Ibid., VIII, 4. « A child of murder's rattles
humains1. Un grand guerrier est « un boucher en grand»2. — De sa vertu ? Don Juan a observé « ce microcosme monté sur des échasses qu'on nomme le grand monde » 3 : il n'a vu que des cœurs occupés de vils intérêts ou de basses intrigues, célibataires pourchassant une dot ou convoitant l'épouse du voisin, jeunes et vieilles filles courant après un mari, pécheresses de haut parage sauvant leur réputation par un léger vernis d'hypocrisie. « Les apparences semblent former le pivot sur lequel on tourne dans la haute société » 4 ; si l'on pouvait dire la vérité, « combien de fois le vice et la vertu changeraient de place » 5 ! — De son génie ? Qu'est-ce qu'une intelligence « dont l'usage dépend si fort du suc gastrique » 6 ? Byron insiste à plaisir sur les nécessités les plus humiliantes auxquelles l'humanité est sujette. Sur le pont du vaisseau qui l'emporte de Cadix, Juan tire de son sein l'admirable lettre qu'il a reçue de Julia. Il est, en lisant ces adieux passionnés, remué jusqu'au fond de l'âme; il se jure de ne jamais oublier sa maîtresse : ses serments sont interrompus par des hoquets ; pesanteur du cœur et pesanteur de l'estomac, tout se résout en un vomissement. Que si on reproche au poète de ravaler et de tourner en dérision la nature humaine, il revendique insolemment le droit que tant d'autres ont pris avant lui, « qui savaient que cette vie ne vaut pas une patate » 7, de proclamer le néant de toute science et de toute grandeur. « Hurlez donc, s'éerie-t-il, dans votre inutile rage, chiens ou hommes, — car c'est vous faire trop d'honneur que de vous appeler chiens : vous ne les valez pas 8. »