‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 236 sur 322 · Caïn, acte I, se. i, trad. Pichot, 3° éd., V, p · texte numérisé non relu

Caïn, acte I, se. i, trad. Pichot, 3° éd., V, p

I cannot answer this immortal thing

Which stands before me ; I cannot abhor him ;

I look upon him with a pleasing fear,

And yet I fly not from him : in his eye

There is a fastening attraction which

Fixes my fluttering eyes on his ; my heart

Beats quick ; he awes me, and yet draws me near,

Nearer and nearer : — Gain — Cain — Save me from him

avait, pour rendre la même impression, utilisé, entre autres,

l'image du Giaour, en compliquant peut-être le souvenir de

Byron d'une réminiscence des Martyrs { :

Dans des prés inconnus l'alouette imprudente Vient du miroir tournant voir la facette ardente. Des mines de la terre élancé promptement, Le fer emprunte une âme aux ordres de l'aimant. La tourterelle en vain dressant sa plume blanche, Au regard du serpent tombe de branche en branche : Telle elle descendait, l'habitante des cieux 2...

Ce n'est qu'à la deuxième ou troisième reprise 3 qu'il est arrivé, — un peu laborieusement, — à la rédaction définitive, sous laquelle perce encore le texte qui lui a servi de modèle. Dans Childe Harold, Byron compare des navires en marche à une bande d'oiseaux aquatiques : « Les vaisseaux qui composent la flotte voguent, semblables à une troupe de cygnes sauvages 4. » Vigny, dans Héléna, reprend et développe le vers du poète anglais :

Les navires penchés volaient sur l'eau dorée, Comme de cygnes blancs une troupe égarée Qui cherche l'air natal et le lac paternel 5.

1. Voir la lin du XIII^ livre des Martyrs (Œuvres complètes, éd. Garnier, 1859, t. IV, p. 187.) Gymodocée regrette le paganisme et la poésie homérique. « La chrétienne désignée se sentait en dépit d'elle-même domptée par le génie du père des fables : ainsi lorsqu'un serpent d'or et d'azur roule au sein d'un pré ses écailles changeantes, il lève une crête de pourpre au milieu des fleurs, darde une triple langue de feu et lance des regards étincelants ; la colombe qui laperçoit du haut des airs, fascinée par le brillant reptile, abaisse peu à peu son vol, s'abat sur un arbre voisin, et descendant de branche en branche, se livre au pouvoir magique qui la fait tomber des voûtes du ciel. »

2. Pages inédites a" A. de Vigny (prose et vers), publiées par Fernand Gregh, dans les Lettres du 6 juin 1906, p. 285.

3 La version primitive était :

Le tourtereau, privé de sa compagne blanche,

Au regard du serpent tombe de branche en branche.

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