‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 256 sur 322 · Don Juan, V · texte numérisé non relu

Don Juan, V

Espagnole », qui sacrifie sa liberté à l'espoir d'une seconde nuit. Celles-là seules sont à plaindre dans ces aventures amoureuses que les deux poètes nous content, — quand ils y pensent, — au hasard de leur fantaisie.

Peu leur importent, en somme, le sujet de ces histoires et les personnages qui y figurent. L'un a beau déclarer que « la régularité de son plan lui interdit tout écart comme une faute impardonnable » *, l'autre que son unique envie

Etait de raconter une histoire suivie2 ;

l'événement a bientôt fait de donner un démenti à ces fallacieuses protestations. L'auteur avait les meilleures dispositions du monde, mais une idée a traversé sa cervelle, une image Fa séduit, un mot s'est rencontré sous sa plume, et le voilà parti, suivant le fil de sa rêverie et pendant celui de sa narration, laissant en plant son héros et en suspens son lecteur, jusqu'à ce que, à bout de souffle et ne sachant plus où il veut en venir, il reprenne tout bonnement son récit au point où il l'avait interrompu. Il en est quitte pour confesser ses torts avec une humilité feinte. « Je dois avouer, ditByron, que si j'ai un défaut, c'est celui des digressions3. » Et Musset :

Dans tout ce que je fais j'ai la triple vertu D'être à la fois trop court, trop long et décousu^.

A quoi bon s'occuper des règles et de la critique, des préceptes d'Aristote, « ce vade-mecum du vrai sublime qui

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