‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 23 sur 322 · lbid · texte numérisé non relu

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étoiles, tout ce qui sort du grand Tout qui a produit l'âme, et auquel l'âme doit retourner *. »

Ainsi donc, agitations d'une existence orageuse et tourmentée, abandon aux passions et remords de leur avoir cédé, dégoût de la vie et incurable mélancolie, haine de ses semblables et amour de la solitude, révolte contre Dieu et dérision des choses humaines, scepticisme et pessimisme universels, et, sur cet amas de ruines, deux autels dressés, l'un à l'amour idéal, l'autre à la nature maternelle, tel est le fond de la poésie byronienne. Le fond en a déterminé la forme.

Le procédé littéraire qui correspond naturellement à l'état d'esprit que nous venons de décrire, c'est le lyrisme. Ce moi est trop vaste et trop envahissant pour avoir d'autre objet que lui-même. Il se cherche sans cesse, et se définit en s'opposant à tout ce qui n'est pas lui. Etendu en tous sens, il trouve partout ses bornes : il se plaint ou s'indigne d'être limité. A l'égard de la Divinité, son impuissance se tourne en révolte ; les hommes n'existent pour lui qu'en tant qu'ils excitent sa haine ou son mépris ; il a un culte pour la nature, mais c'est lui-même qu'il aime en elle ; s'il aspire à se fondre dans le grand Tout, ce n'est qu'un moyen désespéré d'élargir à l'infini sa propre personnalité. Ces sentiments, exaltés encore par l'isolement, s'exhalent en invectives violentes, en apostrophes enflammées, en cris d'orgueil, de haine et d'amour. Les images accumulées par le poète aux heures interminables de ses contemplations solitaires, les tableaux aperçus au hasard de ses courses errantes, les visions de ses jours et les rêves de ses nuits, débordent de sa mémoire trop pleine et se

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