sous une misérable mansarde ; elle est comme le Christ, elle aime les pauvres et les simples, et leur dit de venir à elle. La poésie est partout .. » (Celle-ci et celle-là, pp. 191-195.)
2. Les Contes de Samuel Bach (Il vivere\ Paris, 1836, IL Idéolo.