‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 251 sur 322 · Le Mont des Oliviers · texte numérisé non relu

Le Mont des Oliviers

le détachement de toute espérance. « Un désespoir paisible, sans convulsions de colère et sans reproches au ciel, est la sagesse même *. » Byron s'était élevé un moment à ce stoïcisme désillusionné : « La vie et la douleur jettent surtout de profondes racines dans les cœurs déserts et désolés ; le chameau supporte sans se plaindre les plus pesants fardeaux, et le loup sait mourir en silence... De tels exemples nous seraient-ils donnés en vain ? Si des animaux d'une race ignoble et sauvage souffrent avec résignation, ne pourrionsnous pas, nous, qui sommes formés avec des éléments plus nobles, braver les malheurs de la vie ?... la vie ne dure qu'un jour 2. » Il n'a pas su se tenir à cette hauteur. Mais ni le précepte ni le symbole n'ont été perdus ; de la stance de Childe Harold, ils ont passé dans la conclusion de la Mort du loup :

Hélas ! ai -je pensé, malgré ce grand nom d'hommes, Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes ! Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C'est vous qui le savez, sublimes animaux ! A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse, Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse , — Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au cœur ! Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive, A force de rester studieuse et pensive, Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.

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