‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 185 sur 322 · Revue Blanche, 15 décembre 1900, pp · texte numérisé non relu

Revue Blanche, 15 décembre 1900, pp

de tes regards. Adieu1 ! » Telles sont, comme disait l'autre, « les bêtises » que l'auteur de Madame Bovary « faisait avant sa naissance ».

Ces derniers venus resteront des admirateurs, ils ne deviendront pas des disciples : c'est la meilleure preuve que l'influence du maître est désormais frappée de stérilité. Flaubert, en 1845, visite à Chillon le cachot de Bonnivard. « J'ai plus pensé à Byron qu'au prisonnier, écrit-il à Le Poittevin. Tout le temps j'ai songé à l'homme pâle qui un jour est venu là, s'y est promené de long en large, a écrit son nom sur la pierre et est reparti... Au-dessous de ce nom la pierre est un peu mangée, comme si la main énorme qui s'est appuyée là l'avait usée par son poids ; je me suis abîmé en contemplation devant ces cinq lettres 2... » En 1847 la lecture de Byron lui arrache encore des cris d'enthousiasme3. Il s'y plaira toute sa vie. Leconte de Lisle, à son arrivée à Paris, va voir Béranger. La conversation tombe surles poètes français et anglais. « Quant à Byron, déclare le chansonnier, je compose des poèmes qui ressemblent aux siens, notamment quand je dors. — Ah ! mon cher maître, répond le jeune homme, que n'avez-vous dormi toute votre vie. » Làdessus, il s'en va, et ne revient plus 4. Mais s'ils gardent au

Page 1