Chant III
2 L'Ile, chant II, 15 ; trad. Pichot, 3e éd., t. XV, p. 175 :
The broad sun set. but not with lingering sweep,
As in the north he mellows o'er the deep ;
But fiery, full, and fierce as if he left
The world for ever, earth of light bereft,
Plunged with red forehead down along the wave,
As dives a hero headlong to his grave.
3. Sur la mort de lord Byron, dans la Muse française, t. II, 1824, p. 522.
poétique : elles n'en forment pas la trame. Mais il ne manque pas d'exemples où les réminiscences de Byron se lient étroitement au texte français. C'est en copiant son grand modèle que Vigny s'essaie à peindre les hommes et les choses. Qu'on se rappelle les traits les plus frappants de la physionomie de Conrad : « Quel est ce chef ? Son nom est fameux et redouté partout ; ils (les pirates) n'en demandent pas davantage. . . Il ne se mêle à eux que pour les commander ; ses paroles sont rares, mais son œil est perçant et sa main prompte... Le pain le plus noir, les herbes les plus simples, quelquefois le luxe des fruits de l'été, composent tous ses mets, qu'un anachorète rigide ne désavouerait pas... Cet homme, dont le nom intimide les plus terribles de sa troupe et fait pâlir leurs fronts basanés, sait gouverner leurs âmes avec cet art de la supériorité qui éblouit, dirige et fait trembler le vulgaire... Son front large et pâle était ombragé par les boucles nombreuses de ses noirs cheveux1. » On les retrouvera en raccourci dans le portrait du Trappiste :
Son front est triste et pâle, et son œil intrépide ; Son bras frappe et bénit, son langage est rapide ; Il passe dans la foule et ne s'y mêle pas ; Un pain noir et grossier compose ses repas ; Il parle, on obéit; on tremble s'il commande ; Et nul sur son destin ne tente une demande.
Il y a dans Héléna un charmant paysage en six vers, un clair de lune sur la mer de l'Archipel :
Mais rien ne paraît plus que la lune qui dort Sur des flots mélangés et de saphir et d'or ; Il n'y voit s'élever que les montagnes sombres, Les colonnes de marbre et les lointaines ombres Des îles du couchant, dont l'aspect sérieux S'oppose au doux sourire et des eaux et des cieux 2.
1. Voir le Corsaire, chant I, passim, et notamment 2, 8 et 9, trad. Pichot, 2e éd., t. I, pp. 9, 14, 15.