‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 193 sur 322 · Ibidem, même lettre à M. Morand · texte numérisé non relu

Ibidem, même lettre à M. Morand

S'était-il également interdit Byron, pour n'avoir pas à lire Pichot? L'ode A mon Père, datée justement d'août 1823, permettrait d'en douter, moins à cause d'une allusion très nette au départ de Byron pour la Grèce que des quelques réminiscences napoléoniennes venues de Childe Harold ou de VAge de Bronze qu'avec un peu de bonne volonté on peut y découvrir4. Quoi qu'il en soit, les doutes et les blasphèmes du poète anglais n'avaient pas troublé la foi de FEliacin romantique ni même arrêté longuement son attention. Quand, au mois de juin 1824, il publie dans la Muse française le grand article Sur George Gordon, lord Byron, il est visible qu'il n'a que bien rapidement feuilleté son auteur. Le morceau est, dans son ensemble, un manifeste littéraire destiné à sceller l'union entre les deux fractions de l'école nouvelle, l'aile droite, chrétienne et monarchiste, qui suit la bannière de Chateaubriand, l'aile gauche, inclinant au scepticisme religieux et au libéralisme politique, qui se réclame de Byron 2. La critique proprement dite y tient une page, et cette page n'est pas originale. Hugo, en l'écrivant, a eu sous les yeux la notice que Vigny, en 1820, avait consacrée au chantre de Lara dans le Conservateur littéraire. Il la résume au courant de la plume, suivant l'ordre des idées, reprenant à son compte les jugements, en reproduisant les termes même quand (une seule fois) il les contredit, se contentant de rhabiller la pensée et de rehausser de quelques comparaisons le style un peu pâle de son collaborateur 3. Il termine en glorifiant la

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