‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 195 sur 322 · Livre III, ch. xi · texte numérisé non relu

Livre III, ch. xi

du caractère mystérieux et de l'attitude mélancolique du héros byronien. Il a surtout cherché dans les Poèmes des couleurs pour ses Orientales. Si Byron n'a pas suggéré l'idée de l'ouvrage, il a tout au moins fourni sa part des éléments un peu disparates dont se compose Fétincelant recueil. La chaude atmosphère du Giaour, du Siège de Corinthe, de la Fiancée (ïAbijdos, chargée de volupté sauvage, vibrante de cris de guerre, de détonations de mousquets et de galops de cavaliers, baigne d'une lumière plus crue encore et plus implacablement éblouissante les turqueries de Victor Hugo. Certains détails se sont gravés dans l'imagination du poète : « l'homme en caftan vert » du Voile paraît sortir tout droit du Giaour { ; telle ou telle particularité de mœurs orientales a été probablement empruntée aux notes copieuses dont les poèmes de Byron sont accompagnés. Par deux fois l'imitation est flagrante :

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ?

Ce sont des sacs pesants d'où partent des sanglots. On verrait, en sondant la mer qui les promène, Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine. La lune était sereine et jouait sur les flots.

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