Don Juan, XV, 19-20, trad. Pichot, 3° éd., XIII, p
But speculating as I cast mine eye On what may suit, or may not suit, my story,
And never straining hard to versify, I rattle on exactly as I 'd talk With anybody in a ride or walk.
I don't know that there may be mueh ability
Shown in this sort of desultory rhyme ; But there' s a conversational facility,
Which may round off an hour upon a time.
Dans une conversation, on parle un peu de tout et beaucoup de soi-même. Feuilletez Beppo ou Don Juan : vous serez bientôt renseigné sur les goûts, les humeurs, les habitudes et les manies du poète. Vous saurez qu'il a toujours singulièrement aimé les beaux yeux et qu'il admire les femmes de Giorgione, qu'il ne voit rien de préférable à une rasade de vin du Rhin et d'eau de Seltz, et qu'il lui faut un brin d'amour pour passer le temps4. Ouvrez Mardoche etNamouna : vous apprendrez que Musset adore les yeux noirs avec des cheveux blonds, qu'il a pour idéal
Une lèvre à la turque, et sous un col de cygne Un sein vierge et doré comme la jeune vigne,
une beauté, — lui aussi, —
Telle que par instants Giorgione en devina2,
qu'une femme et un souper lui sont divertissements agréables, et qu'il n'a jamais souhaité d'avoir
Rien autre chose avant de se coucher le soir3.
Continuez : vous voilà au courant de leurs opinions, — et de leurs paradoxes, — sur l'amour et sur le mariage, sur la religion et sur la littérature. Musset se moque en passant de M. Hugo qui va voir mourir Phébus le blond, ou de Sainte- Beuve qui cloue les morts sous la lame neuve, avec autant de malice mais moins d'âpreté que Byron n'en met à railler Coleridge, Southey ou Wordsworth et ses poésies de colporteur. L'un se refuse à décrire « les berceaux d'orangers, de jasmin, etc. 4 », que traversent ses personnages, à peu près pour les mêmes motifs que l'autre à bâtir d'un coup de pin-
1. Don Juan, I, 60 ; Beppo, 11-15 ; Don Juan, II, 180 ; I, 118.