Namouna, III
produit tant de poètes et quelques fous1 », ou des pédants « guindés, guédés, bridés » qui ont lu posément la Ballade à la Lune1*. Ecrire « est un passe-temps pour se désennuyer 3 ». Tant pis pour ceux qui prennent les choses au sérieux et à qui il faut de bonnes raisons pour se décider à avoir du plaisir !
Eh ! depuis quand un livre est-il donc autre chose
Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant,
Un oiseau qui gazouille et s'envole, — une rose
Qu'on respire et qu'on jette et qui meurt en tombant, —
Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause,
Moitié lui répondant et moitié l'écoutant*'?
« Peu soucieux de ce qui est appelé du nom ironique de gloire, dit Fauteur de Don Juan, je laisse errer mes yeux au hasard, et je médite sur ce qui convient ou sur ce qui ne convient pas à mon histoire; ne me fatiguant jamais par aucun effort pour rimer, je vais toujours en avant, et j'écris comme je parlerais avec un ami en me promenant. Je sais qu'il ne faut pas grand talent pour multiplier ces vers sans ordre, mais j'y trouve une espèce de conversation facile qui me fait passer une heure de temps en temps 5. » Nous voilà dûment avertis : n'allons pas chercher un poème où il n'y a qu'une causerie.