Ecrit en août 1818 (voir la Correspondance
2. Ecrite également en août 1818 (voir la lettre du li août, à Virieu).
3. (( Voici l'automne : c'est le temps où je deviens amoureux, mélancolique, rêveur, ennuyé de la vie ; cest le temps où je lis Werther, et où je suis souvent tenté d'imiter cet aimable et malheureux héros de roman. » (Lettre à Virieu, 30 sept. 1810, Corresp., t. I, p. 155.)
4. « Pourquoi ce Michelot, le plus commun des esprits routiniers du
dans ce même mois qu'il a lu pour la première fois le chantre du doute et du désespoir.
Lamartine a raconté à plusieurs reprises comment il avait découvert Fauteur de Childe Harold. Selon le commentaire de l'Homme, il aurait entendu parler de lui par un ami qui revenait d'Angleterre en 1819. L'été de la même année, se trouvant à Genève, il aurait vu « sur la grève du lac Léman un jeune homme qui descendait de bateau et qui montait à cheval pour rentrer dans une de ces délicieuses villas réfléchies dans les eaux du lac ». On lui aurait dit « que ce jeune homme était un fameux poète anglais, appelé lord Byron ». Quelques jours après, il aurait lu « dans un recueil périodique de Genève quelques fragments traduits du Corsaire, de Lara, de Manfred. » « C'était assez pour me faire comprendre un océan. » D'après le Cours de littérature [, il faudrait reporter cette apparition à 1815. Elle se rattacherait à l'excursion que Lamartine fit en Suisse pendant les Cent jours, pour échapper à la conscription. A la fin d'octobre, un soir d'orage, le jeune voyageur aurait aperçu Byron à la poupe de son yacht. Quelques jours après, il aurait lu son nom dans le Journal de Genève. Mais Byron n'était pas là en 1815, pas plus qu'en 1819 : son unique séjour à la villa Diodati se place de mai à septembre 1816. Il y a de la révélation de l'homme et de son génie à Lamartine un troisième récit, moins connu, très précis et très circonstancié, ce qui n'est pas, je me hâte de le reconnaître, une garantie absolue d'exactitude, car il n'a été rédigé qu'après 1860. Si postérieur qu'il soit à l'événement, en quoi serait-il par là moins digne de foi que le Commentaire de 1849 ou Y Entretien de 1856 ? Il est moins romanesque, tout en l'étant encore, et beaucoup plus vraisemblable. Il manque à la collection des Œuvres
théâtre, a-t-il mis son nez pointu dans une chose comme Saïd 9 C'est comme si je faisais juger lord Byron par N..., qui s'amuse aux périodes. » (Lettre à Virieu, du 10 octobre 1818, Correspondance, I, p. 341.) 1 Cours de littérature, t. II, pp. 250 et suiv
complètes et demeure comme enfoui dans une Vie de Byron que le grand poète inséra, du 2G septembre au 2 décembre 1865, au feuilleton du Constitutionnel. On me permettra donc d'en donner de larges extraits.
« Un livre, dit Lamartine, est un événement dans la vie de l'âme : c'est quelquefois une révolution... Les poèmes de lord Byron me trouvèrent dans une de ces dispositions préexistantes qui préparent au poète l'auditoire silencieux de tous les sens et de toute l'imagination. C'était en 1818; j'écoutais le silence du siècle, et je n'entendais aucune voix selon mon cœur, quand celle-là vibra tout à coup dans l'air assoupi. Je me souviens du lieu, de la saison, du jour, de la chambre, de l'heure où ce livre tomba comme du ciel dans ma solitude. C'était dans les derniers beaux jours d'octobre 1818. J étais dans une de ces intermittences de fièvre morale de la première jeunesse où l'âme, fatiguée et découragée par les premières peines et par les premières déceptions delà vie, croit que la sève ne remontera plus dans les rameaux et qu il n'y a plus qu'à laisser emporter mélancoliquement au vent de la mort les premières feuilles jaunies d'un printemps malade... Le lieu et le temps nourrissaient encore cette mélancolie. J'avais beaucoup voyagé ; j'avais aimé, j'avais perdu, j'avais inutilement tenté d'entrer dans la vie active des armes, des lettres, des affaires publiques, pour y répandre en action cette immense activité intérieure, toujours refoulée, qui me dévorait, faute de carrière à parcourir ] . » Lamartine habitait alors, à Milly, une mansarde de la maison paternelle. C'est là qu'il reçut de Suisse une lettre de Louis de Vignet. Celui-ci était allé prendre les eaux à Evian et avait poussé iusqu'à Genève2. « Il avait entendu parler d'un jeune lord