‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 217 sur 322 · Manfred, acte II, se. î, trad. Pichot, I, p · texte numérisé non relu

Manfred, acte II, se. î, trad. Pichot, I, p

Patience and patience ! Hence — that word was made For brutes of burthen, not for birds of prey.

4. Et toi, Byron, semblable à ce brigand des airs, Les cris du désespoir sont tes plus doux concerts.

[L'Homme.)

tures de boue et demi-dieux tout ensemble, incapables de tomber plus bas ou de s'élever, respirant à la fois la bassesse et l'orgueil, indécis entre leurs ignobles besoins et leurs désirs superbes 4... » Le long morceau enfin où Lamartine dépeint l'inutilité des efforts tentés par l'homme pour pénétrer le secret de sa destinée est inspiré de la grande tirade du second acte, à laquelle viennent s'ajouter des souvenirs de Childe Harold et de René :

Hélas ! tel fut ton sort, telle est ma destinée.

J'ai vidé comme toi la coupe empoisonnée ;

Mes yeux, comme les tiens, sans voir se sont ouverts :

J'ai cherché vainement le mot de l'univers,

J'ai demandé sa cause à toute la nature,

J'ai demandé sa fin à toute créature ;

Dans l'abîme sans fond mon regard a plongé ;

De l'atome au soleil j'ai tout interrogé ;

J'ai devancé les temps, j'ai remonté les âges :

Tantôt, passant les mers pour écouter les sages :

Mais le monde à l'orgueil est un livre fermé !

Tantôt, pour deviner le monde inanimé,

Fuyant avec mon âme au sein de la nature,

J'ai cru trouver un sens à cette langue obscure.

J'étudiai la loi par qui roulent les cieux ;

Dans leurs brillants déserts Newton guida mes yeux ;

Des empires détruits je méditai la cendre ;

Dans ses sacrés tombeaux Rome m'a vu descendre ;

Des mânes les plus saints troublant le froid repos,

J'ai pesé dans ma main la cendre des héros :

J'allais redemander à leur vaine poussière

Cette immortalité que tout mortel espère.

Que dis-je ? suspendu sur le lit des mourants,

Mes regards la cherchaient dans leurs yeux expirants.

Sur ces sommets noircis par d'éternels nuages,

Sur ces flots sillonnés par d'éternels orages,

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