‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 192 sur 322 · HUGO ET LAMARTINE · texte numérisé non relu

HUGO ET LAMARTINE

§ 1. — Victor Hugo.

Byron a été avec Shakespeare tout ce que Victor Hugo, dans sa jeunesse, a, de son propre aveu, pratiqué de la poésie anglaise1. Encore ne les a-t-il connus que par des traductions :il ne savait pas la langue et l'ignora toujours 2. Si on l'en croit, en 1823 il n'avait pas encore lu Shakespeare, « ne voulant pas, déclarait-il fièrement, lire Letourneur 3 » .

1. « Il me parla des poètes anglais, sur lesquels je suis peu lettré, Shakespeare et Byron exceptés. » (Victor Hugo, article sur Ymbert Galloix, dans l'Europe littéraire, IV, 1833, pp. 265 et suiv. ; reproduit, sans changement notable, dans Littérature et Philosophie mêlées, éd. ne varietur, in-8°, I, pp. 345-379. Je renvoie en conséquence à ce dernier texte, p. 347.) Hugo, dans ce passage, rapporte les paroles « d'un de ceux qui l'ont accueilli (Galloix) dans ses premières illusions et assisté dans ses dernières angoisses ». Mais il ne paraît pas douteux que le personnage en question n'est autre que lui-même. Voyez plus loin, dans la lettre de Galloix citée au cours du même article, les allusions à la liaison de l'écrivain genevois avec ****. Ces quatre astérisques remplacent évidemment les quatre lettres du nom de Hugo. La personnalité du grand poète se dissimule deux fois par deux artifices différents, un, littéraire, dans son texte, l'autre, typographique, dans celui de Galloix, qu'il ne pouvait altérer.

2. « A Jersey, on parle français, ce qui est précieux, aucun de nous ne sachant l'anglais. » (V. Hugo, Correspondance, 1836-1882, Paris, 1898, p. 156, lettre à Mme V. Hugo, de Bruxelles, le 19 avril 1852.) Voir p. 326 la lettre à M. François Morand du 22 novembre 1868 : « A l'heure qu'il est, je ne sais pas encore l'anglais. »

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