Ibidem, n° du 15 novembre
5. « A quelques jours de là, il (Byron) écrivait pour un chant de Don Juan les délicieuses stances mélancoliques sur Fangelus entendu de loin, des clochers de Ravenne, dans la forêt de pins. Nous l'entendions nousmême à la même place quelques années après, et le souvenir des stances de Byron, mêlé au souvenir de l'exil et de la tombe du Dante, rendait plus poétique pour nous la forêt, et plus sonores les vibrations de Fangelus à travers ses branches... On voit par ces stances délicieuses que le poète, en rentrant dans le sérieux et dans le sensible de son âme, rentrait dans son génie. Si Don Juan eût été écrit par lui sur ce mode, il serait le premier de ses poèmes. » [Constitutionnel du 25 nov. 1865.)
jour d'indulgence, Lamartine s'est laissé aller à dire « qu'il y a des moments dans la vie du poète où il est tenté, comme Byron, de tout finir par un triste éclat de rire1 ». Mais, en regard de ces deux lignes, combien, dans le Cours de littérature, de pages véhémentes où il a tonné contre « l'école du rire », crié à la décadence de la littérature européenne, et rejeté la faute sur Byron, Heine, Musset et leurs imitateurs2 !
En revanche, le côté sérieux et mélancolique de la poésie b3^ronienne a fait une profonde impression sur lui. Il Fa proclamé lui-même, et, dès la première heure, les critiques l'ont répété sur tous les tons. A peine les Méditations venaientelles de paraître, que Frédéric Schlegel, dans la Concordia, signalait l'influence exercée par l'auteur de Manfred sur Lamartine « avant que celui-ci ne fut sorti de cet obscur labyrinthe de peintures désespérées d'un enthousiasme sans Dieu3 ». Stendhal définissait le nouveau poète « un lord Byron peigné à la française4 ». La comparaison a été reprise vingt fois de 1820 à 1830 et depuis5, à l'avantage de