Un homme alors passait, un homme en caftan vert
(( La robe verte du chef de la troupe annonce un émir. » [Le Giaour, même passage que celui d'où Hugo a tiré le Clair de lune.) Mais le sujet même du Voile paraît avoir été fourni par un passage du Voyage dans la Grèce, de Pouqueville, Paris, 1820-1821. L'auteur y parle de la sévérité des Albanais à l'égard des femmes : « Créatures innocentes et asservies, pour la moindre faute, sur un simple soupçon, sans enquête, sans même être entendues, un époux, et dans son absence des frères ou des beauxfrères peuvent disposer de leur vie. » Et après avoir donné en note l'exemple d'une Albanaise égorgée ainsi par son beau-père, il ajoute : « Ce crime épouvantable avait été précédé un an auparavant par un autre forfait des frères ***** qU[ pour uq motif aussi vague, avaient euxmêmes tranché la tête de leur sœur sur la voie publique, où ils l'avaient conduite à la promenade. » (Tome II, p. 575 et n. 1.) Il n'est pas superflu de rappeler que, dans le manuscrit original, le Voile était intitulé les Quatre frères. (Voir P. et V. Glachant, Papiers d'autrefois, Paris, 1899, p. 22.)
Comment ne pas reconnaître dans ces derniers vers du Clair de lune la transposition de quelques lignes du Giaour : « Le fardeau précipité dans l'abîme disparut peu à peu, la vague roula doucement jusqu'au rivage ; mon œil attentif crut voir quelque chose se mouvoir sur la plaine azurée... Ce n'était qu'un rayon de la lune qui avait lui sur les flots d. » Les contemporains n'y manquèrent pas2. Quant à Mazeppa, on y retrouvait, dans la première partie, le mouvement et les traits les plus caractéristiques du poème byronien. La galopade haletante, « Away, away !... — Ils vont... Ils vont... », les traits pittoresques et les images saisissantes, l'homme et le cheval qui
Seuls, emplissant de bruit un tourbillon de poudre, Pareils au noir nuage où serpente la foudre, Volent avec les vents 3,
les bonds effrayés de la bête sous son fardeau qui se débat -*,